Comment les néolibéraux organisent le transfert de fonds de l'éducation publique vers le privé : la cas de Stanislas.
Stanislas est un établissement scolaire d’extrême droite, de la maternelle au bac, réservé à la grande bourgeoisie parisienne. C’est le lycée catholique intégriste dans laquelle l’éphémère ministre de l’éducation, Amélie Oudéa-Castera, a mis ses rejetons, comme de nombreux autres politiciens.
Les “transfuges de classe” sont des personnes qui ont changé de classe sociale au cours de leur vie, le plus souvent entre leur enfance et leur âge adulte. Cela produit en eux des sentiments parfois brutaux, puisque ce déplacement social fait connaître la honte, la culpabilité et met à jour certains mécanismes de reproduction sociale, telle que la violence du système éducatif et le snobisme culturel et social des milieux privilégiés. Le récit de cette traversée entre deux mondes sociaux est devenu un thème littéraire à succès, en particulier depuis les années 2010. Des écrivain.e.s comme Annie Ernaux (prix Nobel de littérature en 2022), Edouard Louis et, dans une certaine mesure, Nicolas Mathieu (prix Goncourt 2018), mais aussi des journalistes, des chercheurs et des politiques ont publié des livres qui racontent cette transition de classe. Le thème du transfuge est parfois mobilisé dans des interviews de célébrités, qui n’hésitent pas à mettre en scène, en exagérant souvent leur ampleur, un parcours social mouvementé. Les chercheuses Laélia Véron et Karine Abiven publient ce mois-ci un essai sur le sujet, qui s’intitule Trahir et venger : paradoxes des récits de transfuges de classe. C’est un livre à la fois très documenté et très clair, qui permet d’éclairer cette question : finalement, à quoi servent ces récits de “transfuge de classe” ? Ont-ils le potentiel politique “émancipateur” que ses partisans, notamment à gauche, lui prêtent ?
Plus de 20 000 personnes font actuellement l'objet, en France, d'une surveillance de la part des services de renseignement. Ces techniques ne visent pas que les personnes suspectées de terrorisme ou la grande criminalité, comme le montrent les rapports de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR). La société civile est aussi concernée.
Une répression d’une ampleur démesurée, des centaines de blessés et traumatisés... Le documentaire « Sainte-Soline, autopsie d’un carnage », coproduit par Off Investigation et Reporterre, est désormais en accès libre.
Le 25 mars 2023, une grande manifestation avait lieu à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), pour protester contre une mégabassine en projet. Contestées depuis des années, ces immenses retenues d’eau sont destinées à irriguer de grandes exploitations céréalières. Mais le gouvernement n’entendait pas céder d’un pouce. Pis, il avait préparé une répression d’une ampleur démesurée. Le bilan : plus de 200 blessés, dont plusieurs dans un état tel qu’ils sont restés entre la vie et la mort pendant plusieurs semaines. Cette journée de carnage a aussi accablé le mouvement écologiste, traumatisé par la violence étatique.
L’histoire de cette folle journée, il fallait la raconter en images, en vidéo, il fallait en retracer le déroulement, établir les faits. Contrer, aussi, le récit officiel, par lequel le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a prétendu que les forces policières n’avaient fait que leur devoir face à « l’ultragauche ».
Déficit public : le Sénat dénonce la « gestion budgétaire calamiteuse » du gouvernement.
Après avoir appris que le déficit de la France s’établissait à 5,6 % du PIB pour 2023, la commission des finances a décidé d’utiliser son pouvoir de contrôle pour vérifier directement ces chiffres auprès du ministère de l’Économie. Le rapporteur Jean-François Husson dénonce la « rétention d’information » du gouvernement, face au dérapage du déficit public que prévoient les services de Bercy pour les années à venir.
Stupeflip c’est ce projet musical hybride, inclassable, parfois hip-hop, parfois punk, parfois variet’, incarné par le mystérieux King Ju (Julien Barthélémy) toujours greffé de sa cagoule sale. Refusant les maisons de disque et les concerts, les disques trop récurrents, rare et pas très aimable en interview, vivant au RSA dans le XIIIe arrondissement de Paris, il représente assez bien l’attitude anarchiste du “refus de parvenir”.
Le culte nazi gagne désormais la police. Cas d’école révélés par Au Poste: le chauffeur d’un ponte de la police judiciaire parisienne qui exhibe une casquette SS dans son bureau et un policier municipal arborant un tatouage «Soleil Noir». MAJ: suite à nos révélations, la justice ouvre une enquête à Orléans
Les aides publiques aux entreprises explosent, la distribution de dividendes aux actionnaires aussi. « On paie trop d’impôts », « où va l’argent public ? » s’étonnent les esprits simples. Les plus stupides dénoncent même « l'assistanat » ou les « fonctionnaires » comme responsables des dépenses.
Rien n’est plus faux. Les taxes et les impôts restent très élevés, alors que les services publics sont en lambeaux, que des patients meurent dans les couloirs des urgences, qu’il n’y a plus de profs devant les élèves dans des centaines de classes, que les gares et bureaux de poste ont fermé dans toutes les petites communes, qu’on retire le peu d’argent qu’il reste aux chômeurs et qu’on rogne massivement sur les retraites… Alors bonne question, où va l’argent public ?
Clément Viktorovitch revient chaque semaine sur les débats et les enjeux politiques. Dimanche 18 février : le mouvement social à la SNCF, à propos de laquelle le Premier ministre a évoqué "le devoir de travailler".
Opposer un prétendu "devoir de travailler" au droit de grève, c’est tenter de délégitimer l’un des rares outils que possèdent les employés pour faire valoir leurs intérêts sur le marché du travail.
Ce lundi 19 février, un groupe d'experts de l'ONU a publié un communiqué signalant des cas de violences sexistes et sexuelles de la part de l'armée israélienne à l'encontre de prisonnières palestiniennes, allant de viols à des humiliations publiques, en passant par le ciblage délibéré de femmes et enfants. Un nouvel exemple des atrocités commises par l'armée coloniale d'Israël dans son offensive génocidaire.
Avec l'annulation de 10 milliards d'euros prévus dans le budget de l'Etat 2024, c'est près de 700 millions d'euros qui disparaissent du budget de l'Education nationale. Le message est clair : le tri social ne suffit pas, il faudra, en même temps, faire des économies, avec de nouvelles suppressions de postes en perspective.
À l’occasion de l’ouverture d’un site dédié aux archives du Monde libertaire, nous allons mettre en ligne Du « Libertaire » au « Monde libertaire » : Histoire du journal de l’organisation des anarchistes de Maurice Joyeux. Cette brochure a été publiée en 1884 par le Groupe Fresnes-Antony de la Fédération Anarchiste.
Ce documentaire retrace les années noires de la police française, de la collaboration à la traque des communistes en passant par les rafles de juifs, la Résistance, la Libération et l'épuration. Grâce à des archives rares et au moyen de l'animation et de la création graphique, ce film redonne vie aux principaux responsables politiques et administratifs de la police de Vichy comme Pierre Laval, René Bousquet et Pierre Pucheu. Leurs paroles ont été consignées dans des mémoires, dans des procès-verbaux d'audition ou à travers des correspondances et livrent de l'intérieur, une histoire inédite de la police de Vichy.
Gros intérêts financiers, soutien sans faille de l’État... Le documentaire « Mégabassines, histoire secrète d’un mensonge d’État » coproduit par Off Investigation et Reporterre est désormais en accès libre.
Depuis plus de trente ans, la zone humide du Marais poitevin — un milieu écologique extraordinaire — est attaquée et asséchée par l’agriculture industrielle. Et non contente d’avoir réduit à presque néant cet écosystème, voilà que, depuis une dizaine d’années, les grands exploitants développent des « mégabassines », accaparant l’eau des nappes phréatiques pour continuer leurs cultures. Pis, ils présentent ce système comme généralisable, et l’on commence à voir fleurir les mégabassines à travers la France, avec le soutien du gouvernement.
L'ancien résistant Arsène Tchakarian est mort. Il était le dernier survivant du "groupe Manouchian", un groupe de résistants devenu célèbre pendant la Seconde Guerre mondiale. Aragon leur avait rendu hommage dans un poème intitulé "Strophes pour se souvenir".
"Des libérateurs ? La libération par l'armée du crime !" À la veille de l'exécution de 22 résistants communistes, plus de 15 000 affiches rouges sont placardées en France. Le 21 février 1944, 22 membres du "groupe Manouchian" sont condamnés à mort puis fusillés au fort du Mont-Valérien, à l'exception de la seule femme de ce mouvement de résistance, Olga Bancic. Elle est guillotinée quelques mois plus tard, conformément au manuel du droit criminel de la Wehrmacht qui interdit alors de fusiller les femmes. Arsène Tchakarian, mort le 4 août 2018 à l'âge de 101 ans, était le dernier membre encore en vie de ce mouvement de résistance.
"Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient leur cœur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s’abattant"
Nous sommes le 21 février 1944, il y a exactement 80 ans. Les 23 résistants du groupe Manouchian sont exécutés dans la clairière du mont Valérien, près de Paris. Les plus jeunes ont 18 ans. Ils sont espagnols, italiens, arméniens, juifs hongrois ou polonais pour beaucoup. L’occupant en fait un symbole. La France est occupée par l’armée nazie, les autorités françaises collaborent, et celles et ceux qui résistent ne sont qu’une infime minorité. Parmi eux, des immigrés communistes.
Mémoire des luttes - Hasard du calendrier : ce 21 février, alors que le résistant antifasciste arménien Missak Manouchian, tué par les nazis, et sa compagne Mélinée sont envoyés au Panthéon par un gouvernement néo-pétainiste en présence de l’extrême droite, cela fait exactement 19 ans que le Front National a commis un assassinat raciste. Avant de subir des représailles.