Effet de cadrage, pouvoir de nuisance.
Résumons :
Quand un plateau de Franceinfo prétend rendre compte des attaques racistes subies par le maire de Saint-Denis, les journalistes évacuent le sujet au profit d’un autre – « Est-ce qu’il est dangereux ce concept de "nouvelle France", […] a minima clivant ? » (Agathe Lambret) – et sur la base de cette inversion victime/coupable, en font le « problème » n°1.
Une fois installé, le commentaire sur le concept de « nouvelle France » peut être déformé (à l’unisson) par quatre journalistes « respectables », lesquels communient dans la désinformation et décrètent qu’il en va là d’une « stratégie identitaire ». Les questions de la représentativité ethno-sociale des élus et des discriminations raciales, notamment, sont passées par pertes et profits, interprétées comme autant d’éléments à charge contre LFI.
Sur la base de ces interprétations frauduleuses, les journalistes peuvent ressortir le prêt-à-penser des « extrêmes qui se valent », en réussissant le tour de force de dresser une équivalence entre la « nouvelle France » et le « grand remplacement » – un fantasme raciste et complotiste légitimé par les grands médias –, c’est-à-dire à banaliser l’extrême droite dans un sujet supposément consacré au racisme qu’elle déverse à torrent continu contre des élus noirs et arabes. Terminus de ce grand voyage accéléré au pays des éditocrates ? « Jean-Luc Mélenchon sert en fait l’extrême droite ». Dixit Renaud Dély.
Même après des années à écouter les matinales, disséquer les questions des éditorialistes, on est encore parfois surpris. La surprise d'abord, puis la révolte et une pincée d'écœurement.
Ce matin, 17 mars, deux jours après le premier tour des élections municipales, Apolline de Malherbe reçoit dans son émission quotidienne sur RMC Story, Apolline Matin, Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis, élu triomphalement dès le premier tour.
Votre alliance avec le RN est désormais officielle. Je suis satisfaite que votre vocabulaire ait trahi votre projet idéologique. Utiliser une expression du xénophobe Maurras n'a fait que mettre en lumière le socle sur lequel repose votre carrière politique : une haine profonde de l'antiracisme et de l'antifascisme, votre haine raciale et religieuse.
On rappelle que le parti avec lequel vous vous alliez a été créé par des Waffen-SS, des criminels de guerre dont des antisémites. Votre propagande qui instrumentalise la lutte contre l'antisémitisme est uniquement destinée à museler les voix qui soutiennent le peuple Palestinien et plus largement à criminaliser la gauche antiraciste qui s'oppose à votre projet islamophobe et ségrégationniste.
Vous êtes le pire de ce que peut produire la politique politicarde : une opportuniste uniquement animée par son besoin maladif de pouvoir. Et quoique vous fassiez ou disiez pour détourner l'attention de l'opinion : pensez-vous réellement nous faire oublier que vous avez couvert des cas de maltraitances dans des crèches privées, que vous avez menti lors d'une commission d'enquête ? Une ex-ministre des solidarités et des familles qui couvre des cas de négligences et de violences envers les enfants... c'est aussi ça la France de Macron.
Votre opportunisme qui n'a donc aucune limite... puisque vous faites aussi dans l'ingérence étrangère en vous faisant le relais de la propagande du gouvernement israélien au même moment où ce dernier colonise et annexe la Cisjordanie en violation totale du Droit international, au même moment où il reconnaît 70000 Palestiniens tués (parce qu'au fond ce chiffre l'arrange).
Savez-vous chère Aurore à quel autre moment de l'Histoire de France la gauche a été autant criminalisée et destestée ? Dans les années 30. Malgré la période sombre que nous vivons (nous, pas vous), j'ai espoir en l'avenir et je sais que vous ferez partie des personnes qui devront rendre des comptes devant la justice. Vos anciens "amis" vous jetteront en pâture parce qu'au final vous n'êtes que leur sous-fifre, leur idiote utile qui, assoiffée de pouvoir et attirée par la lumière tel un éphémère, n'est là que pour repousser la fenêtre d’Overton.
Madame Bergé, vous êtes éphémère.
Le 12 février alors que Rima Hassan intervenait lors d’une conférence à l’IEP de Lyon, le groupe de « féministes » identitaires racistes Némésis accompagné de son service d’ordre ont tenté de s’introduire dans la conférence et de la perturber. A l’issue d’un affrontement avec des militants antifascistes, un des nationalistes finit à l’hôpital. Retour sur une mort prévisible, l’emballement médiatique qui s’ensuit et la nécessité de tenir une ligne antifasciste face à la vague brune qui s’annonce.
Interdiction de : l'abaya/robes longues, du calot, du voile, contrôle des bouteilles en plastique dans les toilettes de la RATP. Harcèlement, discriminations, calomnies, essentialisation, licenciements abusifs, contrôles au faciès, lois d'exception contraires à un État de droit, menace de mort d'un nouveau-né. Tel est le quotidien des musulmans,ou personnes assimilées comme tel, en France.
Le 7 janvier à Minneapolis, Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans, a été tuée par un agent de la police de l’immigration (ICE). Les autorités fédérales, le président Trump en tête, ont aussitôt parlé de légitime défense, selon un scénario désormais bien rodé où la qualification des faits précède leur examen. Le maire et le gouverneur de la ville, ancien candidat démocrate à la vice-présidence des États-Unis, M. Tim Walz, ont contesté la version de la Maison Blanche, « une machine à propagande », et de la police de l’immigration. Six ans après la mort de George Floyd, les homicides commis par la police américaine se poursuivent. Ils s’inscrivent dans une architecture du maintien de l’ordre restée intacte. L’usage létal de la force continue, désormais ouvertement encouragée, ou excusée d’avance, par les plus hautes autorités de l’État. L’article de Richard Keiser analyse cette continuité. Il montre comment la police est devenue l’outil par défaut d’un système politique qui n’hésite pas à défendre l’ordre social en recourant à la violence policière.
Aux États-Unis, le maintien de l'ordre relève des autorités locales. Comment dès lors expliquer qu'une ville réputée progressiste comme Minneapolis soit le théâtre d'exactions policières racistes à répétition ? Dotés d'un lourd passif en matière de violences contre les habitants noirs, ses services de police y jouissent d'une impunité presque totale. Du moins jusqu'à la mort de George Floyd.
« Nettoyer au Kärcher » les quartiers populaires : vingt ans après, les propos de Nicolas Sarkozy résonnent encore. Ce racisme, « devenu raisonnable », a laissé une marque indélébile sur les personnes racisées.
À l’initiative du groupe identitaire local « Les Normaux », 100 à 150 militants d’extrême droite ont défilé à Rouen ce samedi. Des militants d’Angers, de Tours et de Paris se sont joints à la manifestation. Depuis que Les Normaux ont organisé une soirée xénophobe – finalement annulée par crainte de problèmes judiciaires – en juin 2024, en pleine campagne des législatives, l’extrême droite rouennaise, discrète jusqu’alors, semble avoir le vent en poupe. Mais les antifascistes ne désarment pas.
NEW YORK — Leaders of Young Republican groups throughout the country worried what would happen if their Telegram chat ever got leaked, but they kept typing anyway.
They referred to Black people as monkeys and “the watermelon people” and mused about putting their political opponents in gas chambers. They talked about raping their enemies and driving them to suicide and lauded Republicans who they believed support slavery.
La charge raciale, ce poids psychologique, émotionnel et social que portent au quotidien les personnes racisées dans une société marquée par l’histoire et les structures du racisme. Elle se manifeste de manière insidieuse, à travers des micro-agressions, des remarques banalisées ou la nécessité permanente d’anticiper le regard des autres. Mais elle peut aussi surgir de façon brutale et explicite, dans des expériences de discrimination, de violences policières ou de rejet.
Cette charge n’est pas née de nulle part : elle s’enracine dans une histoire longue. L’esclavage a déshumanisé et exploité des millions de personnes, la colonisation a hiérarchisé les peuples et légitimé la domination par la couleur de peau. Ces systèmes ont produit des représentations, des préjugés et des inégalités qui traversent encore les sociétés actuelles.
Aujourd’hui, les personnes racisées héritent de cette mémoire collective et de ses conséquences concrètes : devoir se justifier plus que les autres, affronter des stéréotypes persistants, porter la crainte d’un contrôle ou d’une agression.
La charge raciale est ainsi une héritière du passé mais aussi une réalité présente, qui rythme les vies et rappelle que le racisme n’est pas seulement une affaire individuelle, mais une construction historique et systémique.
Pour en parler je reçois Douce Dibondo, écrivaine et sociologue et auteure d’un essai intitulé justement « la charge raciale » publié aux éditions Payot.
Des insultes racistes qui dégénèrent en violente chasse contre un jeune noir et ses amis, pris en chasse par des habitants de Royère-de-Vassivière à la mi-août. Parmi les suspects, un élu municipal et le président de la société de chasse.
Dans cette interview avec Daniel Schneidermann, Rima Hassan revient sur le traitement médiatique de la Freedom Flotilla, la montée de l'islamophobie et des idées d'extrême-droite dans les médias, la censure des soutiens de la Palestine sur la scène médiatique et politique, l'acharnement médiatique dont elle est victime et sur les enjeux de son mandat au Parlement européen.