Comment distinguer le vrai du faux à l’ère des réseaux sociaux ? La réponse à cette question devient de plus en plus délicate. Leurs algorithmes prennent une importance croissante dans notre vie, au point de bouleverser notre rapport à la réalité. Le chercheur Michaël Lainé a essayé de comprendre comment et pourquoi la vérité était en train de disparaître à l’ombre de ces algorithmes. Il s’est penché sur leur histoire et leur fonctionnement, a essayé de décrire comment la post-vérité s’est imposée, comment les médias ont participé à cette relativisation extrême, pour comprendre ce qui fait que l’on va souvent préférer la croyance au savoir, ou encore, comment tenter de retrouver une indépendance intellectuelle. Alors comment des croyances sont-elles devenues des équivalents de vérités scientifiques dans la tête d’une partie de la population, pourquoi l’ignorance et la haine ont-elles atteint de tels degrés d’étalement dans nos esprits ?
Chaque année, 211 milliards d’euros d’argent public sont versés aux entreprises… souvent sans aucune contrepartie. Pendant qu’on traque les "assistés", qui profite vraiment du système ? Un rapport explosif du Sénat répond.
211 milliards d’euros par an, un des plus gros budget de l’État, impossible de revenir dessus… mais quel service public est-il si gigantesque ? Ces 211 milliards d’euros par an représentent les aides aux entreprises ! C’est le résultat de la commission d’enquête sur les aides publiques aux entreprises au Sénat. Les sénateurs se sont d’abord confrontés à une grosse opacité autour des aides aux entreprises : “la lobbyiste Agnès Verdier-Molinié a avancé au doigt mouillé l’estimation de 28 milliards d’euros, le ministre de l’Économie, Éric Lombard, lançait lui 150 milliards”, raconte l’Humanité.
Au final, elles englobent les aides budgétaires, fiscales, et les exonérations de cotisations patronales. Le groupe CRCE-K au Sénat revendique que les aides soient transparentes et surtout que “l’argent public ne soit pas reversé aux actionnaires”, c’est à dire que les aides servent à l’investissement et aux emplois plutôt qu’à faire fructifier une entreprise déjà rentable, qui ensuite va délocaliser ; on connaît bien le schéma ici. Le groupe CRCE-K propose que les aides soient évaluées pour savoir comment elles sont utilisées. Le problème ce ne sont pas les aides mais à qui et à quoi elles servent, analysent Thomas Porcher et Lisa Lap.
En effet, quand d’un côté l’État tente d’aller chercher quelques milliards sur les chômeurs, retraités, malades ou pauvres ; de l’autre, les grandes entreprises reçoivent de l’argent public sans contrepartie, et se permettent même d’augmenter leurs dividendes ou faire des plans de licenciement. “Ces entreprises n’ont pas besoin de l’argent public”, affirme l’économiste.
Après 1 an et demi où Javier Milei est au pouvoir en Argentine, le leader d’extrême droite ultra libéral a-t-il sauvé le pays comme il le prétendait ? Non, et ce sont les argentins qui en pâtissent. Le Président argentin, admiré par la droite et l’extrême droite française, a un bilan catastrophique.
Depuis sa captation par le groupe Bolloré, la vieille et prestigieuse maison d’édition Fayard a adopté la ligne et les méthodes de son nouveau propriétaire. L’arrivée controversée de l’éditrice d’Eric Zemmour, Lise Boëll, à sa tête, son management contesté, ses positions réactionnaires et les manœuvres d’influence en coulisses ont profondément bouleversé les équipes en place. Dernier choc en date, le recrutement d’un assistant éditorial condamné pour pédocriminalité. Plongée dans les méandres d’une reprise en main autoritaire et violente où luttes de pouvoir internes, les rumeurs plus ou moins fondées et le mercantilisme ambiant finissent de transformer une vieille institution littéraire en un projet idéologique de droite extrême. Enquête, témoignages et révélations.
Dans ce nouvel épisode de "Minuit dans le siècle", je reçois Omar Alsoumi, militant franco-palestinien et l'un des principaux animateurs de l'organisation Urgence Palestine. Centrale dans l'organisation des mobilisations en solidarité avec Gaza et la Palestine au cours des deux dernières années, Urgence Palestine est menacée de dissolution par le gouvernement actuel. Avec lui, nous abordons son parcours et la trajectoire des mouvements de solidarité avec la Palestine au cours des vingt-cinq dernières années en France, revenant sur l'importance de faire place aux récits palestiniens, de Palestiniens qui résistent et combattent, loin de l'image paternaliste de "victimes parfaites" (Mohammed El-Kurd). Nous revenons sur ce que représente le combat pour la libération de la Palestine pour des millions de personnes à l'échelle globale, en particulier dans un pays comme la France marquée à la fois par la vigueur du racisme colonial (islamophobie) et par une forte immigration postcoloniale, la portée à la fois singulière et universelle de ce combat, sa dimension matérielle, géostratégique, mais aussi spirituelle. Nous discutons enfin du lien indissociable entre fascisme et colonialisme, mais aussi des menaces auxquelles fait face Urgence Palestine dans un contexte de fascisation de l'ordre capitaliste-néolibéral, particulièrement marqué en France.
La police tue :
Entre 1977 et 2022, 861 morts suite à l’action des forces de l’ordre, dont 27 lors d'opérations anti-terroristes, et 80 du fait d'un agent en dehors de son service
Les forces de police et de gendarmerie ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions. À ce titre, elles disposent du pouvoir de recourir à la force et d’utiliser leurs armes à feu, dans des circonstances précises. Ce pouvoir, conféré par l’État, occasionne des morts. Qui sont-ils, pourquoi et comment sont-ils tués ? Dans quelles conditions l’action des forces de l’ordre se révèle-t-elle fatale ?
Le 29 mai 2005, 54,68 % des français votent non au traité constitutionnel européen (TCE), adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement, le 19 juin 2004, à Bruxelles. Le gouvernement Raffarin dut démissionner le 31 mai.
Le prolétariat ne choisit pas toujours (et même rarement) les formes du combat qu’il doit mener ou qui lui est imposé. Le terrain référendaire est même le moins favorable qui soit. Faut-il pour autant se retirer dans l’abstention et le refus du combat, comme c’est la tradition de Lutte ouvrière et de quelques autres petites sectes dogmatico-populistes de bien moindre importance ? Faut-il expliquer suavement : « Ah non, ce n’est pas la bonne lutte, ce n’est pas le bon moment », et renvoyer le « bon combat » à un moment qui n’arrive jamais ? Refuser le combat, c’est accepter par avance la défaite
« Toutes les formes de pouvoir disponibles doivent être rassemblées, renforcées et dirigées contre l’ancien régime. » Pour Curtis Yarvin, en six mois à la Maison-Blanche, Trump a ralenti. Il faut accélérer. L’idéologue réactionnaire envoie un message à toutes les unités postées à Washington : il est temps de convertir la révolte en révolution pour parachever la transformation monarchique des États-Unis — quitte à franchir le Rubicon.
Le Premier ministre a annoncé ses orientations budgétaires pour 2026. Pour l'association Attac, ses propositions vont « affaiblir davantage les services publics et la protection sociale, quitte à augmenter encore la pauvreté et les inégalités ». L'organisation avance des propositions alternatives. Car « un autre budget est vital ! »
Georges Abdallah, symbole de la résistance libanaise, sera libéré après avoir passé 41 ans derrière les barreaux dans des prisons françaises, à la suite de décennies d’obstruction politique américaine.
La justice française a officiellement approuvé la libération de Georges Ibrahim Abdallah, militant et révolutionnaire libanais emprisonné depuis plus de quarante ans en France, selon les déclarations faites jeudi par son équipe juridique.
Abdallah, figure emblématique des milieux de la résistance de gauche et fervent défenseur de la cause palestinienne, devrait être libéré le 25 juillet, a déclaré son avocat à Al Mayadeen.
Cette décision marque la fin d’une bataille juridique et politique qui durait depuis plusieurs décennies autour de son maintien en détention.
Walter Benjamin, philosophe allemand du début du 20e siècle, a développé une thèse provocante et profonde sur la nature du capitalisme dans son fragment « Le capitalisme comme religion », écrit en 1921 mais publié seulement en 1985. Benjamin y affirme que le capitalisme n’est pas simplement un système économique, mais une véritable religion, peut-être la plus radicale qui ait jamais existé.
Depuis avril 2025, Mike Huckabee, un protestant et pasteur baptiste évangélique blanc américain, est ambassadeur des États-Unis en Israël.
Fanatique religieux d’extrême-droite et ancien candidat républicain à la présidence, Huckabee a été gouverneur de l’Arkansas.
Il croit, dans le cadre de son zèle protestant, qu’« il n’existe pas de Palestinien » et que l’identité palestinienne n’est qu’« un outil politique pour tenter d’arracher des terres à Israël ».
L'idéologie dominante de l'extrême droite est devenue un survivalisme monstrueux, destructeur et suprématiste, expliquent Naomi Klein et Astra Taylor dans un article récent devenu incontournable, dont Terrestres publie la traduction en français. Elles appellent à construire un mouvement suffisamment fort pour l'arrêter.
« Putain ça pue » : l'antitsiganisme comme fondement caché de la rationalité patriarcale-capitaliste.
Les Roms : un « groupe à part » À notre connaissance, le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH) n’a pas fait l’objet d’âpres discussions dans les médias ou dans les dits cercles militants de gauche et leurs espaces de réflexion – lorsqu’il l’a été, la question des Roms et de l’antitsiganisme dont ils sont victimes n’a été abordée que de manière incidente, sans haine ni passion. Toutefois, ce rapport – et le silence qui entoure le cas des Roms – confirme une fois de plus, une fois encore, une fois pour toute, ce que nous pourrions nommer la banalité de l’antitsiganisme, ce « racisme sans nom » qui ouvertement et quotidiennement se déverse en France et plus largement en Europe
Le 5 février 2023, à Villeron (95), une expédition de 200 personnes, menée par le maire de la ville, s’est dirigée vers le bois communal pour en chasser les familles Rroms y résidant dans des conditions très précaires. Deux ans après les faits, ce lundi 23 juin 2025, se tenait au tribunal correctionnel de Pontoise le procès des assaillants de ce lieu de vie informel.
Mardi 15 juillet, le premier ministre issu d’un gouvernement minoritaire a annoncé le plan d’économie le plus violent que nous ayons récemment connu. Le programme est simple : prendre aux pauvres, aux fonctionnaires, aux malades, aux salariés, aux retraités pour pouvoir continuer de donner aux riches. Que contient son plan et pourquoi cela représente-t-il un tournant que nous ne devons pas tolérer ?
Thomas Houdusse, membre du Comité national de la LDH, présente le sujet de la traite des êtres humains (TEH). Il revient sur l’exemple du procès, dans lequel la LDH s’est constituée partie civile, des travailleurs étrangers exploités dans les vignes champenoises et plus généralement sur la traite des êtres humains à des fins d’exploitation économique, notamment dans le secteur agricole, en France.