Et si l’affaire Thélyson Orélien disait tout autre chose que ce qu’on lui fait dire ? Derrière le procès en écriture artificielle se rejoue une très vieille question littéraire : qui est vraiment l’auteur d’un texte ? De Roland Barthes à l’intelligence artificielle, jusqu’au bûcher contemporain de l’économie de l’attention, petite histoire de trois morts de l’auteur.
Quelques mots à propos de la polémique qui enfle et enfle encore au sujet du roman « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien. « Il paraît » qu’il aurait été en grande partie écrit par une IA. « On dit que » des détecteurs d’IA identifient des passages entiers comme « utilisant l’IA« . Les mêmes détecteurs qui sur à peu près n’importe quel texte classique du 18ème, 19ème siècle ou d’avant (donc de l’époque où les IA n’existaient pas) affirment avec autant d’assurance qu’ils ont aussi été écrits avec l’aide de l’IA.
Comment expliquer la montée de l'extrême droite et les références au nazisme dans de nombreux partis de la droite radicale? Peut-être en revenant aux sources. C'est ce que fait notre invité, l'historien Johann Chapoutot dans son dernier livre "La Bascule : Allemagne 1933".
À travers l'étude minutieuse des premiers mois du régime hitlérien, Johann Chapoutot montre que l'effondrement d'une démocratie ne résulte pas seulement de l'action de ses ennemis déclarés. Il repose aussi sur les calculs, les renoncements et les accommodements de ceux qui pensent pouvoir tirer profit de la situation. "Le pire n'est jamais sûr." Une conclusion qui donne à cette enquête historique une résonance particulièrement contemporaine.
Casseurs cagoulés ? Militants ultra violents ? Nouveau terrorisme d’ultra gauche ? Mais au fond, qui sont vraiment les antifas ? Blast vous propose de revenir aux sources du mouvement antifasciste, pour mieux comprendre son histoire et ses héritiers. Des résistants contre le nazisme, aux militants des luttes de libération nationales, en passant par les insurgés de 68 et les chasseurs de skin des années 80, cette histoire de l’antifascisme retrace ce fil rouge qui a accompagné un siècle de luttes et de révoltes jusqu’à aujourd’hui.
Si vous avez un compte chez BNP Paribas, la Société Générale, la Banque Populaire, la Caisse d’Épargne, le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole ou la Banque Postale, votre banque va peut-être contribuer à l’effort de financement de la campagne de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027, grâce à l’entremise du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Des familles de victimes de la police insultées par des députés en plein hémicycle pour avoir réclamé la justice.
On décrit souvent les classes populaires comme étant «violentes» et «mal éduquées», alors que la vraie sauvagerie se trouve bien souvent au sein de la bourgeoisie, dans les salons feutrés, de la part de gens calmes et polis, habillés en costumes hors de prix.
La normalisation des idées d’extrême droite passe aussi par des partis considérés comme plus modérés. C’est ce que montre une enquête sur les déclarations de politique générale des premiers ministres depuis 1959. L’un des résultats les plus marquants est le rôle des chefs de gouvernements « centristes » (notamment Édouard Philippe, Jean Castex et Gabriel Attal) dans la diffusion des idées d’extrême droite.
Face à la tribune du collectif Zapper Bolloré, la main sur le coeur, réalisateurs et producteurs ont fièrement brandi leur attachement à leur liberté. Ils ont déclaré qu’ils n’accepteraient aucune censure, ni pression idéologique. On verra si ce genre de déclaration de principes suffit. Mais en réalité… on ne le verra pas, puisque par nature, l’autocensure est ce qui permet la construction silencieuse et invisible du conformisme.
Canal+ s’attaque désormais aux voix critiques du cinéma. La menace est claire : plus de boulot pour ceux qui s’opposent à l’empire Bolloré. Ce qui se joue dépasse l’avenir du cinéma. Il en va de la capacité de la société à résister à l’emprise d’un pouvoir privé devenu projet politique.
Qu’attendre d’un rapport sur l’audiovisuel public rédigé par un député d’extrême droite ? Pas grand-chose, assurément. A fortiori lorsque l’on a suivi les auditions et les débats de la commission d’enquête parlementaire dont ce document est issu, qui ont ressemblé à un long et laborieux procès, avec le député ciottiste Charles Alloncle dans le rôle du petit procureur maccarthyste. Ce dernier, soutenu dans son entreprise par les médias de la galaxie Bolloré, a finalement rédigé un rapport qui, s’il n’appelle pas ouvertement à la privatisation/liquidation de France Télévisions et Radio France, formule une liste de préconisations qui donnent une idée assez précise de l’idée que l’extrême droite se fait des médias, de la démocratie et de la liberté d’informer. Une vision face à laquelle il ne suffit pas d’opposer une défense de l’audiovisuel public tel qu’il est, mais bien celle d’un projet ambitieux : pour un véritable service public de l’information et de la culture, émancipé du pouvoir politique, protégé des puissances économiques et pleinement acteur de l’exercice du débat démocratique.
LinkED - Cartographie interactive de l'extrême droite française
Explorez les liens et relations entre personnalités, organisations, médias et groupuscules de l'extrême droite en France.
Est-il possible d’avoir une vision complète de toutes les entités à l’œuvre pour faire entrer le Rassemblement national à l’Élysée ? Peut-on, avec un seul outil, comprendre ce qu’est cette galaxie, qu’il s’agisse de politiques, de militants, de groupuscules violents, d’entreprises, d’influenceurs, etc. ? Nous avons tenté de répondre à cette problématique.
Des élèves dans la peau de gendarmes réprimant une manifestation, d'autres qui jouent les surveillants de prison... Les « classes défense » se multiplient, sur fond de tensions géopolitiques, mais alarment parents, syndicalistes et chercheurs.
Bientôt un bac, mention patriote ? Le 25 mars dernier, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, annonce, au Forum de Paris pour la défense et la stratégie, que la participation aux classes « défense et sécurité globale » serait « mentionnée sur le diplôme du baccalauréat » et « valorisée sur Parcoursup ». Ces classes, adressées aux collégiens et lycéens dans le cadre de leur scolarité, dureront trois ans, contre un seul jusqu’à présent, et seront rebaptisées, au lycée, « classes de défense et de cohésion nationale ». Objectif : sensibiliser aux enjeux de défense dans un contexte international de montée des tensions et de menace de conflits. Mais, alors que ces classes sont en train de se généraliser, la manière dont certaines se déroulent laisse perplexe.
Disons-le un peu distinctement : ici, on ne pleure pas le limogeage d’Olivier Nora, ex-patron de Grasset, par Vincent Bolloré. On ne considère pas que les auteurs et autres éditeurs qui ont collectivement dénoncé ce congédiement sont de courageux héros du combat contre l’extrême droite. On tient même, tout au contraire, que dans cette bataille — car c’en est une —, tous font, à des degrés divers, partie du problème, et non de sa solution : voici pourquoi.