La canicule monte à la tête des réactionnaires, qui l’instrumentalisent pour tirer à boulets rouges sur les écologistes, jugés responsables de la situation. En se focalisant sur la question de la climatisation, ils oublient des enjeux bien plus larges.
C’est l’air du temps, une petite musique qui revient à chaque catastrophe dite « naturelle », quand le réchauffement climatique vient percuter frontalement nos vies. La canicule ? C’est la faute aux écolos qui ne veulent pas de la clim. Les incendies de forêt ? La faute aux écolos qui refusent de débroussailler. Les inondations ? C’est encore eux, qui préfèrent défendre le ragondin plutôt que de curer les cours d’eau. La crise agricole et la sécheresse, enfin ? Toujours les mêmes « idéologues » qui interdisent les mégabassines et les OGM prétendument résistants aux aléas climatiques.
Aujourd’hui, les écologistes seraient contre la clim. Ils nous auraient fait perdre un temps infini pour nous préparer aux prochaines vagues de chaleur, entend-on à longueur d’ondes. C’est en réalité plus compliqué que ça, comme nous l’expliquions dans cet entretien. Mais les voilà désormais jugés responsables des souffrances de la population et traités d’irresponsables.
Spécialiste de l’activisme climatique, le politologue Oscar Berglund documente dans une étude inédite la répression à laquelle font face les mouvements écologistes. Un phénomène mondial qui touche aussi l’Hexagone.
Un système de taxation carbone sur les produits de luxe a été mis au point par des scientifiques. Il est bon pour le climat et, en s’adaptant aux revenus de chacun, ne reproduit pas les inégalités.
Taxer les riches — ou du moins, les produits qu’ils utilisent —, c’est bon pour le climat et la justice sociale. C’est ce que montre une étude publiée le 11 juillet dans la revue One Earth, et réalisée par une équipe de cinq scientifiques des universités de Leeds (Angleterre) et de Lausanne (Suisse).