La chaîne d’extrême droite CNews est non seulement une machine à produire des outrances racistes mais aussi une usine de fabrication et de diffusion de fake news. Pour tenter d’objectiver, au moins partiellement, ce dernier phénomène, quoi de plus efficace que de prendre un programme, presque au hasard, et de compter, tout simplement, les fake news énoncées à l’antenne ? Une tâche à laquelle Blast s’est consacré, avec cet éloquent résultat : plus de 20 fake news en 1h30 d’émission « 100% Politique » le 23 mars, soit environ une toutes les quatre minutes.
Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police.
Excuses forcées pour une ironie sur Éric Ciotti, indulgence pour des fake news visant LFI, recrutement de chroniqueurs issus de CNews : Franceinfo TV prend un virage éditorial droitier qui inquiète en interne. Journalistes et syndicats dénoncent une complaisance avec la droite et l’extrême droite, une course à l’audience et une imitation des médias privés. Ces pratiques mettent à mal les devoirs de neutralité, de professionnalisme et de rigueur propres au service public. Enquête et témoignages.
Face à ce qui nous arrive depuis une décennie sur la planète entière, et qui pourrait connaître, dans le canton français, un moment de bascule avec les élections présidentielles, nous en sommes encore à la difficulté de le nommer. Chaque fois qu’on prononce le mot « fascisme », nous avons droit, de la part de ceux qui s’y connaissent, à des leçons d’Histoire basées sur leur propre kit théorique. C’est ainsi que les camarades de Temps Critiques nous expliquent que « les continuités sont interrompues » avec le fascisme d’appellation contrôlée, né de la Grande guerre, et que l’antifascisme d’aujourd’hui ne serait qu’une « bataille d’imageries » débouchant, en France, à des affrontements « entre bande-rackets ». Nous butons là sur une difficulté familière à quiconque souhaite une rupture collective de l’humanité avec la société capitaliste industrielle, l’usure de mots épuisés par les trahisons, les défaites et les défigurations politiciennes.
Faut-il refuser toute tribune à l’extrême droite dans les médias et dans les coalitions pour endiguer sa montée ? En Belgique, médias et politiques ont établi un tel cordon sanitaire, qui a porté ses fruits, explique le chercheur Benjamin Biard.
Même après des années à écouter les matinales, disséquer les questions des éditorialistes, on est encore parfois surpris. La surprise d'abord, puis la révolte et une pincée d'écœurement.
Ce matin, 17 mars, deux jours après le premier tour des élections municipales, Apolline de Malherbe reçoit dans son émission quotidienne sur RMC Story, Apolline Matin, Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis, élu triomphalement dès le premier tour.
Aux États-Unis, l’escalade militaire qui a démarré le 28 février en Iran ne peut être comprise uniquement à partir de logiques militaires ou diplomatiques. Elle s’inscrit également dans un champ symbolique et religieux dense, où traditions théologiques et narrations identitaires et imaginaires eschatologiques divers contribuent à légitimer, à contester ou à réinterpréter la violence des armes.
En tant qu’observatoire de l’extrême droite, il nous revenait de fournir une analyse sur les effets du meurtre de Quentin Deranque, battu à mort par des militants antifascistes. L’idée est ici d’interroger les assises de l’extrême droite lyonnaise comme élément de contexte de cette violence en tout point détestable ; mais aussi d’observer ce que cette séquence a produit en termes de légitimation toujours plus rapide des idées d’extrême droite et désormais des groupuscules d’ultra droite afférents.
Votre alliance avec le RN est désormais officielle. Je suis satisfaite que votre vocabulaire ait trahi votre projet idéologique. Utiliser une expression du xénophobe Maurras n'a fait que mettre en lumière le socle sur lequel repose votre carrière politique : une haine profonde de l'antiracisme et de l'antifascisme, votre haine raciale et religieuse.
On rappelle que le parti avec lequel vous vous alliez a été créé par des Waffen-SS, des criminels de guerre dont des antisémites. Votre propagande qui instrumentalise la lutte contre l'antisémitisme est uniquement destinée à museler les voix qui soutiennent le peuple Palestinien et plus largement à criminaliser la gauche antiraciste qui s'oppose à votre projet islamophobe et ségrégationniste.
Vous êtes le pire de ce que peut produire la politique politicarde : une opportuniste uniquement animée par son besoin maladif de pouvoir. Et quoique vous fassiez ou disiez pour détourner l'attention de l'opinion : pensez-vous réellement nous faire oublier que vous avez couvert des cas de maltraitances dans des crèches privées, que vous avez menti lors d'une commission d'enquête ? Une ex-ministre des solidarités et des familles qui couvre des cas de négligences et de violences envers les enfants... c'est aussi ça la France de Macron.
Votre opportunisme qui n'a donc aucune limite... puisque vous faites aussi dans l'ingérence étrangère en vous faisant le relais de la propagande du gouvernement israélien au même moment où ce dernier colonise et annexe la Cisjordanie en violation totale du Droit international, au même moment où il reconnaît 70000 Palestiniens tués (parce qu'au fond ce chiffre l'arrange).
Savez-vous chère Aurore à quel autre moment de l'Histoire de France la gauche a été autant criminalisée et destestée ? Dans les années 30. Malgré la période sombre que nous vivons (nous, pas vous), j'ai espoir en l'avenir et je sais que vous ferez partie des personnes qui devront rendre des comptes devant la justice. Vos anciens "amis" vous jetteront en pâture parce qu'au final vous n'êtes que leur sous-fifre, leur idiote utile qui, assoiffée de pouvoir et attirée par la lumière tel un éphémère, n'est là que pour repousser la fenêtre d’Overton.
Madame Bergé, vous êtes éphémère.
Gaza avait parachevé la ruine morale et éthique des élites politiques et médiatiques françaises. L'affaire Quentin finalise leur mue fasciste.
De l’autre côté de l’Atlantique, la haine viscérale de toute idée de gauche, fut-elle modérée, s’est matérialisée dans le traitement gouvernemental et journalistique des meurtres de Renee Good et d’Alex Pretti, deux manifestants qui protestaient contre les méthodes de la police de l’immigration américaine. À peine criblés de balles par des agents de l’autorité publique, l’appareil étatique et les médias les qualifiaient de « terroristes » concluant ainsi une campagne incessante visant à diaboliser la gauche radicale et les antifas, bête noire de la renaissance fasciste à laquelle on assiste en Occident.
En France, la France Insoumise, mouvement politique de rupture se disant de gauche radicale, est de toutes parts confrontée depuis plus de deux ans aux tirs de barrages mensongers visant à repeindre en antisémitisme son soutien à la cause palestinienne et sa dénonciation du génocide commis par l’état d’Israël. Quelques jours après avoir été requalifiée, sans le moindre motif ni la plus petite évolution programmatique, en extrême-gauche, la mort de Quentin D. après une confrontation entre milices d’extrême-droite et militants antifas, arrive à point pour redynamiser une diabolisation en perte de vitesse et même contre-productive.
L’édification d’un nouveau mur de mensonges a démarré avant même la déclaration de décès du jeune homme, alors plongé en coma artificiel dans un hôpital lyonnais, dépeint instantanément comme le gendre idéal, dans l’indifférence et le mépris des faits et surtout du contexte lyonnais, faisant fi de la méconnaissance qu’on en avait et laissant libre cours à l’empressement de pointer du doigt les coupables idéals. La curée a dès lors pu commencer.
«On peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât» : Némésis organise des guet-apens.
Depuis la mort de Quentin Deranque, les militantes de Némésis n’ont pas arrêté d’aller de plateaux en plateaux pour répandre des mensonges éhontés, et imposer un récit victimaire : leur ami «pacifiste» serait tombé dans un guet-apens tendu par les antifas. C’est littéralement l’inverse qui s’est produit. Le journal l’Humanité fait voler un peu plus en éclat le narratif de l’extrême droite.
Le journaliste Thomas Lemahieu révèle aujourd’hui que les militantes de Némésis et leurs soi-disant service d’ordre organisent des actions de tractage ou de collage d’autocollants comme appât, afin de tendre des embuscades aux antifascistes. Ces éléments confirment ce que nous disons depuis le début et corroborent les nombreux témoignages que nous avons pu recueillir : le 12 février les camarades néonazis de Némésis n’étaient pas là pour «protéger» les militantes identitaires mais pour cogner sur des militants de gauche par surprise.
Toutes les chaînes de télé commentent avec enthousiasme le défilé d'extrême droite organisé samedi à Lyon et qui s'est déroulé dans le calme.
Nous franchissons des paliers vertigineux de jour en jour. Ce dimanche 22 février, toutes les chaînes de télévision nationales commentent avec enthousiasme le défilé d’extrême droite organisé la veille à Lyon. Déposée par une militante néo-nazie, rejointe par l’extrême droite la plus radicale de toute la France et des pays voisins, désavouée par la famille de Quentin Deranque, ponctuée de saluts nazis et d’injures racistes, elle a beaucoup plu aux éditorialistes.
Parce que les liens entre police et extrême-droite sont structurels et personnels : histoire d'une impunité organisée.
Depuis la mort du nazillon Quentin Deranque, dont il a été démontré que la mort a été causée par le guet-apens tendu par son groupe de néo-nazis armés qui a blessé des antifascistes, aucun des nervis d’extrême-droite n’a été interpellé. Depuis nous avons également rappelé sur notre média de nombreuses histoires récentes révélant de manière flagrante comment l’extrême-droite agresse et tue en toute impunité depuis des années.
La question que l’on doit se poser, c’est quelles sont les raisons de cette impunité ? Pourquoi, à Lyon, on recense 102 agressions fascistes depuis 2010, dont 70% sont restées impunies ? Comment, à Nantes et dans de nombreuses villes, nous constatons la multiplications d’attaques d’extrême droite, parfois sous les yeux de la police, sans réaction ?
Au-delà de la justification (bien réelle) de l’adhésion du corps policier aux idées d’extrême-droite, il y a une raison très simple : il existe des liens directs entre les groupes d’extrême-droite et les services de police.
Mars 2023 : c’était il y a presque trois ans, cela aurait dû être un scandale d’État qui aurait provoqué un débat national sur la violence d’extrême droite et son impunité. Mais il n’en a rien été. La quasi-totalité de la population française n’a probablement jamais entendu parler de cet attentat : des néo-nazis qui ont tenté de bruler vif, dans son sommeil, le maire d’une commune de Loire-Atlantique. Et l’absence totale de réaction de l’État qui a poussé cet élu, terrifié, à démissionner.
Donc ils ont eu une éducation. Ils sont allés aux écoles — enfin à Sciences-Po, ou en école de journalisme. Donc on leur a enseigné. Donc, ils ont appris. Ils ont appris l'Histoire. L'ont régurgitée — dans des copies, puis dans des articles, dans des discussions mondaines. Ils ont vu des documentaires — sur Arte. Des films. Sur la montée. Sur ce qui s'est passé, les processus à l'œuvre, les accélérations. À quoi les processus ont conduit. Ils ont été invités — et ont invité — à « méditer ». Comment tout ça avait bien pu se passer. Au milieu de quelle inconscience, de quelle passivité, de quelles faillites, politiques, intellectuelles, morales. Après quoi, ils ont solennellement juré que « plus jamais ». Donc ils savent. Normalement.