La concentration des médias s’accélère en France sous l’influence de quelques milliardaires qui possèdent des journaux, radios, télés. Qui sont-ils ? Quel contrôle exercent-ils sur ce bien public qu’est l’information. Décryptage.
Le secteur de la presse en France continue d’être une sorte de Monopoly pour milliardaires en quête d’influence. Journaux, télés, radios… En une décennie, la concentration des médias n’a fait que s’intensifier, et une poignée de milliardaires se partagent le gâteau, ou se revendent titres et chaînes de télé.
Plus de 90 % des exemplaires de quotidiens nationaux vendus chaque jour dans leur version papier appartiennent directement ou partiellement à une poignée d’ultra-riches. Nous avons calculé ce chiffre à partir de la diffusion annuelle des huit quotidiens nationaux : Le Monde, Le Figaro, Aujourd’hui en France, L’Équipe, Les Échos, Libération, La Croix et L’Humanité. Ces deux derniers titres mis à part, les autres journaux ont pour propriétaires ou actionnaires un ou plusieurs milliardaires.
«Je n’ai rien à cacher. J’ai torturé parce qu’il fallait le faire». Ce sont les mots de Jean-Marie Le Pen en 1962, dans le journal Combat.
Oui, Jean-Marie Le Pen, fondateur du Front National et père de la double finaliste des dernières élections présidentielles est un tortionnaire. Il est coupable de crimes contre l’humanité au sens du droit international. De nombreux témoignages confirment que le parrain de l’extrême droite française a bien commis des actes de torture et de barbarie ignobles, jusqu’au meurtre, sur des personnes algériennes en 1957 lors de la Guerre d’Algérie.
Alors que l’état d’exception, c’est-à-dire « l’exception au principe de l’État de droit », semble s’imposer comme la réponse « technique » à tous les défis (terrorisme, pandémies, crises de la démocratie représentative,…), Eugénie Mérieau en propose une analyse historique, juridique et géopolitique.
Elle explique tout d’abord que l’état d’exception a pour effet juridique « objectif » de concentrer le pouvoir aux mains de l’exécutif, et comme effet juridique « subjectif » de suspendre les droits et les libertés individuels garantis. S’il a pour « ancêtres antiques et médiévaux » la dictature romaine et les différentes conceptions de l’État de nécessité, il appartient avant tout à la tradition libérale de l’État de droit et naît avec les Lumières. Son ancêtre direct est la loi martiale, d’invention britannique, qui consiste en un triple-transfert, en temps de paix, du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire des autorités civiles vers les autorités militaires. Tout comme la dictature romaine s’exerçait en état d’urgence à l’intérieur des frontières de la ville où aucune formation militaire ne pouvait pénétrer armée en temps ordinaire, et en permanence aux frontières de l’empire, la pensée libérale établit une distinction et une coexistence entre différents ordres juridiques, en fonction des territoires et des populations concernées.
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« L’état d’urgence n’est pas une aberration ou anomalie dans une histoire linéaire de progrès vers les droits de l’homme et la démocratie… Il est la condition même de cette histoire, de ce « conte de fée » libéral, qui doit rester caché dans la périphérie, comme on cache les canalisations d’évacuation des eaux usées… sans lesquelles pourtant rien ne fonctionne et tout suinte de façon pestilentielle. » Avec cet exposé extrêmement clair et synthétique, Eugénie Mérieau replace l’état d’urgence, « zone d’ombre de la pensée libérale », au centre de la théorie et de la pratique du droit libéral : « L’état d’urgence produit de l’exclusion pour mieux pouvoir clamer l’universalisme de l’État de droit. »
Le Parti Pirate français a été informé par un lanceur d’alerte de l’ajout d’un dispositif de « mouchard », ou « porte dérobée » (backdoor), dans les logiciels médicaux utilisés par les médecins français, sous la houlette de l’Agence du Numérique en Santé (ANS).
Ce dispositif imposé aux éditeurs de logiciels médicaux, décrit dans un document de travail titré « Référentiel d'Exigences Minimales LGC MDV Vague 2 », permettra à l’administration d’accéder aux données des dossiers médicaux des patients sans avoir à obtenir leur consentement, ni celui des professionnels de santé.
Il fait partie des exigences à respecter par les éditeurs de logiciels de gestion de cabinet pour obtenir le label « Ségur vague 2 », et les financements liés.
Il s’agit là d’une évolution notable par rapport à la situation antérieure, appelée « Ségur vague 1 », qui rendait explicite la transmission d’informations par les personnels de santé à l’administration et permettait ainsi son blocage.
Le Parti Pirate, défenseur des libertés individuelles et de la vie privée, considère cette mesure comme une nouvelle atteinte aux droits fondamentaux des citoyens, notamment en matière de protection de la vie privée et de confidentialité des informations médicales, ouvrant la porte à des abus de pouvoir…
Une atteinte à la confidentialité des soins médicaux
L’introduction dans les systèmes informatiques médicaux de ce dispositif, nommé "trigger" dans la documentation technique, met en péril la relation de confiance entre les patients, les professionnels de santé et l’administration.
La confidentialité des données médicales est un principe fondamental du système de santé, qui garantit aux patients que leurs informations personnelles seront traitées avec le plus grand respect. Le Parti Pirate estime qu’en introduisant une telle fonctionnalité dans les logiciels médicaux, le gouvernement compromet cette confiance et s’arroge le droit de procéder à une surveillance injustifiée et disproportionnée.
Les données de santé ne doivent pas être utilisées à des fins de surveillance généralisée. Leur accès doit être réservé aux professionnels médicaux concernés et avec le consentement explicite des patients.
Quand Mediapart a révélé l’affaire libyenne en 2011, personne n’y croyait. Quatorze ans et quelque 160 articles plus tard, certains doutent encore, tant les faits défient le sens commun.
« Si c’était une série, on dirait que le scénario est invraisemblable », plaide déjà Nicolas Sarkozy. Pourtant, après une enquête minutieuse, la justice a renvoyé l’ancien président, trois de ses anciens ministres et neuf autres prévenus devant le tribunal. Le procès, historique, suivi par des médias du monde entier, se tient du 6 janvier au 10 avril 2025.
Vous retrouverez ici les comptes-rendus, écrits et vidéos, vous permettant de suivre au jour le jour le procès avec les journalistes qui ont révélé et chroniqué l’affaire. Ainsi que les repères chronologiques, anecdotes, phrases-cultes, documents clés et biographies des principaux protagonistes de cette histoire : peut-être la plus folle et la plus grave qu’ait connu la Vᵉ République.
En Allemagne, nous sommes également confrontés à un problème unique et très allemand : une proportion significative d’Allemand·e·s blanc·he·s non juifs·ves autoproclamé·es « antifascistes » soutiennent avec enthousiasme le projet sioniste. Il est clair qu’il existe une confusion dans le mouvement « antifasciste » en Allemagne. Nous devons la remettre en question et mener une réflexion plus proactive sur la gauche radicale, dont nous faisons partie. C’est à nous tous qu’il incombe d’apporter des changements.
Un président de la République française est soupçonné d’avoir été acheté par un des pires dictateurs de la planète à la tête d’un État terroriste. Les deux journalistes de Mediapart qui ont révélé l’affaire en 2011 expliquent comment ils ont travaillé, ce qu’ils ont découvert, les obstacles et pressions qu’ils ont affrontés.
Tout a commencé avec un mail. Un message adressé, qui promettait, en cas de voyage à l’étranger, la remise d’une clé USB.
"Si nous le considérons assez basiquement comme un ensemble de règles communes régissant la vie en société et auxquelles chacun accepte de se plier pour ne pas nuire à son entourage, le droit, ici comme ailleurs, en France comme partout dans le monde, nous protège individuellement et collectivement et nous aide à vivre ensemble, à condition évidemment qu'il soit le même pour tous et qu'il soit équitablement appliqué."
Nouvel épisode de Quelle époque formidable, par Sébastien Fontenelle.
Pour Rokhaya Diallo, c’est parce que son histoire s’inscrit dans celle de la domination coloniale qu’Emmanuel Macron croit que les Mahorais.es devraient se satisfaire de leur situation et exprimer une gratitude éternelle envers la France.
« Vous êtes contents d’être en France ! Parce que si ce n’était pas la France, vous seriez dix mille fois plus dans la merde ! Il n’y a pas un endroit dans l’océan indien où on aide autant les gens ! » lance un homme blanc à des Mahorais.es excédé.ees par l’abandon de l’État après la dévastation de leur territoire par le cyclone Chido.
Dérapage d’un badaud éméché nostalgique de la colonisation ? Non, ces propos sont ceux prononcés en conscience par Emmanuel Macron. Le président de la République en déplacement après la catastrophe naturelle n’a pu s’empêcher d’afficher le mépris colonial propre au rapport de la France à ses anciennes colonies désormais départementalisées.
Alors qu’il était censé témoigner de son soutien et de sa solidarité auprès de ses concitoyens frappés par une tragédie aux conséquences dramatiques, celui qui, lors de sa première campagne, pensait que la Guyane était une île, ignore remarquablement la souffrance des Mahorais.
Dans la formulation de Macron, Mayotte apparaît comme une entité détachable d’une République qui aurait la mansuétude de l’« aider » comme si elle lui était extérieure. Puisque les Mahorais sont des citoyen.nes français.es, pourquoi leur appartenance à la nation leur est-elle présentée comme un privilège indu susceptible de disparaître ?
Le mouvement ouvrier, dans le bouillonnement des luttes sociales, parvient à inventer des tactiques nouvelles. Le sabotage démontre son efficacité et parvient à se répandre en France et aux États-Unis. Le sabotage doit alors appuyer la grève pour faire plier le patronat. Le syndicalisme révolutionnaire porte cette tactique qui repose sur l'action directe et l'initiative locale