Dans notre édition de la semaine dernière, nous publiions une longue analyse de Sylvain George qui revenait sur la requalification par la justice des faits imputés au policier responsable de la mort du jeune Nahel Merzouk (Voir : Nahel Merzouk, acte II : La « deuxième mort » ou la souveraineté judiciaire). Comme souvent, l’article a aussi été publié sur le réseau social Facebook où il a été vu (ce qui est différent de lu) plus de 240 000 fois au moment où nous écrivons ces lignes. Ce “post” a suscité plus de 1400 commentaires : insultes, menaces, appels au meurtre, joie (mauvaise) devant la mort d’un enfant. Beaucoup d’entre eux étaient adressés à l’auteur personnellement, mais l’essentiel de ce qu’il faut bien nommer des messages de haine, visaient un adolescent de dix-sept ans, mort depuis un an, ainsi que sa mère (pour les curieux, c’est ici). Si nous savons ce que les commentaires sur les réseaux sociaux font chroniquement à l’intelligence humaine, Sylvain George tente ici de comprendre ce que cette vague particulière dit de notre époque.