Quotidien Shaarli
February 23, 2026
Gaza avait parachevé la ruine morale et éthique des élites politiques et médiatiques françaises. L'affaire Quentin finalise leur mue fasciste.
De l’autre côté de l’Atlantique, la haine viscérale de toute idée de gauche, fut-elle modérée, s’est matérialisée dans le traitement gouvernemental et journalistique des meurtres de Renee Good et d’Alex Pretti, deux manifestants qui protestaient contre les méthodes de la police de l’immigration américaine. À peine criblés de balles par des agents de l’autorité publique, l’appareil étatique et les médias les qualifiaient de « terroristes » concluant ainsi une campagne incessante visant à diaboliser la gauche radicale et les antifas, bête noire de la renaissance fasciste à laquelle on assiste en Occident.
En France, la France Insoumise, mouvement politique de rupture se disant de gauche radicale, est de toutes parts confrontée depuis plus de deux ans aux tirs de barrages mensongers visant à repeindre en antisémitisme son soutien à la cause palestinienne et sa dénonciation du génocide commis par l’état d’Israël. Quelques jours après avoir été requalifiée, sans le moindre motif ni la plus petite évolution programmatique, en extrême-gauche, la mort de Quentin D. après une confrontation entre milices d’extrême-droite et militants antifas, arrive à point pour redynamiser une diabolisation en perte de vitesse et même contre-productive.
L’édification d’un nouveau mur de mensonges a démarré avant même la déclaration de décès du jeune homme, alors plongé en coma artificiel dans un hôpital lyonnais, dépeint instantanément comme le gendre idéal, dans l’indifférence et le mépris des faits et surtout du contexte lyonnais, faisant fi de la méconnaissance qu’on en avait et laissant libre cours à l’empressement de pointer du doigt les coupables idéals. La curée a dès lors pu commencer.
«On peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât» : Némésis organise des guet-apens.
Depuis la mort de Quentin Deranque, les militantes de Némésis n’ont pas arrêté d’aller de plateaux en plateaux pour répandre des mensonges éhontés, et imposer un récit victimaire : leur ami «pacifiste» serait tombé dans un guet-apens tendu par les antifas. C’est littéralement l’inverse qui s’est produit. Le journal l’Humanité fait voler un peu plus en éclat le narratif de l’extrême droite.
Le journaliste Thomas Lemahieu révèle aujourd’hui que les militantes de Némésis et leurs soi-disant service d’ordre organisent des actions de tractage ou de collage d’autocollants comme appât, afin de tendre des embuscades aux antifascistes. Ces éléments confirment ce que nous disons depuis le début et corroborent les nombreux témoignages que nous avons pu recueillir : le 12 février les camarades néonazis de Némésis n’étaient pas là pour «protéger» les militantes identitaires mais pour cogner sur des militants de gauche par surprise.
Toutes les chaînes de télé commentent avec enthousiasme le défilé d'extrême droite organisé samedi à Lyon et qui s'est déroulé dans le calme.
Nous franchissons des paliers vertigineux de jour en jour. Ce dimanche 22 février, toutes les chaînes de télévision nationales commentent avec enthousiasme le défilé d’extrême droite organisé la veille à Lyon. Déposée par une militante néo-nazie, rejointe par l’extrême droite la plus radicale de toute la France et des pays voisins, désavouée par la famille de Quentin Deranque, ponctuée de saluts nazis et d’injures racistes, elle a beaucoup plu aux éditorialistes.
Parce que les liens entre police et extrême-droite sont structurels et personnels : histoire d'une impunité organisée.
Depuis la mort du nazillon Quentin Deranque, dont il a été démontré que la mort a été causée par le guet-apens tendu par son groupe de néo-nazis armés qui a blessé des antifascistes, aucun des nervis d’extrême-droite n’a été interpellé. Depuis nous avons également rappelé sur notre média de nombreuses histoires récentes révélant de manière flagrante comment l’extrême-droite agresse et tue en toute impunité depuis des années.
La question que l’on doit se poser, c’est quelles sont les raisons de cette impunité ? Pourquoi, à Lyon, on recense 102 agressions fascistes depuis 2010, dont 70% sont restées impunies ? Comment, à Nantes et dans de nombreuses villes, nous constatons la multiplications d’attaques d’extrême droite, parfois sous les yeux de la police, sans réaction ?
Au-delà de la justification (bien réelle) de l’adhésion du corps policier aux idées d’extrême-droite, il y a une raison très simple : il existe des liens directs entre les groupes d’extrême-droite et les services de police.