Les propos de Brigitte Macron contre des militantes féministes ne sont pas une simple polémique. Ils violent les droits et libertés fondamentaux et trahissent les engagements solennels de l'État français.
À mille lieues de la simple « inélégance », comme le minimisent ses soutiens. Lorsque Brigitte Macron, Première dame de France, qualifie des militantes féministes de « sales connes » et menace de les « foutre dehors » pour défendre un homme accusé de viol (bien que bénéficiant d'un non-lieu), elle ne commet pas seulement une faute personnelle : elle engage l'autorité symbolique de l'État et contredit frontalement les engagements présidentiels.
Contre un État qui ne résoudra jamais la crise climatique, et sa violence que la force ne saurait aujourd’hui renverser, que reste-il aux écologistes ? L’anarchisme, historique et présent, plein d’idées pour un autre futur.
Le mythe selon lequel l’État serait au service de l’intérêt général se craquelle de toutes parts. À force de voir l’État s’entêter à défendre des projets aussi désastreux économiquement et écologiquement que l’autoroute A69, à force de voir sa police déchaîner sa violence contre les opposants aux projets privés écocidaires de mégabassines, de plus en plus de militants écologistes se désillusionnent.
Aux citoyens qui apprennent brutalement à « faire le deuil de l’État », répond une série d’essais et d’ouvrages qui, ces derniers mois, ont contribué à dépoussiérer cette hypothèse : et s’il était possible de faire advenir une société de justice sociale et écologique sans passer par la conquête de l’État ? Et même contre lui ?
«Essayez la dictature», déclarait Macron en 2020. Au pays de Charlie, nous y sommes déjà, à bas bruit.
Les vieillards réactionnaires qui occupent les plateaux télé ont raison : «On ne peut plus rien dire». Ces éditorialistes sont ridicules, car on n’entend malheureusement que leurs idées moisies sur toutes les chaînes de télévision depuis des années. Ils se prétendent censurés alors que la seule vraie pensée unique, c’est la leur.
En revanche, en France en 2025, on ne peut plus tenir le moindre discours critique à l’égard du gouvernement, plus manifester, plus émettre la moindre réserve contre le patronat, plus dénoncer le racisme… Bref, c’est vrai : on ne peut plus rien dire. Quelques exemples sidérants ces derniers jours.
Voici plus de deux ans que la vie publique israélienne est enveloppée dans un épais brouillard qui désoriente. Des crises, des conflits et de l’anxiété se sont abattus sans fin dans le pays et à l’étranger : le choc de l’attaque du Hamas le 7 octobre et de la campagne génocidaire vengeresse d’Israël à Gaza, le combat pour ramener les otages et contre les calomnies de l’État sur leurs familles, la confrontation irresponsable avec l’Iran. L’ensemble de ces faits a placé la société israélienne dans un état de stupeur collective, qui a occulté la profondeur de l’abîme dans lequel nous nous enfonçons.
Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1986 à Paris, en pleine répression du mouvement étudiants/lycéens, Malik Oussekine, 22 ans, était matraqué à mort dans le hall d’un immeuble parisien où il s’était refugié, par deux policiers « voltigeurs » motocyclistes. Dans cette même nuit, un autre jeune de 19 ans, Abdel Benyahia a été tué par un policier non en service à Pantin.
Fournir sa photographie et ses empreintes quand on demande son passeport ou sa carte d’identité est plus lourd de conséquence que ce qu’on imagine. Ces données, qui sont enregistrées dans le fichier des « titres électroniques sécurisés » (TES) sont récupérées par la police par un contournement de la loi. La Quadrature du Net a pu obtenir des témoignages et preuves formelles de l’utilisation abusive de ce fichier pour identifier des personnes lors d’enquêtes judiciaires. Nous avons alerté la CNIL sur ce scandale qui était malheureusement prévisible, tant ce fichier TES portait, par son existence même, les risques d’un abus de surveillance par l’État.
Vue plus de 6 millions de fois sur les réseaux sociaux, la photo dévoilée par Blast de policiers encagoulés, tenant une banderole féministe à l’envers, a beaucoup fait réagir. Et ce jusqu’au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez qui, interrogé ce dimanche 30 novembre, s’est lancé dans un exercice d’équilibriste tout particulier : condamner pour mieux excuser.
L’arrivée de Léa Salamé au 20h de France 2 a été annoncée en grande pompe. Publicité, portraits à sa gloire : impossible de passer à côté. Plusieurs mois après son arrivée, quel bilan tirer de ce changement au sein de ce qui est parfois présenté comme le « vaisseau amiral » de la chaîne publique ? Au-delà des « bourdes » et autres « moments gênants » largement commentés par ailleurs, que nous raconte le 20h de Léa Salamé ? Et comment ?
Des dizaines de milliers de lampes pour éclairer des chemins agricoles, plantations, sentiers ou jardins privés, distribuées gratuitement grâce à l’argent de la transition énergétique. Le dispositif des Certificats d’économie d’énergie (CEE) est au cœur d’une (nouvelle) énorme gabegie et d’une vaste fraude, devenue de plus en plus visible ces derniers mois.
Après les révélations des caméras-piétons des gendarmes à Sainte-Soline, celles-ci portent sur leurs auditions devant l’IGGN. Les titres de Mediapart et Libération résument de manière limpide la situation : la hiérarchie affirme n’avoir rien vu, rien entendu, les hauts-gradés n’ont pas vu le problème. Aucun d’eux n’aurait constaté ou entendu parler de « tirs non conformes », et sur la cinquantaine de gendarmes auditionnés par l’IGGN, aucun n’a signalé le moindre propos problématique entendu dans les rangs. Ils ne seront bien entendu jamais confrontés aux images de leurs propres caméras-piétons.
Servilité et pluralisme en berne dans la PQR.
Hormis quelques récalcitrants comme La Voix du Nord et Le Télégramme, une grande majorité de la presse quotidienne régionale (PQR) s’est pliée, dans les règles de l’art, aux exigences d’une énième opération de communication orchestrée par Emmanuel Macron à quelques jours du scrutin des européennes : publier le même jour un entretien relu et validé par la présidence. Si seuls neuf journalistes ont été reçus à l’Élysée pour cet échange le 20 mai, les joies de la concentration ont fait le reste… Tant et si bien que le lendemain, le paysage des « unes » était d’une harmonie à couper le souffle : des photos de Macron en pleine page aux encadrés annonçant l’interview, en passant par des titres louangeurs (généralement une citation du Président), la presse a fait la démonstration de son indépendance aux yeux de ses lecteurs. Quant au pluralisme, il est une nouvelle fois piétiné dans ses plus grandes largeurs. Que reste-t-il ? La différence entre information et communication ? Sans commentaire…
Le collectif Rogue ESR dévoile une enquête nationale sur l'antisémitisme dans les universités françaises. Conçu par le ministère de l’Enseignement supérieur ce sondage constitue une violation frontale de toutes les libertés individuelles. Rogue ESR fait aussi un retour sur l’annulation du colloque du Collège de France sur l'Europe et la Palestine pour en tirer les leçons.
Ces derniers temps, l'armée a changé de méthode : la "grande muette" ouvre beaucoup la gueule, et ça sent mauvais.
Lors du Congrès des Maires de France, qui a lieu tous les ans à la fin du mois de novembre et réunit 12.000 élus à Paris, le Chef d’État Major de l’Armée française est venu prononcer un discours sidérant. Celui qui dirige l’armée française, l’une des plus puissantes du monde, qui mène des opérations militaires permanentes loin de nos frontières, ne paie pas de mine. Il s’appelle Fabien Mandon, il est chétif sous sa casquette d’officier, et parle avec un sourire en coin pour annoncer des choses absolument terrifiantes.
Ni Moscou ni Pékin ne sont en guerre contre notre démocratie, mais les institutions censées la défendre, dotant l’impératrice Ursula d’une armée d’espions hors du contrôle des parlements nationaux.
Dans ce nouvel épisode des Indiscrets, Nils décrypte les coulisses du quinquennat Macron avec un invité de poids : Jean-Bernard Gaillot-Renucci, ancien conseiller politique macroniste devenu repenti. Ensemble, ils passent en revue les points chauds de l’actualité politique et du bilan présidentiel. À 18 mois de la fin du mandat, Emmanuel Macron reste impopulaire avec une cote de confiance à 11 %, mais son héritage suscite débat : baisse du chômage, reconquête industrielle et attractivité économique sont contrebalancées par la réforme des retraites imposée au 49.3, désormais fragilisée.
L’émission met également en lumière le rôle politique croissant de Brigitte Macron, présente à toutes les commémorations du 13 novembre, et les tensions internes au sein de Renaissance. Jean-Bernard Gaillot-Renucci revient sur le retour médiatique de Bruno Le Maire, qui critique ouvertement la gestion des finances publiques et révèle avoir alerté Macron sur la nécessité d’une loi de finances rectificative. Ces révélations soulignent les jeux de pouvoir et les rivalités au sein du macronisme, où même Manuel Valls sort du bois pour dénoncer sa propre éjection.
Le programme aborde enfin le scandale récurrent de l’alcool et des comportements à risque dans les institutions : Philippe Mouiller interpellé ivre, Emmanuel Pellerin reconnu coupable d’usage de cocaïne, ou encore le procès à venir d’un ancien sénateur pour tentative de viol. Jean-Bernard Gaillot-Renucci souligne que ces affaires mettent en lumière l’inaction des chambres sur les addictions et la discipline parlementaire.
Entre bilan présidentiel, luttes internes et dérives des élus, cet épisode offre un regard sans filtre sur la politique française.
Nous nous réjouissons de chaque signe, si ténu soit-il, de vitalité de l’Université contre le rouleau compresseur de l’austérité, de la bureaucratie managériale et de l’insignifiance, en marche depuis plus de deux décennies, déjà. Ainsi, après Saclay l’an dernier, les collègues de Sorbonne Université tentent de reprendre pied face à une bureaucratie aussi autoritaire qu’incompétente, médiocre et dépourvue d’éthique. Les enjeux sont identiques : empêcher l’adoption de statuts conférant les pleins pouvoirs à la bureaucratie par un féodalisme qui dévitalise l’établissement. Hauts les cœurs !
« Elle ne le sait pas encore. Ou peut-être ne veut-elle pas l’admettre. Pas à pas, la France est sortie de la démocratie. À pas mesurés, tout d’abord, de mesures anti-migratoires en lois anti-terroristes et en mesures de contrôle numérique, sous prétexte de pandémie ou de grands événements sportifs. Depuis trois ou sept ans, selon la borne-étape que l’on choisit, elle en est sortie à grands pas, et maintenant en courant. »
Le sociologue franco-palestinien Sari Hanafi a été sollicité par Le Monde pour écrire une tribune sur « l’après-Gaza ». Après deux semaines de silence, il a finalement essuyé un refus. En cause : « Les termes utilisés ne conviennent pas à notre publication. Parler par exemple de "résistance armée" en référence aux actions du Hamas ne correspond pas à notre manière d’aborder les choses. Cela laisse penser que nos perspectives respectives sont trop éloignées pour être réconciliées. »
À l’heure où un colloque consacré à la Palestine est censuré au Collège de France suite à des pressions gouvernementales, Orient XXI publie ici la réponse de Sari Hanafi au Monde ainsi que la tribune refusée.
Jumelée avec Gaza depuis 2001, la ville norvégienne Tromsø manifeste chaque semaine depuis deux ans pour dénoncer le génocide. Parmi eux, des autochtones sámis qui « s’identifient à la cause palestinienne ».
Chaque samedi depuis deux ans, des keffiehs et des drapeaux palestiniens flottent dans le vent arctique de Tromsø, plus grande ville du grand nord norvégien. Des touristes, venus profiter des aurores boréales et des baleines, regardent le défilé passer avec curiosité entre les maisons en brique collées au flanc d’un fjord montagneux. C’est que la ville, jumelée avec Gaza depuis 2001, est un bastion du mouvement propalestinien dans ce pays nordique. Parmi le cortège, de nombreux activistes autochtones sámis, qui se mobilisent massivement sur tous les fronts — des luttes écologistes au soutien à la Palestine.