Servilité et pluralisme en berne dans la PQR.
Hormis quelques récalcitrants comme La Voix du Nord et Le Télégramme, une grande majorité de la presse quotidienne régionale (PQR) s’est pliée, dans les règles de l’art, aux exigences d’une énième opération de communication orchestrée par Emmanuel Macron à quelques jours du scrutin des européennes : publier le même jour un entretien relu et validé par la présidence. Si seuls neuf journalistes ont été reçus à l’Élysée pour cet échange le 20 mai, les joies de la concentration ont fait le reste… Tant et si bien que le lendemain, le paysage des « unes » était d’une harmonie à couper le souffle : des photos de Macron en pleine page aux encadrés annonçant l’interview, en passant par des titres louangeurs (généralement une citation du Président), la presse a fait la démonstration de son indépendance aux yeux de ses lecteurs. Quant au pluralisme, il est une nouvelle fois piétiné dans ses plus grandes largeurs. Que reste-t-il ? La différence entre information et communication ? Sans commentaire…
D'une promotion du projet de nettoyage ethnique nommé "Gaza-plage", en passant par des invités étalant leurs théories complotistes d'extrême-droite jusqu'à la déshumanisation et la criminalisation d'un peuple en collaboration avec une deputé soutenant ouvertement Israël : France info a bel et bien terminé sa mue en Cnews.
« Changement de régime », « armes de destruction massive », « guerre contre le terrorisme »... la rhétorique de l'ère Bush, longtemps taboue, retrouve droit de cité dans la Maison Blanche. Les néoconservateurs, conspués par Donald Trump un mois plus tôt seulement, ont remporté une victoire éclatante : le conflit avec la République islamique d'Iran débute enfin. Le tournant du chef d'État a surpris nombre d'observateurs, le candidat Trump ayant fait campagne sur la critique des « guerres sans fin » de ses prédécesseurs. L'analyse de ses soutiens financiers permet d'y apporter un éclairage : si les marchés financiers semblent frileux à l'idée d'une guerre, une partie des grandes fortunes a intérêt à un conflit avec l'Iran.
L'ahurissant retournement de veste qui s'opère sous nos yeux, et l'autoblanchiment collectif à sa suite, resteront comme un cas d'école dans l'histoire de la propagande. Un retournement venu de la région la plus hypocrite du bloc propagandiste : les « humanistes ». Et voici néanmoins l'os mis à nu : la question du sionisme, l'axiome qu'il fallait préserver à tout prix, que ce soit par la silenciation, ou bien par la contrition.
Un documentaire sur la DGSI, co-réalisé par des journalistes du Figaro, diffusé par Canal +, avec une promo sur le site du ministère de l’Intérieur. Autant vous dire qu’un citoyen-vigilant n’allait pas rater ça.
La fiche technique indique qu’il provient d’une « idée originale » de Jean Chichizola et Christophe Cornevin, deux journalistes du Figaro. Ils ont l’air d’écrire beaucoup ensemble, sur l’influence des frères musulmans en France ou les initiatives des islamistes sur les réseaux sociaux pour forcer les hommes à forcer les femmes à porter le voile. Des articles sourcés à ne pas manquer. Quant aux réalisateurs, outre Jean et Christophe bien sûr, il y a Stéphane Rybojad, qui a réalisé plusieurs documentaires sur l’armée, et qui arbore fièrement une casquette « special forces » sur plusieurs photos. La 4e, Anna Roch, appartient à la boîte de prod’ Memento production, et a réalisé d’autres documentaires, notamment dans le cadre de l’émission « Opérations spéciales ». Des journalistes de droite et des documentaristes qui aiment couvrir les forces de l’ordre.
Propagande génocidaire, sur tous vos écrans, tous les jours, depuis 8 mois. Les bombes israéliennes envoyées sur des tentes de réfugiés palestiniens hier à Rafah sont à peine évoquées ce lundi. Les millions de français.e.s qui se contentent de la télévision comme canal d’information vivent dans une bulle informationnelle parallèle, post-vérité, et sont profondément intoxiqués.