Voici la grande histoire d’Hara-Kiri, journal bête et méchant, et ses héros et génies qui ont inventé notre humour, notre rire, notre joie : Cavanna, Choron, Reiser, Wolinski, etc. Le chouette beau journal. Le meilleur journal du monde. Hara-Kiri va engendrer Charlie. Et Charlie va être sacrifié par une autre gueule d’empereur romain, une hyper-gueule d’empereur romain, celle de Philippe Val, à la France américanisée dans son sport préféré : cracher à la gueule des arabes et des pauvres.
Conséquence : des dessinateurs, entre autres, seront tués. Et Charlie va être récupéré par les suppôts d’un laïcardisme militant. Un laïcardisme fanatique. Une armée de soldats de la France de Frankenstein. Colonialiste, atlantiste, va-t’en-guerre, raciste.
Mais ce Charlie n’est pas le successeur de Hara-Kiri. Pas du tout, et même : au contraire.
Ce Charlie est à Hara-Kiri ce que le christianisme est à Jésus. Il est la récupération de son image, et sa transformation en son contraire. Il utilise les armes de l’émancipation pour les faire servir au combat de l’impérialisme. Il vend la hiérarchie sociale la plus dure avec le visage de l’anarchie douce.
Hara-Kiri contre Charlie. Voici l’histoire de notre avant-dernière guerre.