Effet de cadrage, pouvoir de nuisance.
Résumons :
Quand un plateau de Franceinfo prétend rendre compte des attaques racistes subies par le maire de Saint-Denis, les journalistes évacuent le sujet au profit d’un autre – « Est-ce qu’il est dangereux ce concept de "nouvelle France", […] a minima clivant ? » (Agathe Lambret) – et sur la base de cette inversion victime/coupable, en font le « problème » n°1.
Une fois installé, le commentaire sur le concept de « nouvelle France » peut être déformé (à l’unisson) par quatre journalistes « respectables », lesquels communient dans la désinformation et décrètent qu’il en va là d’une « stratégie identitaire ». Les questions de la représentativité ethno-sociale des élus et des discriminations raciales, notamment, sont passées par pertes et profits, interprétées comme autant d’éléments à charge contre LFI.
Sur la base de ces interprétations frauduleuses, les journalistes peuvent ressortir le prêt-à-penser des « extrêmes qui se valent », en réussissant le tour de force de dresser une équivalence entre la « nouvelle France » et le « grand remplacement » – un fantasme raciste et complotiste légitimé par les grands médias –, c’est-à-dire à banaliser l’extrême droite dans un sujet supposément consacré au racisme qu’elle déverse à torrent continu contre des élus noirs et arabes. Terminus de ce grand voyage accéléré au pays des éditocrates ? « Jean-Luc Mélenchon sert en fait l’extrême droite ». Dixit Renaud Dély.