Après la mort du militant d’extrême droite, jeudi 12 février à la suite d’une rixe, l’avocat lyonnais Olivier Forray, qui défend les victimes de l’extrême droite à Lyon, revient sur les évènements et pointe un laxisme des autorités face aux groupes d’extrême droite qui a créé les conditions de ce drame.
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Les milices d’extrême droite défilent dans les rues, à Lyon et ailleurs. Et on va les laisser faire au prétexte que c’est l’extrême gauche qui tue. Mais si la mort n’est jamais une solution, les conditions de ce qu’il s’est passé, ce n’est pas l’extrême gauche qui les a créées, mais bien l’État, la police et l’extrême droite.
Le 12 février alors que Rima Hassan intervenait lors d’une conférence à l’IEP de Lyon, le groupe de « féministes » identitaires racistes Némésis accompagné de son service d’ordre ont tenté de s’introduire dans la conférence et de la perturber. A l’issue d’un affrontement avec des militants antifascistes, un des nationalistes finit à l’hôpital. Retour sur une mort prévisible, l’emballement médiatique qui s’ensuit et la nécessité de tenir une ligne antifasciste face à la vague brune qui s’annonce.
Désintox : ce n'est pas la France Insoumise qui s'est «radicalisée», c'est tout l'échiquier politique qui s'est droitisé.
C’est officiel : le Ministère de l’Intérieur a publié le 2 février une circulaire visant à classer La France Insoumise comme étant un parti «d’extrême gauche» avant les élections municipales. Jusqu’ici, il était classé à «gauche». C’est un scoop : plus de 7 millions de personnes auraient donc voté pour l’extrême gauche en France en 2022, et plusieurs villes s’apprêtent à basculer à «l’extrême gauche».
Dans les médias, la Coordination rurale se dit apolitique. Pourtant, certains de ses cadres cultivent parfois des liens avec des membres des partis d’extrême droite ou fraient avec la radicalité de cette mouvance. Focus sur quatre d’entre eux.
Apolitique, le syndicat agricole de la Coordination rurale ? C’est ce que défendent ses cadres auprès de StreetPress et de Reporterre. Pourtant, sur leurs réseaux sociaux ou en privé, les mêmes font étalage de leurs sympathies pour les élus d’extrême droite ou partagent les propos de militants identitaires. De quoi flouter la frontière entre le syndicat agricole, le parti lepéniste et les franges violentes de l’extrême droite radicale.
À Blast, dans un contexte où les médias dominants sont légions, nous travaillons à la vulgarisation des acquis les plus universels, les plus émancipateurs de la recherche et des savoirs critiques... et ce n’est pas une mince affaire. Contre les offensives anti-intellectualistes qui nourrissent les dynamiques d’exclusion et de haine, nous vous l’avons annoncé, notre ambition est d’accorder, en plus des entretiens, des Focus qui ont une grande importance dans notre offre éditoriale un nouvel espace privilégié à ces penseurs. Cet espace de « temps critiques », c’est le nom que prendra cette nouvelle case déclinée en cycles, nous sommes heureux de l’inaugurer avec Johan Chapoutot, sous la forme d’un Abécedaire exceptionnel.
Cher Arno Klarsfeld,
Quelle semaine !
Samedi 24 janvier, vous déclariez, au cours de l’émission « Punchline week-end », diffusée sur CNews, « [que] si on veut se débarrasser des OQTF il faut organiser, comme fait Trump avec ICE, des sortes de grandes rafles un peu partout », ce qui est non seulement particulièrement dégueulasse en soi mais l’est encore un peu plus lorsque l’on revendique comme vous une identité de petit-fils de déportés et de fils de chasseurs de nazis, puissent la honte, l’indignité et le déshonneur vous poursuivre à tout jamais. Ne vous arrêtant pas en si bon chemin, vous avez poursuivi votre très sagace raisonnement en expliquant, en référence au meurtre de Renee Good, abattue d’une balle dans la tête par les agents de ICE le 7 janvier à Minneapolis, que pour réaliser ces « grandes rafles » il était nécessaire de mettre en œuvre « une stratégie politique avec l’intention même de commettre parfois des injustices », légitimant la mise au rebut de l’État de droit et les crimes commis par la milice de Donald Trump, félicitations à vous.
Le rapport annuel 2025 publié par l’institut V-Dem révèle que, pour la première fois depuis plus de deux décennies, il y a plus de régimes autocratiques que de démocraties dans le monde. Parmi les quatre principaux facteurs en cause, le directeur de l’institut identifie la montée du nationalisme et de l’extrême droite dans le monde entier mais surtout en Europe et aux États-Unis. Il explique « On retrouve des discours autoritaires ou hostiles au pluralisme. De mon point de vue, on peut même aller jusqu’à comparer ces discours d’aujourd’hui avec ceux des années 1930. C’est très préoccupant. »
Blast documente depuis sa création la percée de ces discours, la montée en puissance des mouvances d’extrêmes droite partout à travers le monde, qui à certains endroits gouvernent, et à d’autres exercent une influence non négligeable sur les gouvernements sans être officiellement au pouvoir. Dans tous les cas, ces mouvements, ces partis mettent en danger les droits humains et la démocratie. Le philosophe Michaël Foessel parle de “fascisation du monde qui affaiblit l’Etat de droit et renforce un pouvoir oligarchique qui pèse de tout son poids sur les gouvernements”.
Mais si cette documentation et ces recherches peuvent donner l’impression que tout ceci est une fatalité, rien n’est moins sûr. À mesure que les extrêmes droites progressent, les mouvements de résistance se multiplient et se consolident eux aussi. Manifestations, actions de désobéissance, contre pouvoir institutionnels ou auto-organisation… Partout dans le monde, des mouvements variés s’opposent activement à la montée des extrêmes droites, avec beaucoup de créativité et de courage.
Fin décembre 2025, WhiteDate, le « Tinder » des suprémacistes blancs, a été piraté, exposant des milliers de profils jusque-là invisibles. Parmi les 380 français inscrits, l’étude d’une trentaine de comptes aide à comprendre qui cherche l’amour sur ce site de rencontres radicalisé, réservé aux partisans d’une Europe blanche.
Débats empêchés, échoppes attaquées, libraires intimidés, et, désormais, procédures judiciaires : ces derniers mois, les librairies indépendantes ont été la cible de menaces et d’intimidations de plus en plus nombreuses en raison des ouvrages qu’elles valorisent ou de leurs positionnements politiques. Une tendance inquiétante dénoncée par les professionnels du secteur.
Au delà des prétentions à l’émancipation, l’éducation nationale a toujours été structuellement un casernement, le relais de l’Etat, du capitalisme et du mensonge de « la-démocratie ». A présent, elle est le coeur de cible du processus néofasciste et militariste orchestré par les gouvernements et le système policier.
Les jeunes de tous âges, y compris dès la maternelle, sont de plus en plus souvent la cible de pratiques néofascistes décomplexées relayées par des flics extrême-droitisés, avec la pleine collaboration des directions d’établissements, ministres, élus locaux et autres dirigeants.
Le 3 décembre, les éditions Grasset, contrôlées par le groupe Bolloré ont publié un livre de l’avocat Richard Malka, qui a pour titre : « Passion antisémite. »
Il s’agit d’un pamphlet accusant La France insoumise d’être un parti passionnément antisémite. Une telle accusation n’est pas exactement nouvelle : cela fait des années que la droite française et ses journalistes d’accompagnement tentent d’installer dans l’opinion que l’antisémitisme serait passé de la droite à la gauche – comme pour mieux détourner l’attention de leurs propres complaisances et tolérances pour des personnages comme l’antisémite Charles Maurras, par exemple. Bien évidemment Richard Malka a été invité partout pour présenter son livre : il a notamment été reçu sur Europe 1, qui appartient, comme les éditions Grasset, au groupe Bolloré. Et c’est intéressant, parce que ça démontre que cet accusateur intransigeant sait parfois faire preuve d’une certaine souplesse – ou d’une certaine tolérance.
Vue plus de 6 millions de fois sur les réseaux sociaux, la photo dévoilée par Blast de policiers encagoulés, tenant une banderole féministe à l’envers, a beaucoup fait réagir. Et ce jusqu’au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez qui, interrogé ce dimanche 30 novembre, s’est lancé dans un exercice d’équilibriste tout particulier : condamner pour mieux excuser.