Après les révélations des caméras-piétons des gendarmes à Sainte-Soline, celles-ci portent sur leurs auditions devant l’IGGN. Les titres de Mediapart et Libération résument de manière limpide la situation : la hiérarchie affirme n’avoir rien vu, rien entendu, les hauts-gradés n’ont pas vu le problème. Aucun d’eux n’aurait constaté ou entendu parler de « tirs non conformes », et sur la cinquantaine de gendarmes auditionnés par l’IGGN, aucun n’a signalé le moindre propos problématique entendu dans les rangs. Ils ne seront bien entendu jamais confrontés aux images de leurs propres caméras-piétons.
Servilité et pluralisme en berne dans la PQR.
Hormis quelques récalcitrants comme La Voix du Nord et Le Télégramme, une grande majorité de la presse quotidienne régionale (PQR) s’est pliée, dans les règles de l’art, aux exigences d’une énième opération de communication orchestrée par Emmanuel Macron à quelques jours du scrutin des européennes : publier le même jour un entretien relu et validé par la présidence. Si seuls neuf journalistes ont été reçus à l’Élysée pour cet échange le 20 mai, les joies de la concentration ont fait le reste… Tant et si bien que le lendemain, le paysage des « unes » était d’une harmonie à couper le souffle : des photos de Macron en pleine page aux encadrés annonçant l’interview, en passant par des titres louangeurs (généralement une citation du Président), la presse a fait la démonstration de son indépendance aux yeux de ses lecteurs. Quant au pluralisme, il est une nouvelle fois piétiné dans ses plus grandes largeurs. Que reste-t-il ? La différence entre information et communication ? Sans commentaire…
Le collectif Rogue ESR dévoile une enquête nationale sur l'antisémitisme dans les universités françaises. Conçu par le ministère de l’Enseignement supérieur ce sondage constitue une violation frontale de toutes les libertés individuelles. Rogue ESR fait aussi un retour sur l’annulation du colloque du Collège de France sur l'Europe et la Palestine pour en tirer les leçons.
Ces derniers temps, l'armée a changé de méthode : la "grande muette" ouvre beaucoup la gueule, et ça sent mauvais.
Lors du Congrès des Maires de France, qui a lieu tous les ans à la fin du mois de novembre et réunit 12.000 élus à Paris, le Chef d’État Major de l’Armée française est venu prononcer un discours sidérant. Celui qui dirige l’armée française, l’une des plus puissantes du monde, qui mène des opérations militaires permanentes loin de nos frontières, ne paie pas de mine. Il s’appelle Fabien Mandon, il est chétif sous sa casquette d’officier, et parle avec un sourire en coin pour annoncer des choses absolument terrifiantes.
Ni Moscou ni Pékin ne sont en guerre contre notre démocratie, mais les institutions censées la défendre, dotant l’impératrice Ursula d’une armée d’espions hors du contrôle des parlements nationaux.
Dans ce nouvel épisode des Indiscrets, Nils décrypte les coulisses du quinquennat Macron avec un invité de poids : Jean-Bernard Gaillot-Renucci, ancien conseiller politique macroniste devenu repenti. Ensemble, ils passent en revue les points chauds de l’actualité politique et du bilan présidentiel. À 18 mois de la fin du mandat, Emmanuel Macron reste impopulaire avec une cote de confiance à 11 %, mais son héritage suscite débat : baisse du chômage, reconquête industrielle et attractivité économique sont contrebalancées par la réforme des retraites imposée au 49.3, désormais fragilisée.
L’émission met également en lumière le rôle politique croissant de Brigitte Macron, présente à toutes les commémorations du 13 novembre, et les tensions internes au sein de Renaissance. Jean-Bernard Gaillot-Renucci revient sur le retour médiatique de Bruno Le Maire, qui critique ouvertement la gestion des finances publiques et révèle avoir alerté Macron sur la nécessité d’une loi de finances rectificative. Ces révélations soulignent les jeux de pouvoir et les rivalités au sein du macronisme, où même Manuel Valls sort du bois pour dénoncer sa propre éjection.
Le programme aborde enfin le scandale récurrent de l’alcool et des comportements à risque dans les institutions : Philippe Mouiller interpellé ivre, Emmanuel Pellerin reconnu coupable d’usage de cocaïne, ou encore le procès à venir d’un ancien sénateur pour tentative de viol. Jean-Bernard Gaillot-Renucci souligne que ces affaires mettent en lumière l’inaction des chambres sur les addictions et la discipline parlementaire.
Entre bilan présidentiel, luttes internes et dérives des élus, cet épisode offre un regard sans filtre sur la politique française.
Nous nous réjouissons de chaque signe, si ténu soit-il, de vitalité de l’Université contre le rouleau compresseur de l’austérité, de la bureaucratie managériale et de l’insignifiance, en marche depuis plus de deux décennies, déjà. Ainsi, après Saclay l’an dernier, les collègues de Sorbonne Université tentent de reprendre pied face à une bureaucratie aussi autoritaire qu’incompétente, médiocre et dépourvue d’éthique. Les enjeux sont identiques : empêcher l’adoption de statuts conférant les pleins pouvoirs à la bureaucratie par un féodalisme qui dévitalise l’établissement. Hauts les cœurs !
« Elle ne le sait pas encore. Ou peut-être ne veut-elle pas l’admettre. Pas à pas, la France est sortie de la démocratie. À pas mesurés, tout d’abord, de mesures anti-migratoires en lois anti-terroristes et en mesures de contrôle numérique, sous prétexte de pandémie ou de grands événements sportifs. Depuis trois ou sept ans, selon la borne-étape que l’on choisit, elle en est sortie à grands pas, et maintenant en courant. »
Le sociologue franco-palestinien Sari Hanafi a été sollicité par Le Monde pour écrire une tribune sur « l’après-Gaza ». Après deux semaines de silence, il a finalement essuyé un refus. En cause : « Les termes utilisés ne conviennent pas à notre publication. Parler par exemple de "résistance armée" en référence aux actions du Hamas ne correspond pas à notre manière d’aborder les choses. Cela laisse penser que nos perspectives respectives sont trop éloignées pour être réconciliées. »
À l’heure où un colloque consacré à la Palestine est censuré au Collège de France suite à des pressions gouvernementales, Orient XXI publie ici la réponse de Sari Hanafi au Monde ainsi que la tribune refusée.
Jumelée avec Gaza depuis 2001, la ville norvégienne Tromsø manifeste chaque semaine depuis deux ans pour dénoncer le génocide. Parmi eux, des autochtones sámis qui « s’identifient à la cause palestinienne ».
Chaque samedi depuis deux ans, des keffiehs et des drapeaux palestiniens flottent dans le vent arctique de Tromsø, plus grande ville du grand nord norvégien. Des touristes, venus profiter des aurores boréales et des baleines, regardent le défilé passer avec curiosité entre les maisons en brique collées au flanc d’un fjord montagneux. C’est que la ville, jumelée avec Gaza depuis 2001, est un bastion du mouvement propalestinien dans ce pays nordique. Parmi le cortège, de nombreux activistes autochtones sámis, qui se mobilisent massivement sur tous les fronts — des luttes écologistes au soutien à la Palestine.
L’interdiction du colloque « Palestine et Europe » qui devait se tenir au Collège de France les 13 et 14 novembre suscite de nombreuses réactions. Entre stupéfaction et dénégation, le temple du savoir vacille. Comment une telle décision, portant une si grave atteinte à la liberté académique et d’enseignement a-t-elle été prise ? Le Collège de France et son administrateur ont fait l’objet de pressions orchestrées notamment par un collectif d’avocats, en coordination avec un réseau de chercheurs, le RRA (Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme), qui a largement échangé par courriels pour parvenir à ses fins. Nous avons pu consulter ces échanges, dont la lecture révèle une entreprise coordonnée de délégitimation, de délation et d’influence.
La brutalité des vidéos de violences policières à Sainte-Soline nous a sidérés, mais pas surpris. Abolir cette police viriliste, qui meurtrit militants, habitants des quartiers populaires, Gilets jaunes... est une nécessité écologique, défend notre éditorial.
Est-ce que vous avez l’impression de vivre en démocratie ? Peut-être pas… Et à la fois, si nous ne sommes plus en démocratie, est-ce que cela veut dire pour autant que nous avons basculé dans l’autoritarisme, la dictature ?
C’est pour sortir de cette éternelle opposition binaire entre démocratie et dictature que le politologue Clément Viktorovitch a écrit Logocratie. La logocratie symbolise pour lui cet entre deux entre la sortie de la démocratie et l’entrée dans l’autoritarisme. Elle désigne une “manière de gouverner où le mensonge tient lieu de communication officielle (...) où le pouvoir n’est plus exercé par le peuple mais ceux qui se sont emparés de la parole”. La Logocratie serait donc l’exercice du pouvoir par le mensonge, un régime dans lequel les mots ont perdu leur sens et les arrangements avec la réalité sont sans conséquence (ou presque). L’auteur le souligne avec Emmanuel Macron “en huit ans, le mensonge s’est installé au cœur du pouvoir français”. Dans son livre, Clément Viktorovitch, démontre comment en France, cette généralisation du mensonge a permis des atteintes répétées à deux piliers de la démocratie : l’Etat de droit et la souveraineté populaire. Au point que nous sommes déjà sortis de la démocratie.
Qu’est-ce que la logocratie exactement ? Comment la présidence Macron a précipité la France dans l’ère de la post-vérité ? Et comment réanimer la démocratie ? Réponses dans cet entretien de Paloma Moritz avec Clément Viktorovitch
"Les Français, on est sous le choc du vol des bijoux parce qu'on est nostalgiques de quand on avait des familles royales qui pétaient la classe. Et alors là, comme d'hab, est-ce que ça nous fascine ou est-ce que ça fascine surtout les commentateurs, ces histoires de bijoux et de têtes couronnées ?". "La France éternelle", vue par Usul et Lumi, c'est dans le nouvel épisode de Rhinocéros.