Le ministère de la Justice exige la dépublication de notre enquête mise en ligne en 2021 sur la complicité de la France dans des crimes commis par la dictature égyptienne. La chambre de l’instruction doit se prononcer le 8 juillet sur une éventuelle réouverture de l’enquête judiciaire qui avait reconnu l’intérêt public de nos révélations et mis hors de cause la journaliste Ariane Lavrilleux, à nouveau menacée par l’État.
« La mégabassine n’est que le symptôme de pratiques agroindustrielles qui vont causer notre perte », dit le militant Julien Le Guet dans ce grand entretien. Fer de lance de la lutte contre l’accaparement de l’eau, il subit une répression judiciaire.
Julien Le Guet est batelier dans le Marais poitevin et porte-parole du collectif Bassines non merci. Engagé de longue date dans la lutte pour l’eau et contre les mégabassines, il subit une répression judiciaire et a été condamné à six mois de prison aménagée sous forme d’assignation à résidence avec un bracelet électronique. Il a rarement eu l’occasion de s’exprimer en longueur. Exceptionnellement, il explique ici pourquoi les mégabassines sont nuisibles, comment le système agro-industriel détruit l’agriculture, comment le mouvement s’est relevé après la violence policière de Sainte-Soline et... l’avenir qu’il espère pour le Marais poitevin. « Des lendemains peuvent refleurir, des printemps peuvent chanter. »
« Faire patienter, c’est dominer »
Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hâtives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’État appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’enseignement supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.
Son opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.
La normalisation des idées d’extrême droite passe aussi par des partis considérés comme plus modérés. C’est ce que montre une enquête sur les déclarations de politique générale des premiers ministres depuis 1959. L’un des résultats les plus marquants est le rôle des chefs de gouvernements « centristes » (notamment Édouard Philippe, Jean Castex et Gabriel Attal) dans la diffusion des idées d’extrême droite.
Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l'État français voulait tuer. C'est ce que confirme l'enquête de Médiapart et Libération.
C’est une tentative d’homicide délibérée, lâche, incontestable, documentée. Un blindé de la gendarmerie, depuis le canon de tourelle, a envoyé en tir tendu et avec une force colossale une grenade sur une foule dense de manifestant·es. Serge a reçu la munition en pleine tête, faisant instantanément sauter son casque et fracturant son crâne. Cela aurait pu être n’importe qui d’autre dans ce cortège écologiste. Le 25 mars 2023 à Sainte-Soline, l’État français voulait tuer.
C’est ce que confirme l’enquête minutieuse de Médiapart et Libération, qui vient d’être mise en ligne ce mardi 26 mai. Les journalistes ont réalisé ce que la justice et la gendarmerie ont choisi de ne pas faire : un vrai travail d’investigation. Ils ont utilisé les images de 51 caméras de gendarmes déployées à Sainte-Soline, d’une centaine de caméras piétons, d’une tourelle de surveillance et de reporters présents dans la manifestation. Ils ont analysé 150 heures de vidéos et un fichier «crucial» que le parquet et les enquêteurs n’ont pas cherché à utiliser, alors même qu’ils en connaissaient l’existence. Et tous ces éléments permettent d’identifier sans aucun doute possible quand, où et par qui a été fait ce tir criminel : depuis l’habitacle protégé d’un blindé militaire.
Précisons une nouvelle fois que tous les fichiers utilisés par les journalistes ont été versés dans la procédure depuis 2023. Et pourtant, en décembre 2025, le parquet de Rennes a classé «sans suite» l’enquête portant sur quatre blessé·es graves de cette manifestation. Médiapart et Libération ont donc synchronisé les séquences et ont mené un travail exceptionnel : recoupement vidéo et audio, utilisation des coordonnées GPS de chaque gendarme qui filmait, modélisation 3D des lieux, identification méthodique de chaque tir dans la période entourant la blessure… Conclusion : seul un tir en provenance du véhicule blindé de gendarmerie peut avoir frappé Serge à la tête.
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Le 25 mars 2023, nous écrivions en quittant la manifestation : «Le gouvernement Macron est prêt à tuer pour un trou en terre battue recouvert de plastique, creusé au milieu d’un champ». Dans les vidéos révélées en 2025, on entend effectivement les gendarmes s’exclamer : «T’en crèves deux-trois, ça calme les autres», «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné !», «Un vrai kiff !», «Mets leur une GM2L dans la gueule», «fils de pute», «pue-la-pisse », «faut les tuer», ou encore, en criant de joie : «Il l’a mis en pleine tête». Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, continue d’assurer qu’à Sainte-Soline, «il y a eu une riposte qui a été très majoritairement proportionnée». Une intention assumée d’assassiner et des tirs depuis un blindés militaire, voilà une riposte «proportionnée» pour nos dirigeants.
Un matin, vous voulez payer avec votre carte bancaire. Elle est refusée. Vous essayez l'autre. Refusée aussi. Personne ne vous a prévenu, personne ne vous a jugé, personne ne vous a condamné. C’est le gel des avoirs : un outil présenté comme une arme contre le terrorisme, que l'État français retourne aujourd’hui contre des militants propalestiniens et des membres de la communauté musulmane.
Le 8 avril 2026, la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale a voté une proposition de résolution relative à « la reconnaissance et à la commémoration du génocide des Roms ». Ce texte dissimule une argumentation troublante qui dénie le caractère génocidaire des persécutions subies par les « Nomades » sur le territoire français pendant la Seconde Guerre mondiale.
Est-ce que vous saviez qu’en France, il existe des services secrets privés ? On les connaît sous le nom de "boîtes d'intelligence économique". Derrière cette appellation un peu froide, se cachent des hommes et des femmes capables d'influer sur la vie politique et économique, en France, comme à l'étranger.
Parmi elles, vous avez peut-être entendu parler de l'ADIT, le mastodonte européen du secteur. Ou d'Avisa Partners, qui a défrayé la chronique en 2022, quand Mediapart et Fakir ont révélé ses pratiques de désinformation massive : faux profils, manipulation de pages Wikipedia, articles commandités contre des personnalités politiques.
Mais il en est une qui, elle, a su rester dans l'ombre. Surtout depuis l'élection d'Emmanuel Macron.
Son nom : Axis.
Vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et c'est normal. Cette société a tout fait pour rester invisible. Nous avons contacté de nombreuses personnes qui nous ont parlé d'Axis, mais toutes ont exigé l'anonymat. Par crainte professionnelle, bien sûr. Mais aussi à cause d'une réputation qui circule dans le milieu : celle d'une boîte à l’influence atteignant les plus hautes sphères de l’État.
Tentative de coup d'État, guerre de l'information, écoutes sauvages, filatures... Bienvenue dans le monde peu reluisant de l'État profond.
À l’heure du réarmement tous azimuts en Europe et en France, l’industrie militaire israélienne s’impose comme un partenaire privilégié grâce à un intermédiaire de choix : Elnet. Ce lobby mobilise son réseau d’élus et de décideurs pour rapprocher les États européens des industriels israéliens. Et la guerre génocidaire menée à Gaza devient un argument de vente.
Parce que les liens entre police et extrême-droite sont structurels et personnels : histoire d'une impunité organisée.
Depuis la mort du nazillon Quentin Deranque, dont il a été démontré que la mort a été causée par le guet-apens tendu par son groupe de néo-nazis armés qui a blessé des antifascistes, aucun des nervis d’extrême-droite n’a été interpellé. Depuis nous avons également rappelé sur notre média de nombreuses histoires récentes révélant de manière flagrante comment l’extrême-droite agresse et tue en toute impunité depuis des années.
La question que l’on doit se poser, c’est quelles sont les raisons de cette impunité ? Pourquoi, à Lyon, on recense 102 agressions fascistes depuis 2010, dont 70% sont restées impunies ? Comment, à Nantes et dans de nombreuses villes, nous constatons la multiplications d’attaques d’extrême droite, parfois sous les yeux de la police, sans réaction ?
Au-delà de la justification (bien réelle) de l’adhésion du corps policier aux idées d’extrême-droite, il y a une raison très simple : il existe des liens directs entre les groupes d’extrême-droite et les services de police.
Après la mort du militant d’extrême droite, jeudi 12 février à la suite d’une rixe, l’avocat lyonnais Olivier Forray, qui défend les victimes de l’extrême droite à Lyon, revient sur les évènements et pointe un laxisme des autorités face aux groupes d’extrême droite qui a créé les conditions de ce drame.
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Les milices d’extrême droite défilent dans les rues, à Lyon et ailleurs. Et on va les laisser faire au prétexte que c’est l’extrême gauche qui tue. Mais si la mort n’est jamais une solution, les conditions de ce qu’il s’est passé, ce n’est pas l’extrême gauche qui les a créées, mais bien l’État, la police et l’extrême droite.
Débats empêchés, échoppes attaquées, libraires intimidés, et, désormais, procédures judiciaires : ces derniers mois, les librairies indépendantes ont été la cible de menaces et d’intimidations de plus en plus nombreuses en raison des ouvrages qu’elles valorisent ou de leurs positionnements politiques. Une tendance inquiétante dénoncée par les professionnels du secteur.
Interdiction de : l'abaya/robes longues, du calot, du voile, contrôle des bouteilles en plastique dans les toilettes de la RATP. Harcèlement, discriminations, calomnies, essentialisation, licenciements abusifs, contrôles au faciès, lois d'exception contraires à un État de droit, menace de mort d'un nouveau-né. Tel est le quotidien des musulmans,ou personnes assimilées comme tel, en France.
Contre un État qui ne résoudra jamais la crise climatique, et sa violence que la force ne saurait aujourd’hui renverser, que reste-il aux écologistes ? L’anarchisme, historique et présent, plein d’idées pour un autre futur.
Le mythe selon lequel l’État serait au service de l’intérêt général se craquelle de toutes parts. À force de voir l’État s’entêter à défendre des projets aussi désastreux économiquement et écologiquement que l’autoroute A69, à force de voir sa police déchaîner sa violence contre les opposants aux projets privés écocidaires de mégabassines, de plus en plus de militants écologistes se désillusionnent.
Aux citoyens qui apprennent brutalement à « faire le deuil de l’État », répond une série d’essais et d’ouvrages qui, ces derniers mois, ont contribué à dépoussiérer cette hypothèse : et s’il était possible de faire advenir une société de justice sociale et écologique sans passer par la conquête de l’État ? Et même contre lui ?
«Essayez la dictature», déclarait Macron en 2020. Au pays de Charlie, nous y sommes déjà, à bas bruit.
Les vieillards réactionnaires qui occupent les plateaux télé ont raison : «On ne peut plus rien dire». Ces éditorialistes sont ridicules, car on n’entend malheureusement que leurs idées moisies sur toutes les chaînes de télévision depuis des années. Ils se prétendent censurés alors que la seule vraie pensée unique, c’est la leur.
En revanche, en France en 2025, on ne peut plus tenir le moindre discours critique à l’égard du gouvernement, plus manifester, plus émettre la moindre réserve contre le patronat, plus dénoncer le racisme… Bref, c’est vrai : on ne peut plus rien dire. Quelques exemples sidérants ces derniers jours.
Fournir sa photographie et ses empreintes quand on demande son passeport ou sa carte d’identité est plus lourd de conséquence que ce qu’on imagine. Ces données, qui sont enregistrées dans le fichier des « titres électroniques sécurisés » (TES) sont récupérées par la police par un contournement de la loi. La Quadrature du Net a pu obtenir des témoignages et preuves formelles de l’utilisation abusive de ce fichier pour identifier des personnes lors d’enquêtes judiciaires. Nous avons alerté la CNIL sur ce scandale qui était malheureusement prévisible, tant ce fichier TES portait, par son existence même, les risques d’un abus de surveillance par l’État.
Des dizaines de milliers de lampes pour éclairer des chemins agricoles, plantations, sentiers ou jardins privés, distribuées gratuitement grâce à l’argent de la transition énergétique. Le dispositif des Certificats d’économie d’énergie (CEE) est au cœur d’une (nouvelle) énorme gabegie et d’une vaste fraude, devenue de plus en plus visible ces derniers mois.