« La mégabassine n’est que le symptôme de pratiques agroindustrielles qui vont causer notre perte », dit le militant Julien Le Guet dans ce grand entretien. Fer de lance de la lutte contre l’accaparement de l’eau, il subit une répression judiciaire.
Julien Le Guet est batelier dans le Marais poitevin et porte-parole du collectif Bassines non merci. Engagé de longue date dans la lutte pour l’eau et contre les mégabassines, il subit une répression judiciaire et a été condamné à six mois de prison aménagée sous forme d’assignation à résidence avec un bracelet électronique. Il a rarement eu l’occasion de s’exprimer en longueur. Exceptionnellement, il explique ici pourquoi les mégabassines sont nuisibles, comment le système agro-industriel détruit l’agriculture, comment le mouvement s’est relevé après la violence policière de Sainte-Soline et... l’avenir qu’il espère pour le Marais poitevin. « Des lendemains peuvent refleurir, des printemps peuvent chanter. »
Alors que l’information est considérée comme le “4e pouvoir” de nos démocraties, les médias et les journalistes inspirent de moins en moins confiance en France. Comment assurer que nos médias sont de bonne qualité ? La réponse se cache derrière deux notions clefs : leur gouvernance, et leur modèle économique.
Au Venezuela, lorsque nous nous rappelons la répression de la Commune de Paris — cette « semaine sanglante » de mai 1871 —, nous ne le faisons pas comme quelqu’un qui écoute un écho lointain ou qui récite une leçon d’histoire poussiéreuse, mais parce que sa signification continue de nous interpeller.
« Faire patienter, c’est dominer »
Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hâtives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’État appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’enseignement supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.
Son opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.
La normalisation des idées d’extrême droite passe aussi par des partis considérés comme plus modérés. C’est ce que montre une enquête sur les déclarations de politique générale des premiers ministres depuis 1959. L’un des résultats les plus marquants est le rôle des chefs de gouvernements « centristes » (notamment Édouard Philippe, Jean Castex et Gabriel Attal) dans la diffusion des idées d’extrême droite.
Eleni Varikas analyse ici les idées et les pratiques de l’égalité des sexes pendant la Révolution anglaise. Si celles-ci demeurèrent mineures au sein de cet événement majeur, elles n’en portent pas moins la trace de possibles qui dessinent, un autre horizon, utopique et égalitaire. Cet article a été publié une première fois dans un ouvrage dirigé Michèle Riot-Sarcey, « L’Utopie en questions », en 2001.
Face à la tribune du collectif Zapper Bolloré, la main sur le coeur, réalisateurs et producteurs ont fièrement brandi leur attachement à leur liberté. Ils ont déclaré qu’ils n’accepteraient aucune censure, ni pression idéologique. On verra si ce genre de déclaration de principes suffit. Mais en réalité… on ne le verra pas, puisque par nature, l’autocensure est ce qui permet la construction silencieuse et invisible du conformisme.
Ce billet est constitué de quatre brèves documentant la situation paradoxale dans laquelle nous sommes. Le système d’enseignement supérieur et de recherche est dans le ravin, planté par vingt ans de contre-réformes qui ont produit le décrochage économique, scientifique et technique du pays — plus personne ne le conteste. Les responsables de l’effondrement tentent de poursuivre leur route et même d’accélérer, mais partout, cela s’embourbe, sur les frais d’inscription, la loi Galileo-Baptiste, le Hcéres ou à Paris-Saclay — la pépite rayonnante. Nous qui n’appartenons pas à la sphère de la com’ et de la duplicité, mais qui avons fait le choix de dire le vrai sur le monde, n’avons d’autre choix que la lucidité pour trouver la détermination de sortir la société de cette ornière profonde.
Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l'État français voulait tuer. C'est ce que confirme l'enquête de Médiapart et Libération.
C’est une tentative d’homicide délibérée, lâche, incontestable, documentée. Un blindé de la gendarmerie, depuis le canon de tourelle, a envoyé en tir tendu et avec une force colossale une grenade sur une foule dense de manifestant·es. Serge a reçu la munition en pleine tête, faisant instantanément sauter son casque et fracturant son crâne. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre dans ce cortège écologiste. Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l’État français voulait tuer.
C’est ce que confirme l’enquête minutieuse de Médiapart et Libération, qui vient d’être mise en ligne ce mardi 26 mai. Les journalistes ont réalisé ce que la justice et la gendarmerie ont choisi de ne pas faire : un vrai travail d’investigation. Ils ont utilisé les images de 51 caméras de gendarmes déployées à Sainte-Soline, d’une centaine de caméras piétons, d’une tourelle de surveillance et de reporters présents dans la manifestation. Ils ont analysé 150 heures de vidéos et un fichier «crucial» que le parquet et les enquêteurs n’ont pas cherché à utiliser, alors même qu’ils en connaissaient l’existence. Et tous ces éléments permettent d’identifier sans aucun doute possible quand, où et par qui a été fait ce tir criminel : depuis l’habitacle protégé d’un blindé militaire.
Précisons une nouvelle fois que tous les fichiers utilisés par les journalistes ont été versés dans la procédure depuis 2023. Et pourtant, en décembre 2025, le parquet de Rennes a classé «sans suite» l’enquête portant sur quatre blessé·es graves de cette manifestation. Médiapart et Libération ont donc synchronisé les séquences et ont mené un travail exceptionnel : recoupement vidéo et audio, utilisation des coordonnées GPS de chaque gendarme qui filmait, modélisation 3D des lieux, identification méthodique de chaque tir dans la période entourant la blessure… Conclusion : seul un tir en provenance du véhicule blindé de gendarmerie peut avoir frappé Serge à la tête.
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Le 25 mars 2023, nous écrivions en quittant la manifestation : «Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d’un champ». Dans les vidéos révélées en 2025, on entend effectivement les gendarmes s’exclamer : «T’en crèves deux-trois, ça calme les autres», «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné !», «Un vrai kiff !», «Mets leur une GM2L dans la gueule», «fils de pute», «pue-la-pisse », «faut les tuer», ou encore, en criant de joie : «Il l’a mis en pleine tête». Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, continue d’assurer qu’à Sainte-Soline, «il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée». Une intention assumée d’assassiner et des tirs depuis un blindés militaire, voilà une riposte «proportionnée» pour nos dirigeants.
Vous souvenez-vous du kit de test génétique offert par votre proche à Noël ou pour votre anniversaire ? Curieux·se d’en savoir plus sur vos origines, vous avez soigneusement emballé votre échantillon de salive pour l’envoyer à l’étranger. Puis, vous avez reçu les résultats du test, parfois évidents, parfois surprenants, mais surtout peu fiables. Avec le projet de loi « SURE » adopté le 15 avril au Sénat, vos données génétiques, et les millions d’autres récupérées et stockées par les entreprises privées réalisant les tests ADN, majoritairement situées aux États-Unis, pourront être exploitées par la police française à votre insu.
Adopté par l’Assemblée nationale, le projet de loi de programmation militaire et la création d’un état d’alerte de sécurité nationale suscitent de nombreuses inquiétudes sur les réseaux sociaux : interdiction de manifester, surveillance de masse, gel des comptes bancaires… Que prévoit vraiment le texte ?
Canal+ s’attaque désormais aux voix critiques du cinéma. La menace est claire : plus de boulot pour ceux qui s’opposent à l’empire Bolloré. Ce qui se joue dépasse l’avenir du cinéma. Il en va de la capacité de la société à résister à l’emprise d’un pouvoir privé devenu projet politique.
La Guerre d’Algérie s’est concrètement déroulée pendant sept ans et demi, entre 1954 et 1962. C’est, avec celle d’Indochine, la plus violente des guerres de décolonisation française du siècle. Et c’est sans le moindre doute celle dont les répercussions sont les plus fortes à notre époque. En Algérie, on parle de « Révolution algérienne », de « Guerre de libération nationale » ou de « Guerre d’indépendance algérienne ». En France, le terme de « Guerre d’Algérie » n’a été officiellement adopté par le Parlement qu’en 1999, sous la présidence de Jacques Chirac. Pendant longtemps, le terme employé en France était : « les événements d’Algérie ». Étrange euphémisme. Sept ans d’événements, ça donne matière à réflexion.
Nouvel épisode de L'Empire n'a jamais pris fin, par Pacôme Thiellement.
Y a-t-il eu un changement de doctrine il y a 3 ans, qui vise à la privatisation totale de l'enseignement supérieur ?
Blog de Julien Gossa 👇https://blog.educpros.fr/julien-gossa
À Reims et partout en France, la police est devenue religion d’État, critiquer la répression est le nouveau blasphème.
En France, la police tire à balle réelle lors de contrôles routiers, mutile avec des armes de guerre, envoie des grenades sur des écologistes en hurlant «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné», multiplie les actes racistes. Tout cela est filmé, documenté, prouvé. Et dans l’écrasante majorité des cas, ces violences ne sont même pas poursuivies. Les rares fois où elles le sont, la justice ne les condamne pas, ou très légèrement. À l’inverse, si vous avez le tort de dénoncer la police, l’État mettra tous les moyens pour vous retrouver et vous réprimer.