A mesure que l’emprise de Vincent Bolloré sur les médias, l’édition et même les manuels scolaires est mise à jour par de nombreux militants et intellectuels, Matthieu Pigasse, banquier d’affaires et multimillionnaire, apparaît comme son antithèse, voire son antidote. Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers du personnage, Pigasse est propriétaire d’une holding médiatique du nom de Combat Média, qui possède Radio Nova, Les Inrocks, le festival Rock en Seine, et qui possède des participations dans le Huffington Post, Télérama et le Nouvel Obs, ainsi que des dizaines de société de production, particulièrement influente à France Télévision. En raison de ses sorties contre l’extrême-droite, du succès de l’excellente émission de gauche décomplexée “la Dernière” sur Radio Nova, Pigasse apparaît comme un grand bourgeois fréquentable, qui pourrait nous sauver la mise face à la fascisation du pays. La presse insiste sur son amour du punk (il serait “fan des Clash” nous apprend le Monde), des jeans t-shirts, bref, de son côté “atypique”, alors qu’il s’agit d’un énarque haut fonctionnaire devenu banquier d’affaires… comme Macron. Il nourrit désormais des ambitions présidentielles, et rencontre les leaders de la gauche “non-mélenchoniste”. Prêt à concurrencer la France Insoumise, il a annoncé la semaine dernière vouloir incarner « une gauche radicale de gouvernement ». Son ascension politico-médiatique, bien décrite par nos confrères d’Acrimed, n’empêche pas que, les yeux effrayés rivés sur Bolloré, toute une partie de la gauche militante ignore la menace que représente Matthieu Pigasse. Et semble ignorer le parcours et les dégâts commis par un des piliers du capitalisme français.