Le 7 janvier à Minneapolis, Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans, a été tuée par un agent de la police de l’immigration (ICE). Les autorités fédérales, le président Trump en tête, ont aussitôt parlé de légitime défense, selon un scénario désormais bien rodé où la qualification des faits précède leur examen. Le maire et le gouverneur de la ville, ancien candidat démocrate à la vice-présidence des États-Unis, M. Tim Walz, ont contesté la version de la Maison Blanche, « une machine à propagande », et de la police de l’immigration. Six ans après la mort de George Floyd, les homicides commis par la police américaine se poursuivent. Ils s’inscrivent dans une architecture du maintien de l’ordre restée intacte. L’usage létal de la force continue, désormais ouvertement encouragée, ou excusée d’avance, par les plus hautes autorités de l’État. L’article de Richard Keiser analyse cette continuité. Il montre comment la police est devenue l’outil par défaut d’un système politique qui n’hésite pas à défendre l’ordre social en recourant à la violence policière.
Aux États-Unis, le maintien de l'ordre relève des autorités locales. Comment dès lors expliquer qu'une ville réputée progressiste comme Minneapolis soit le théâtre d'exactions policières racistes à répétition ? Dotés d'un lourd passif en matière de violences contre les habitants noirs, ses services de police y jouissent d'une impunité presque totale. Du moins jusqu'à la mort de George Floyd.
L’enlèvement de Maduro par Trump révèle la timidité européenne : une faillite morale qui désarme le continent face à un monde de force brute. C’est une erreur historique. En refusant de condamner la méthode, les Européens normalisent un monde où la puissance remplace le droit, et où leur propre sécurité dépendra non plus d’institutions, mais de l’humeur des puissants.
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La tragédie européenne tient à cette dichotomie : un discours moral magnifique, mais une conduite d’allié apeuré. À force de confondre loyauté et soumission, prudence et renoncement, l’Union risque de découvrir que la “timidité n’achète pas la sécurité”, mais seulement le mépris — celui des alliés puissants et celui des adversaires patients.
On ne peut pas comprendre l’enlèvement de Nicolas Maduro si l’on ignore les masses financières colossales associées à un changement de régime à Caracas.
Il ne s’agit pas de minorer les aspects idéologiques ou géopolitiques de l’intervention américaine – réaffirmer la doctrine Monroe, asseoir des sphères d’influence impériales.
Mais c’est bien le pétrole qui constitue le mobile essentiel de ce coup de force : l’accaparement et l’extraction des plus importantes réserves d’or noir du monde, longtemps exploitées avec une profitabilité inouïe par les multinationales américaines et leurs actionnaires.
NEW YORK — Leaders of Young Republican groups throughout the country worried what would happen if their Telegram chat ever got leaked, but they kept typing anyway.
They referred to Black people as monkeys and “the watermelon people” and mused about putting their political opponents in gas chambers. They talked about raping their enemies and driving them to suicide and lauded Republicans who they believed support slavery.
Contrairement à la France, l’Espagne ne s’aplatit pas face à la domination Étasunienne. Contrairement à la France, l’Espagne n’est pas complice du gouvernement israélien et ne soutient pas son génocide. Contrairement à la France, il reste une gauche antimilitariste en Espagne. Comme quoi, c’est possible.
« Toutes les formes de pouvoir disponibles doivent être rassemblées, renforcées et dirigées contre l’ancien régime. » Pour Curtis Yarvin, en six mois à la Maison-Blanche, Trump a ralenti. Il faut accélérer. L’idéologue réactionnaire envoie un message à toutes les unités postées à Washington : il est temps de convertir la révolte en révolution pour parachever la transformation monarchique des États-Unis — quitte à franchir le Rubicon.
Des manifestations massives réprimées, des pratiques anticonstitutionnelles de la police de l'immigration, une attaque des libertés… En seulement quelques mois d’un deuxième mandat redouté aux États-Unis, Donald Trump et son administration ont mis le feu aux poudres et multiplient les actions préoccupantes sur le plan démocratique. Pour en parler, nous recevons Nick Stern, photographe indépendant, Ludivine Gilli, directrice de l’Observatoire de l’Amérique du Nord de la Fondation Jean-Jaurès et Keith Armstrong, avocat pour l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU).
« Changement de régime », « armes de destruction massive », « guerre contre le terrorisme »... la rhétorique de l'ère Bush, longtemps taboue, retrouve droit de cité dans la Maison Blanche. Les néoconservateurs, conspués par Donald Trump un mois plus tôt seulement, ont remporté une victoire éclatante : le conflit avec la République islamique d'Iran débute enfin. Le tournant du chef d'État a surpris nombre d'observateurs, le candidat Trump ayant fait campagne sur la critique des « guerres sans fin » de ses prédécesseurs. L'analyse de ses soutiens financiers permet d'y apporter un éclairage : si les marchés financiers semblent frileux à l'idée d'une guerre, une partie des grandes fortunes a intérêt à un conflit avec l'Iran.
Les néoconservateurs qui ont orchestré les guerres désastreuses contre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et la Libye – et qui n’ont jamais été tenus responsables du gaspillage inconsidéré de 8.000 milliards de dollars de l’argent des contribuables, ainsi que des 69 milliards de dollars gaspillés en Ukraine – semblent bien décidés à nous entraîner dans un nouveau fiasco militaire avec l’Iran.
La police de Los Angeles a déclaré avoir procédé à plus de 300 arrestations de manifestants au cours des deux derniers jours. Selon The Guardian du 11 juin, ces arrestations seraient une sorte de contrefeu déclaré par le gouverneur démocrate Gavin Newsom pour faire échec à l’administration Trump qui a mobilisé l’armée et la Garde nationale «pour accompagner les agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) lors de leurs raids dans toute la ville de Los Angeles». Ce qui qualifie, à sa façon, l’orientation politique du démocrate Gavin Newsom face à l’offensive suprémaciste blanche de Donald Trump et Stephen Miller.
Depuis la seconde investiture de Donald Trump, de nombreux observateurs et commentateurs politiques n’hésitent pas à présenter le président américain comme une sorte de fou erratique, capricieux et un peu timbré. Ses déclarations et ses mesures politiques, n’obéiraient à aucune logique, si ce n’est à la brutalité coutumière d’un entrepreneur de l’immobilier pas très malin qui se serait retrouvé par mégarde aux commandes de la première puissance mondiale. Le texte qui suit défend l’hypothèse inverse, une hypothèse que l’auteur lui-même qualifie de « complotiste » mais qu’il étaye avec brio. La démonstration est convaincante : en se plongeant dans les relations et influences « intellectuelles » de Trump et de ses proches, on découvre l’importance de la pensée de Curtis Yarvin et ses théories néo-fascistes qui visent à remodeler la société américaine et le monde en suspendant tous les contre-pouvoirs constitutionnels. On s’aperçoit alors que derrière la confusion et le masque de l’absurdité, il pourrait y avoir un plan et une stratégie. Ce coup néo-réactionnaire qui se présente ouvertement comme une « contre-révolution », Daniel Grave l’interprète comme un retour de bâton après 15 ans de mouvements sociaux et de rue, d’Occupy Wall Street au soulèvement George Floyd en passant par MeToo, la menace fasciste comme boss de fin de niveau. De là, il s’agit d’être à la hauteur de ce que cela signifie, d’identifier ses points faibles et de l’affronter. C’est un texte important.
Curtis Yarvin est la figure intellectuelle de la galaxie trumpiste. Son projet « néoréactionnaire » veut en finir avec l’idée démocratique et propose de structurer le gouvernement comme une entreprise dirigée par un monarque absolu.
Depuis l’investiture de Donald Trump et ses premières mesures de gouvernement, émerge le nom d’un mouvement intellectuel qui serait l’inspiration secrète de la nouvelle administration : la néoréaction, aussi désignée par l’expression « Lumières sombres » (Dark Enlightenment). À la tête de ce mouvement, le blogueur Curtis Yarvin, très proche de Peter Thiel, de Marc Andreessen (milliardaire et conseiller informel du président), mais aussi des cadres politiques comme J. D. Vance et Michael Anton. Yarvin aurait ainsi favorisé l’ascension politique d’Elon Musk et serait notamment à l’origine du plan Gaza.
Il semble difficile, à brûle-pourpoint, de déterminer avec précision l’influence des idées néoréactionnaires sur la nouvelle administration, ce qui supposerait de mener une enquête de terrain. Néanmoins, nous pouvons dès maintenant nous intéresser à la pensée néoréactionnaire.
D’où vient-elle ? Quelles sont ses propositions normatives ? En d’autres termes, en quoi consiste la théorie politique néoréactionnaire qui semble inspirer les premières mesures de la nouvelle administration ?