Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l'État français voulait tuer. C'est ce que confirme l'enquête de Médiapart et Libération.
C’est une tentative d’homicide délibérée, lâche, incontestable, documentée. Un blindé de la gendarmerie, depuis le canon de tourelle, a envoyé en tir tendu et avec une force colossale une grenade sur une foule dense de manifestant·es. Serge a reçu la munition en pleine tête, faisant instantanément sauter son casque et fracturant son crâne. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre dans ce cortège écologiste. Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l’État français voulait tuer.
C’est ce que confirme l’enquête minutieuse de Médiapart et Libération, qui vient d’être mise en ligne ce mardi 26 mai. Les journalistes ont réalisé ce que la justice et la gendarmerie ont choisi de ne pas faire : un vrai travail d’investigation. Ils ont utilisé les images de 51 caméras de gendarmes déployées à Sainte-Soline, d’une centaine de caméras piétons, d’une tourelle de surveillance et de reporters présents dans la manifestation. Ils ont analysé 150 heures de vidéos et un fichier «crucial» que le parquet et les enquêteurs n’ont pas cherché à utiliser, alors même qu’ils en connaissaient l’existence. Et tous ces éléments permettent d’identifier sans aucun doute possible quand, où et par qui a été fait ce tir criminel : depuis l’habitacle protégé d’un blindé militaire.
Précisons une nouvelle fois que tous les fichiers utilisés par les journalistes ont été versés dans la procédure depuis 2023. Et pourtant, en décembre 2025, le parquet de Rennes a classé «sans suite» l’enquête portant sur quatre blessé·es graves de cette manifestation. Médiapart et Libération ont donc synchronisé les séquences et ont mené un travail exceptionnel : recoupement vidéo et audio, utilisation des coordonnées GPS de chaque gendarme qui filmait, modélisation 3D des lieux, identification méthodique de chaque tir dans la période entourant la blessure… Conclusion : seul un tir en provenance du véhicule blindé de gendarmerie peut avoir frappé Serge à la tête.
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Le 25 mars 2023, nous écrivions en quittant la manifestation : «Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d’un champ». Dans les vidéos révélées en 2025, on entend effectivement les gendarmes s’exclamer : «T’en crèves deux-trois, ça calme les autres», «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné !», «Un vrai kiff !», «Mets leur une GM2L dans la gueule», «fils de pute», «pue-la-pisse », «faut les tuer», ou encore, en criant de joie : «Il l’a mis en pleine tête». Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, continue d’assurer qu’à Sainte-Soline, «il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée». Une intention assumée d’assassiner et des tirs depuis un blindés militaire, voilà une riposte «proportionnée» pour nos dirigeants.
Adopté par l’Assemblée nationale, le projet de loi de programmation militaire et la création d’un état d’alerte de sécurité nationale suscitent de nombreuses inquiétudes sur les réseaux sociaux : interdiction de manifester, surveillance de masse, gel des comptes bancaires… Que prévoit vraiment le texte ?
Le “débat” sur la loi Duplomb qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale ce 11 février constitue à plus d’un titre une arnaque démocratique.
C’était à prévoir.
Si en interdisant l’utilisation de trois pesticides de la famille des néonicotinoïdes (dont l’acétamipride), la censure partielle de la loi dite Duplomb à l’été 2025 constituait bel et bien une petite victoire politique, celle-ci n’en laissait pas moins la porte ouverte à une “V2”. Texte qui, rappelons-le, promettait de “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” au mépris de la santé des Français et de la biodiversité.
Et ça n’a pas loupé puisque le 30 janvier, le sénateur LR a déposé une loi Duplomb II allant dans ce sens. Soit deux petites semaines avant l’organisation d’un débat à l’Assemblée nationale, ce mercredi 11 février, portant sur la pétition opposée au texte de loi contesté.
Dans une Assemblée bien vide, les mêmes arguments et mensonges autour de la loi Duplomb ont été déroulés sans véritable débat, accouchant d’une séquence aussi inutile que creuse.
Pire, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, est allée jusqu’à affirmer que la pétition contre la loi Duplomb – déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale, qui nécessite pour la signer de s’identifier via FranceConnect – serait le fait de “robots”. 2,1 millions de robots, ou un mépris cinglant, un de plus ?
Désintox : ce n'est pas la France Insoumise qui s'est «radicalisée», c'est tout l'échiquier politique qui s'est droitisé.
C’est officiel : le Ministère de l’Intérieur a publié le 2 février une circulaire visant à classer La France Insoumise comme étant un parti «d’extrême gauche» avant les élections municipales. Jusqu’ici, il était classé à «gauche». C’est un scoop : plus de 7 millions de personnes auraient donc voté pour l’extrême gauche en France en 2022, et plusieurs villes s’apprêtent à basculer à «l’extrême gauche».
Il y a 30 ans, en novembre 1995, une mobilisation massive éclatait contre le plan Juppé. Ce fut une victoire partielle. Le gouvernement est passé en force pour imposer une nouvelle casse de la Sécurité sociale. Mais la pression des grèves a été telle que les mesures qui ciblaient les retraites ont été abandonnées. C'est ce mouvement social qui a signé l'acte de naissance d'Acrimed, créé en réaction au traitement médiatique des grèves. Depuis lors, l'association n'a jamais cessé de scruter la façon dont les médias dominants couvrent les conflits sociaux, jusqu'à aujourd'hui. Pas plus tard qu'en septembre 2025, face au mouvement Bloquons tout, les médias étaient sur le pied de guerre. Depuis 1995, le pôle réactionnaire et les chaines en continu ont considérablement augmenté le niveau sonore. Mais les chiens de garde de 2025 n'ont rien à envier à leurs prédécesseurs. Alarmistes avant les mobilisations, hargneux pendant, ils ne font valoir qu'un seul et même slogan : les médias contre la rue.
Le collectif Rogue ESR dévoile une enquête nationale sur l'antisémitisme dans les universités françaises. Conçu par le ministère de l’Enseignement supérieur ce sondage constitue une violation frontale de toutes les libertés individuelles. Rogue ESR fait aussi un retour sur l’annulation du colloque du Collège de France sur l'Europe et la Palestine pour en tirer les leçons.
« Profondément choquant », a réagi l'ex-ministre de l'intérieur Gérald Darmanin à l'inéligibilité récemment requise contre Mme Marine Le Pen. « Chacun doit rester à sa place pour éviter un “gouvernement des juges” », déclarait-il déjà après que le Conseil constitutionnel eut partiellement censuré la loi immigration . Cette rhétorique hostile aux magistrats est récurrente en politique. À quoi renvoie-t-elle ?
Encore un budget de guerre sociale. Encore un gouvernement qui piétine les plus fragiles. Et encore cette même comédie : les syndicats supplient, les partis comptent les voix, les éditos progressistes s’indignent à demi-mot. Mais cette fois, quelque chose pourrait échapper à leur contrôle. Un appel en-dehors des organisations, avec un mot d’ordre clair : Boycott, Désobéissance, Solidarité. Et une date : le 10 septembre. Et derrière, un refus massif de jouer le jeu des institutions mortes. Alors forcément, la machine à décrédibiliser ce mouvement s’est déjà mise en route. Selon les gardiens officiels de l’ordre progressiste, cet appel serait confus et relayé par l’extrême-droite. Mais il est temps d’arrêter de se rassurer avec des fictions. Ce système ne tombera pas sous les coups des pétitions, des motions de censure, des élections ou des grèves perlées. Il tombera peut-être sous les coups d’une classe sociale qui a de moins en moins à perdre.
Le Premier ministre a annoncé ses orientations budgétaires pour 2026. Pour l'association Attac, ses propositions vont « affaiblir davantage les services publics et la protection sociale, quitte à augmenter encore la pauvreté et les inégalités ». L'organisation avance des propositions alternatives. Car « un autre budget est vital ! »
Mardi 15 juillet, le premier ministre issu d’un gouvernement minoritaire a annoncé le plan d’économie le plus violent que nous ayons récemment connu. Le programme est simple : prendre aux pauvres, aux fonctionnaires, aux malades, aux salariés, aux retraités pour pouvoir continuer de donner aux riches. Que contient son plan et pourquoi cela représente-t-il un tournant que nous ne devons pas tolérer ?
Le gouvernement de François Bayrou est à la recherche de 40 milliards pour les comptes publics. La question de la progressivité des efforts à faire d’un point de vue fiscal constitue certainement un tabou largement partagé par l’ensemble des gouvernements, plus ou moins légitimes, qui se sont succédés depuis 2017. Il faudra donc surtout faire des économies (tout en augmentant finalement plus ou moins discrètement les recettes en se dispensant de toute réflexion relative à la justice sociale en la matière).
Examinée le 26 mai par les députés, la loi Duplomb constitue un concentré de régressions environnementales, inspirées par l'agro-business. Le gouvernement compte sur les voix du RN pour éviter le débat.
Le rapporteur Les Républicains (LR) Julien Dive a déposé, le 26 mai, une motion de rejet préalable de la proposition de loi Duplomb, qui a été largement adoptée en séance publique (274 voix pour, 121 contre - le détail des votes ici), en vue de contourner les amendements écologistes et insoumis. Cosignée par les présidents des quatre principaux groupes du bloc central, Laurent Wauquiez (LR), Marc Fesneau (Modem), Gabriel Attal (Ensemble), et Paul Christophe (Horizons), la motion a reçu le soutien des députés Rassemblement national (RN), qui ont permis de dégager une majorité. Elle a été dénoncée par la gauche, y compris le Parti socialiste.
Le texte est considéré comme rejeté par l’Assemblée nationale sans examen dans l’hémicycle. Il fera désormais l’objet d’une commission mixte paritaire (CMP), qui pourrait se réunir la semaine du 10 juin. Les sept députés et sénateurs négocieront un compromis à partir de la version du texte adoptée au Sénat en janvier dernier. La version de la proposition de loi issue de la CMP sera ensuite soumise au vote du Parlement, sans possibilité pour les élus de déposer de nouveaux amendements, sauf accord du gouvernement.
Nouvel épisode de l’émission “Les Indiscrets” de Nils Wilcke, une plongée dans les coulisses de la politique française telle qu’on la raconte peu, c’est-à-dire sans fards ni éléments de langage.
Au sommaire :
A peine nommé, le Premier ministre Michel Barnier ne tient plus du tout sa classe… C’est le chaos au sein et en dehors du Conseil des ministres. Pourquoi ne parvient-il pas à imposer à ses ministres ses consignes de modestie, contre la culture de l’esbroufe et de la communication tous azimuts ? Comment expliquer qu’il ait déjà été obligé de procéder à trois recadrages en quelques jours ? Et si Gabriel Attal ou un autre, faisait souffler un vent d’insubordination dans le nouvel attelage gouvernemental ?
Dernières nouvelles de la Macronie entre les malheurs de Prisca Thévenot face à la montée en puissance de Maud Bregeon, la rébellion anti-RN surjouée d’Antoine Armand et de Agnès Pannier-Runacher…
Qui est vraiment Bruno Retailleau, dont la présence place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, inspire à Nils cette expression, tirée d’un vieux film français : “Peur sur la ville”.
Et dernier sujet : que se passe-t-il donc entre Macron et son opposante de choix, Marine Le Pen ? Complicité ou jeu de dupes ?
Au-delà des refus d'Emmanuel Macron, un autre coup de force, bien plus grave, se déroule là où personne ne regarde. L'actuel gouvernement démissionnaire-démissionné gouverne sur le fondement d'une note de ses propres services, qui estime le gouvernement incensurable tout en lui attribuant d'importants pouvoirs de décision. Cela pourrait redéfinir le régime.