La normalisation des idées d’extrême droite passe aussi par des partis considérés comme plus modérés. C’est ce que montre une enquête sur les déclarations de politique générale des premiers ministres depuis 1959. L’un des résultats les plus marquants est le rôle des chefs de gouvernements « centristes » (notamment Édouard Philippe, Jean Castex et Gabriel Attal) dans la diffusion des idées d’extrême droite.
Face à la tribune du collectif Zapper Bolloré, la main sur le coeur, réalisateurs et producteurs ont fièrement brandi leur attachement à leur liberté. Ils ont déclaré qu’ils n’accepteraient aucune censure, ni pression idéologique. On verra si ce genre de déclaration de principes suffit. Mais en réalité… on ne le verra pas, puisque par nature, l’autocensure est ce qui permet la construction silencieuse et invisible du conformisme.
Canal+ s’attaque désormais aux voix critiques du cinéma. La menace est claire : plus de boulot pour ceux qui s’opposent à l’empire Bolloré. Ce qui se joue dépasse l’avenir du cinéma. Il en va de la capacité de la société à résister à l’emprise d’un pouvoir privé devenu projet politique.
Qu’attendre d’un rapport sur l’audiovisuel public rédigé par un député d’extrême droite ? Pas grand-chose, assurément. A fortiori lorsque l’on a suivi les auditions et les débats de la commission d’enquête parlementaire dont ce document est issu, qui ont ressemblé à un long et laborieux procès, avec le député ciottiste Charles Alloncle dans le rôle du petit procureur maccarthyste. Ce dernier, soutenu dans son entreprise par les médias de la galaxie Bolloré, a finalement rédigé un rapport qui, s’il n’appelle pas ouvertement à la privatisation/liquidation de France Télévisions et Radio France, formule une liste de préconisations qui donnent une idée assez précise de l’idée que l’extrême droite se fait des médias, de la démocratie et de la liberté d’informer. Une vision face à laquelle il ne suffit pas d’opposer une défense de l’audiovisuel public tel qu’il est, mais bien celle d’un projet ambitieux : pour un véritable service public de l’information et de la culture, émancipé du pouvoir politique, protégé des puissances économiques et pleinement acteur de l’exercice du débat démocratique.
LinkED - Cartographie interactive de l'extrême droite française
Explorez les liens et relations entre personnalités, organisations, médias et groupuscules de l'extrême droite en France.
Est-il possible d’avoir une vision complète de toutes les entités à l’œuvre pour faire entrer le Rassemblement national à l’Élysée ? Peut-on, avec un seul outil, comprendre ce qu’est cette galaxie, qu’il s’agisse de politiques, de militants, de groupuscules violents, d’entreprises, d’influenceurs, etc. ? Nous avons tenté de répondre à cette problématique.
Des élèves dans la peau de gendarmes réprimant une manifestation, d'autres qui jouent les surveillants de prison... Les « classes défense » se multiplient, sur fond de tensions géopolitiques, mais alarment parents, syndicalistes et chercheurs.
Bientôt un bac, mention patriote ? Le 25 mars dernier, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, annonce, au Forum de Paris pour la défense et la stratégie, que la participation aux classes « défense et sécurité globale » serait « mentionnée sur le diplôme du baccalauréat » et « valorisée sur Parcoursup ». Ces classes, adressées aux collégiens et lycéens dans le cadre de leur scolarité, dureront trois ans, contre un seul jusqu’à présent, et seront rebaptisées, au lycée, « classes de défense et de cohésion nationale ». Objectif : sensibiliser aux enjeux de défense dans un contexte international de montée des tensions et de menace de conflits. Mais, alors que ces classes sont en train de se généraliser, la manière dont certaines se déroulent laisse perplexe.
Disons-le un peu distinctement : ici, on ne pleure pas le limogeage d’Olivier Nora, ex-patron de Grasset, par Vincent Bolloré. On ne considère pas que les auteurs et autres éditeurs qui ont collectivement dénoncé ce congédiement sont de courageux héros du combat contre l’extrême droite. On tient même, tout au contraire, que dans cette bataille — car c’en est une —, tous font, à des degrés divers, partie du problème, et non de sa solution : voici pourquoi.
"Vous vous souvenez que quand il est revenu de l’investiture de Donald Trump qu’il connaît depuis des décennies, Bernard Arnault a déclaré : "Je reviens des USA et j’ai pu voir un vent d’optimisme. En France, c’est un peu la douche froide". Eh ben il n'y a qu’à Trumpiser la France, et pour ça il est pas mal Bardella. Et c’est pas mal qu’il soit avec cette princesse, regardez sa famille connaît la famille de Trump, alors certes c’est des bourgeois un peu plus vulgaires que les Arnault mais faut vivre avec son temps. C’est peut être ça qu’a appris Trump aux capitalistes du monde entier, il est peut être temps de se décomplexer un peu, de se lâcher, osez être ce que vous êtes, des capitalistes sans foi ni loi. Tout le vernis culturel, la discrétion, la fausse modestie tout ça il n'y a plus besoin, c’est fini, c’est la victoire de Mar a Lago sur l’Ivy League, de la vulgarité sur la culture, plus besoin de charmer quand on peut brutaliser et ça Bolloré l’avait compris depuis longtemps. Bardella, lui, doit encore charmer les français, je sais pas si cette histoire de princesse va aider, c’est pas sûr, mais il doit surtout charmer le patronat, pas seulement Arnault et Bolloré, tout le patronat français."
La chaîne d’extrême droite CNews est non seulement une machine à produire des outrances racistes mais aussi une usine de fabrication et de diffusion de fake news. Pour tenter d’objectiver, au moins partiellement, ce dernier phénomène, quoi de plus efficace que de prendre un programme, presque au hasard, et de compter, tout simplement, les fake news énoncées à l’antenne ? Une tâche à laquelle Blast s’est consacré, avec cet éloquent résultat : plus de 20 fake news en 1h30 d’émission « 100% Politique » le 23 mars, soit environ une toutes les quatre minutes.
Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police.
Excuses forcées pour une ironie sur Éric Ciotti, indulgence pour des fake news visant LFI, recrutement de chroniqueurs issus de CNews : Franceinfo TV prend un virage éditorial droitier qui inquiète en interne. Journalistes et syndicats dénoncent une complaisance avec la droite et l’extrême droite, une course à l’audience et une imitation des médias privés. Ces pratiques mettent à mal les devoirs de neutralité, de professionnalisme et de rigueur propres au service public. Enquête et témoignages.
Face à ce qui nous arrive depuis une décennie sur la planète entière, et qui pourrait connaître, dans le canton français, un moment de bascule avec les élections présidentielles, nous en sommes encore à la difficulté de le nommer. Chaque fois qu’on prononce le mot « fascisme », nous avons droit, de la part de ceux qui s’y connaissent, à des leçons d’Histoire basées sur leur propre kit théorique. C’est ainsi que les camarades de Temps Critiques nous expliquent que « les continuités sont interrompues » avec le fascisme d’appellation contrôlée, né de la Grande guerre, et que l’antifascisme d’aujourd’hui ne serait qu’une « bataille d’imageries » débouchant, en France, à des affrontements « entre bande-rackets ». Nous butons là sur une difficulté familière à quiconque souhaite une rupture collective de l’humanité avec la société capitaliste industrielle, l’usure de mots épuisés par les trahisons, les défaites et les défigurations politiciennes.