Votre alliance avec le RN est désormais officielle. Je suis satisfaite que votre vocabulaire ait trahi votre projet idéologique. Utiliser une expression du xénophobe Maurras n'a fait que mettre en lumière le socle sur lequel repose votre carrière politique : une haine profonde de l'antiracisme et de l'antifascisme, votre haine raciale et religieuse.
On rappelle que le parti avec lequel vous vous alliez a été créé par des Waffen-SS, des criminels de guerre dont des antisémites. Votre propagande qui instrumentalise la lutte contre l'antisémitisme est uniquement destinée à museler les voix qui soutiennent le peuple Palestinien et plus largement à criminaliser la gauche antiraciste qui s'oppose à votre projet islamophobe et ségrégationniste.
Vous êtes le pire de ce que peut produire la politique politicarde : une opportuniste uniquement animée par son besoin maladif de pouvoir. Et quoique vous fassiez ou disiez pour détourner l'attention de l'opinion : pensez-vous réellement nous faire oublier que vous avez couvert des cas de maltraitances dans des crèches privées, que vous avez menti lors d'une commission d'enquête ? Une ex-ministre des solidarités et des familles qui couvre des cas de négligences et de violences envers les enfants... c'est aussi ça la France de Macron.
Votre opportunisme qui n'a donc aucune limite... puisque vous faites aussi dans l'ingérence étrangère en vous faisant le relais de la propagande du gouvernement israélien au même moment où ce dernier colonise et annexe la Cisjordanie en violation totale du Droit international, au même moment où il reconnaît 70000 Palestiniens tués (parce qu'au fond ce chiffre l'arrange).
Savez-vous chère Aurore à quel autre moment de l'Histoire de France la gauche a été autant criminalisée et destestée ? Dans les années 30. Malgré la période sombre que nous vivons (nous, pas vous), j'ai espoir en l'avenir et je sais que vous ferez partie des personnes qui devront rendre des comptes devant la justice. Vos anciens "amis" vous jetteront en pâture parce qu'au final vous n'êtes que leur sous-fifre, leur idiote utile qui, assoiffée de pouvoir et attirée par la lumière tel un éphémère, n'est là que pour repousser la fenêtre d’Overton.
Madame Bergé, vous êtes éphémère.
Gaza avait parachevé la ruine morale et éthique des élites politiques et médiatiques françaises. L'affaire Quentin finalise leur mue fasciste.
De l’autre côté de l’Atlantique, la haine viscérale de toute idée de gauche, fut-elle modérée, s’est matérialisée dans le traitement gouvernemental et journalistique des meurtres de Renee Good et d’Alex Pretti, deux manifestants qui protestaient contre les méthodes de la police de l’immigration américaine. À peine criblés de balles par des agents de l’autorité publique, l’appareil étatique et les médias les qualifiaient de « terroristes » concluant ainsi une campagne incessante visant à diaboliser la gauche radicale et les antifas, bête noire de la renaissance fasciste à laquelle on assiste en Occident.
En France, la France Insoumise, mouvement politique de rupture se disant de gauche radicale, est de toutes parts confrontée depuis plus de deux ans aux tirs de barrages mensongers visant à repeindre en antisémitisme son soutien à la cause palestinienne et sa dénonciation du génocide commis par l’état d’Israël. Quelques jours après avoir été requalifiée, sans le moindre motif ni la plus petite évolution programmatique, en extrême-gauche, la mort de Quentin D. après une confrontation entre milices d’extrême-droite et militants antifas, arrive à point pour redynamiser une diabolisation en perte de vitesse et même contre-productive.
L’édification d’un nouveau mur de mensonges a démarré avant même la déclaration de décès du jeune homme, alors plongé en coma artificiel dans un hôpital lyonnais, dépeint instantanément comme le gendre idéal, dans l’indifférence et le mépris des faits et surtout du contexte lyonnais, faisant fi de la méconnaissance qu’on en avait et laissant libre cours à l’empressement de pointer du doigt les coupables idéals. La curée a dès lors pu commencer.
«On peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât» : Némésis organise des guet-apens.
Depuis la mort de Quentin Deranque, les militantes de Némésis n’ont pas arrêté d’aller de plateaux en plateaux pour répandre des mensonges éhontés, et imposer un récit victimaire : leur ami «pacifiste» serait tombé dans un guet-apens tendu par les antifas. C’est littéralement l’inverse qui s’est produit. Le journal l’Humanité fait voler un peu plus en éclat le narratif de l’extrême droite.
Le journaliste Thomas Lemahieu révèle aujourd’hui que les militantes de Némésis et leurs soi-disant service d’ordre organisent des actions de tractage ou de collage d’autocollants comme appât, afin de tendre des embuscades aux antifascistes. Ces éléments confirment ce que nous disons depuis le début et corroborent les nombreux témoignages que nous avons pu recueillir : le 12 février les camarades néonazis de Némésis n’étaient pas là pour «protéger» les militantes identitaires mais pour cogner sur des militants de gauche par surprise.
Toutes les chaînes de télé commentent avec enthousiasme le défilé d'extrême droite organisé samedi à Lyon et qui s'est déroulé dans le calme.
Nous franchissons des paliers vertigineux de jour en jour. Ce dimanche 22 février, toutes les chaînes de télévision nationales commentent avec enthousiasme le défilé d’extrême droite organisé la veille à Lyon. Déposée par une militante néo-nazie, rejointe par l’extrême droite la plus radicale de toute la France et des pays voisins, désavouée par la famille de Quentin Deranque, ponctuée de saluts nazis et d’injures racistes, elle a beaucoup plu aux éditorialistes.
Parce que les liens entre police et extrême-droite sont structurels et personnels : histoire d'une impunité organisée.
Depuis la mort du nazillon Quentin Deranque, dont il a été démontré que la mort a été causée par le guet-apens tendu par son groupe de néo-nazis armés qui a blessé des antifascistes, aucun des nervis d’extrême-droite n’a été interpellé. Depuis nous avons également rappelé sur notre média de nombreuses histoires récentes révélant de manière flagrante comment l’extrême-droite agresse et tue en toute impunité depuis des années.
La question que l’on doit se poser, c’est quelles sont les raisons de cette impunité ? Pourquoi, à Lyon, on recense 102 agressions fascistes depuis 2010, dont 70% sont restées impunies ? Comment, à Nantes et dans de nombreuses villes, nous constatons la multiplications d’attaques d’extrême droite, parfois sous les yeux de la police, sans réaction ?
Au-delà de la justification (bien réelle) de l’adhésion du corps policier aux idées d’extrême-droite, il y a une raison très simple : il existe des liens directs entre les groupes d’extrême-droite et les services de police.
Mars 2023 : c’était il y a presque trois ans, cela aurait dû être un scandale d’État qui aurait provoqué un débat national sur la violence d’extrême droite et son impunité. Mais il n’en a rien été. La quasi-totalité de la population française n’a probablement jamais entendu parler de cet attentat : des néo-nazis qui ont tenté de bruler vif, dans son sommeil, le maire d’une commune de Loire-Atlantique. Et l’absence totale de réaction de l’État qui a poussé cet élu, terrifié, à démissionner.
Donc ils ont eu une éducation. Ils sont allés aux écoles — enfin à Sciences-Po, ou en école de journalisme. Donc on leur a enseigné. Donc, ils ont appris. Ils ont appris l'Histoire. L'ont régurgitée — dans des copies, puis dans des articles, dans des discussions mondaines. Ils ont vu des documentaires — sur Arte. Des films. Sur la montée. Sur ce qui s'est passé, les processus à l'œuvre, les accélérations. À quoi les processus ont conduit. Ils ont été invités — et ont invité — à « méditer ». Comment tout ça avait bien pu se passer. Au milieu de quelle inconscience, de quelle passivité, de quelles faillites, politiques, intellectuelles, morales. Après quoi, ils ont solennellement juré que « plus jamais ». Donc ils savent. Normalement.
Après la mort du militant d’extrême droite, jeudi 12 février à la suite d’une rixe, l’avocat lyonnais Olivier Forray, qui défend les victimes de l’extrême droite à Lyon, revient sur les évènements et pointe un laxisme des autorités face aux groupes d’extrême droite qui a créé les conditions de ce drame.
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Les milices d’extrême droite défilent dans les rues, à Lyon et ailleurs. Et on va les laisser faire au prétexte que c’est l’extrême gauche qui tue. Mais si la mort n’est jamais une solution, les conditions de ce qu’il s’est passé, ce n’est pas l’extrême gauche qui les a créées, mais bien l’État, la police et l’extrême droite.
Le 12 février alors que Rima Hassan intervenait lors d’une conférence à l’IEP de Lyon, le groupe de « féministes » identitaires racistes Némésis accompagné de son service d’ordre ont tenté de s’introduire dans la conférence et de la perturber. A l’issue d’un affrontement avec des militants antifascistes, un des nationalistes finit à l’hôpital. Retour sur une mort prévisible, l’emballement médiatique qui s’ensuit et la nécessité de tenir une ligne antifasciste face à la vague brune qui s’annonce.
Désintox : ce n'est pas la France Insoumise qui s'est «radicalisée», c'est tout l'échiquier politique qui s'est droitisé.
C’est officiel : le Ministère de l’Intérieur a publié le 2 février une circulaire visant à classer La France Insoumise comme étant un parti «d’extrême gauche» avant les élections municipales. Jusqu’ici, il était classé à «gauche». C’est un scoop : plus de 7 millions de personnes auraient donc voté pour l’extrême gauche en France en 2022, et plusieurs villes s’apprêtent à basculer à «l’extrême gauche».
Dans les médias, la Coordination rurale se dit apolitique. Pourtant, certains de ses cadres cultivent parfois des liens avec des membres des partis d’extrême droite ou fraient avec la radicalité de cette mouvance. Focus sur quatre d’entre eux.
Apolitique, le syndicat agricole de la Coordination rurale ? C’est ce que défendent ses cadres auprès de StreetPress et de Reporterre. Pourtant, sur leurs réseaux sociaux ou en privé, les mêmes font étalage de leurs sympathies pour les élus d’extrême droite ou partagent les propos de militants identitaires. De quoi flouter la frontière entre le syndicat agricole, le parti lepéniste et les franges violentes de l’extrême droite radicale.
À Blast, dans un contexte où les médias dominants sont légions, nous travaillons à la vulgarisation des acquis les plus universels, les plus émancipateurs de la recherche et des savoirs critiques... et ce n’est pas une mince affaire. Contre les offensives anti-intellectualistes qui nourrissent les dynamiques d’exclusion et de haine, nous vous l’avons annoncé, notre ambition est d’accorder, en plus des entretiens, des Focus qui ont une grande importance dans notre offre éditoriale un nouvel espace privilégié à ces penseurs. Cet espace de « temps critiques », c’est le nom que prendra cette nouvelle case déclinée en cycles, nous sommes heureux de l’inaugurer avec Johan Chapoutot, sous la forme d’un Abécedaire exceptionnel.
Cher Arno Klarsfeld,
Quelle semaine !
Samedi 24 janvier, vous déclariez, au cours de l’émission « Punchline week-end », diffusée sur CNews, « [que] si on veut se débarrasser des OQTF il faut organiser, comme fait Trump avec ICE, des sortes de grandes rafles un peu partout », ce qui est non seulement particulièrement dégueulasse en soi mais l’est encore un peu plus lorsque l’on revendique comme vous une identité de petit-fils de déportés et de fils de chasseurs de nazis, puissent la honte, l’indignité et le déshonneur vous poursuivre à tout jamais. Ne vous arrêtant pas en si bon chemin, vous avez poursuivi votre très sagace raisonnement en expliquant, en référence au meurtre de Renee Good, abattue d’une balle dans la tête par les agents de ICE le 7 janvier à Minneapolis, que pour réaliser ces « grandes rafles » il était nécessaire de mettre en œuvre « une stratégie politique avec l’intention même de commettre parfois des injustices », légitimant la mise au rebut de l’État de droit et les crimes commis par la milice de Donald Trump, félicitations à vous.
Le rapport annuel 2025 publié par l’institut V-Dem révèle que, pour la première fois depuis plus de deux décennies, il y a plus de régimes autocratiques que de démocraties dans le monde. Parmi les quatre principaux facteurs en cause, le directeur de l’institut identifie la montée du nationalisme et de l’extrême droite dans le monde entier mais surtout en Europe et aux États-Unis. Il explique « On retrouve des discours autoritaires ou hostiles au pluralisme. De mon point de vue, on peut même aller jusqu’à comparer ces discours d’aujourd’hui avec ceux des années 1930. C’est très préoccupant. »
Blast documente depuis sa création la percée de ces discours, la montée en puissance des mouvances d’extrêmes droite partout à travers le monde, qui à certains endroits gouvernent, et à d’autres exercent une influence non négligeable sur les gouvernements sans être officiellement au pouvoir. Dans tous les cas, ces mouvements, ces partis mettent en danger les droits humains et la démocratie. Le philosophe Michaël Foessel parle de “fascisation du monde qui affaiblit l’Etat de droit et renforce un pouvoir oligarchique qui pèse de tout son poids sur les gouvernements”.
Mais si cette documentation et ces recherches peuvent donner l’impression que tout ceci est une fatalité, rien n’est moins sûr. À mesure que les extrêmes droites progressent, les mouvements de résistance se multiplient et se consolident eux aussi. Manifestations, actions de désobéissance, contre pouvoir institutionnels ou auto-organisation… Partout dans le monde, des mouvements variés s’opposent activement à la montée des extrêmes droites, avec beaucoup de créativité et de courage.
Fin décembre 2025, WhiteDate, le « Tinder » des suprémacistes blancs, a été piraté, exposant des milliers de profils jusque-là invisibles. Parmi les 380 français inscrits, l’étude d’une trentaine de comptes aide à comprendre qui cherche l’amour sur ce site de rencontres radicalisé, réservé aux partisans d’une Europe blanche.
Débats empêchés, échoppes attaquées, libraires intimidés, et, désormais, procédures judiciaires : ces derniers mois, les librairies indépendantes ont été la cible de menaces et d’intimidations de plus en plus nombreuses en raison des ouvrages qu’elles valorisent ou de leurs positionnements politiques. Une tendance inquiétante dénoncée par les professionnels du secteur.