Voitures de police ou voitures-bélier ? Plusieurs vidéos montrent des usages dangereux de véhicules contre les lycéens. En moins d'une semaine, StreetPress a recensé neuf cas.
« Allez, approchez, on va leur mettre dans la gueule », lance une voix masculine. Quelques secondes plus tard, le 5 octobre à Dunkerque (59), un 4×4 de la police nationale fonce sur un groupe de jeunes manifestants. Lancé à près de 30 km/h, le Toyota Land Cruiser de plus de deux tonnes fracasse contre son pare-choc les poubelles qui formaient un début de barricade, et continue sa route à la poursuite des manifestants dans une rue perpendiculaire.
Un « fait exceptionnel », si on en croit les déclarations du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez devant la représentation nationale. Loin d’être isolé, l’événement semble surtout s’inscrire dans un usage débridé de la force, sans « aucune consigne de retenue », selon les mots mêmes du ministre, par des forces de l’ordre dont les images de violences inondent les réseaux depuis le début des mobilisations fin septembre. StreetPress a recensé neuf cas en l’espace de cinq jours d’usages dangereux ou problématiques de véhicules de police engagés sur le mouvement lycéen.