Les fermetures administratives d’universités sont de retour ! Prenons deux exemples, parmi mille autres :
À l’université d’Aix-Marseille, le président Berton ne fait pas dans la dentelle : par un arrêté du 5 octobre 2026, il décide la fermeture administrative de « l’ensemble des enceintes, bâtiments, des locaux et des accès sur tous les sites et campus […], y compris les bibliothèques universitaires », et accompagne cette fermeture d’une bascule générale des activités en distanciel – « lorsque les fonctions et les conditions le permettent » pour « les personnels affectés sur site », et « dans la mesure du possible » pour « les activités pédagogiques et de formation ».
À l’université de Nanterre, la présidente Rolland-Diamond fait davantage dans la subtilité, si l’on peut dire. Dans un courriel adressé à l’ensemble des personnels le 5 octobre 2026, elle affirme soutenir « les revendications au cœur de la mobilisation en cours », en même temps qu’elle ferme « l’ensemble des sites de l’université (Nanterre, Ville-d’Avray et Saint-Cloud) ». Elle prend également soin de préciser qu’« aucun enseignement ne peut être assuré en distanciel pour se substituer à l’enseignement présentiel », mais les personnels administratifs sont aussitôt rattrapés par le col puisqu’ils « sont invités à poursuivre leurs activités à distance lorsque leurs missions le permettent ».
« Les multiples fermetures de sites universitaires et le passage en distanciel semblent avoir limité la mobilisation des étudiants », constate ainsi prudemment Le Monde. Ce n’est pas peu de le dire – et de tels choix présidentiels résonnent directement avec une autre pratique déployée au même moment contre le mouvement lycéen : les arrêtés préfectoraux instituant, autour des lycées mobilisés, des périmètres dans lesquels les rassemblements sont interdits, et qui ont suscité, ces derniers jours, une vague de référés-liberté coordonnée par le Syndicat des avocats de France1. Certes, les instruments juridiques ne sont pas identiques, mais leur logique converge : il s’agit de neutraliser préventivement l’espace dans lequel les mobilisations lycéennes ou étudiantes pourraient prendre corps.
Voici donc où nous en sommes : autour des lycées, les préfet·es interdisent les regroupements dans un périmètre donné ; dans les universités, nos président·es interdisent l’accès aux campus mêmes. La distance qui sépare les techniques de police des second·es de celles des premier·es est donc devenue singulièrement courte, et c’est incontestablement un autre signe de la « préfectoralisation » de nos présidences.
Ce billet est constitué de quatre brèves documentant la situation paradoxale dans laquelle nous sommes. Le système d’enseignement supérieur et de recherche est dans le ravin, planté par vingt ans de contre-réformes qui ont produit le décrochage économique, scientifique et technique du pays — plus personne ne le conteste. Les responsables de l’effondrement tentent de poursuivre leur route et même d’accélérer, mais partout, cela s’embourbe, sur les frais d’inscription, la loi Galileo-Baptiste, le Hcéres ou à Paris-Saclay — la pépite rayonnante. Nous qui n’appartenons pas à la sphère de la com’ et de la duplicité, mais qui avons fait le choix de dire le vrai sur le monde, n’avons d’autre choix que la lucidité pour trouver la détermination de sortir la société de cette ornière profonde.
Y a-t-il eu un changement de doctrine il y a 3 ans, qui vise à la privatisation totale de l'enseignement supérieur ?
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Le collectif Rogue ESR dévoile une enquête nationale sur l'antisémitisme dans les universités françaises. Conçu par le ministère de l’Enseignement supérieur ce sondage constitue une violation frontale de toutes les libertés individuelles. Rogue ESR fait aussi un retour sur l’annulation du colloque du Collège de France sur l'Europe et la Palestine pour en tirer les leçons.
Lors d'une audition au Sénat, le ministre de l'Enseignement supérieur a voulu relativiser la crise budgétaire des universités, alors que deux-tiers des facs françaises ont fini en déficit en 2025, au détriment des étudiants et personnels. Une déclaration qui annonce de nouvelles coupes budgétaires, et sert à masquer un projet d'attaque d'ampleur contre le droit à étudier.
Une vision idéalisée de l’École, et en particulier de l’Université, en fait une sorte de sanctuaire hors du monde et de son fracas. Le génocide à Gaza sonne comme un rappel terrible à la réalité, tant l’une de ses dimensions majeures est la destruction du système éducatif palestinien. Le sociologue Sbeih Sbeih – chercheur associé à l’IREMAM – revient sur cet aspect et interroge en outre le déni de la colonialité, en particulier le refus du paradigme colonial pour penser Israël, si frappant dans les universités occidentales, et notamment françaises.
L’historienne Joan W. Scott est professeure émérite à l’Institute for Advanced Study de Princeton, New Jersey. Mondialement célèbre pour avoir introduit l’idée d’une perspective de genre en histoire, autrice de travaux importants sur les usages politiques de la laïcité en France, elle est également une spécialiste reconnue de la question des libertés académiques, un dossier qu’elle suit depuis plusieurs décennies. Elle est notamment membre du “Comité A” de l’Association of American University Professors (AAUP), dédié à la question de la titularisation (“tenure”) et des libertés académiques.
Le gouvernement Macron aurait-il décidé de mettre les universités française à genoux ? Ce qui est certain, c’est qu’elles sont mises au pas à grands coups d’austérité budgétaire et que la misère étudiante s’approfondit. Trois enseignants reviennent sur la mobilisation naissante parmi les étudiants rennais ainsi que sur les conséquences délétères de la ruine des universités. La situation qu’ils décrivent rappelle l’antagonisme qui traverse les campus depuis toujours, soit que la pensée et le savoir contiennent une part à jamais irréductible aux logiques économiques. Selon nos informations, de nombreuses assemblées générales devraient se tenir dans les universités ces prochains jours. Un mouvement étudiant déterminé à l’échelle nationale, voilà qui pourrait remettre un peu d’ordre dans le marasme politique actuel.
À l'Université Sorbonne Paris Nord, la présidence a interdit la tenue d'une conférence de Pascale Boniface sur son livre {Israël-Palestine, une guerre sans limites}. Un nouveau cas de censure, qui illustre la poursuite de la répression envers les étudiants qui veulent parler du génocide en Palestine à l'université.
Hausse des frais d'inscription, dégel des loyers Crous, phase expérimentale de « l'acte II de l'autonomie »... La rentrée universitaire 2024 dessine le projet du gouvernement et de la bourgeoisie pour l'université : toujours plus d'autoritarisme et de sélection, le tout au service du grand patronat.
Dans sa newsletter, The Wire, l'organisation étasunienne Jewish Voice for Peace revient sur la situation de la mobilisation étudiante pour la Palestine ces derniers jours, entre extension du mouvement et répression brutale.
En l’espace de quelques jours, des dizaines de campements de solidarité avec Gaza ont vu le jour sur plus d’une centaine de campus universitaires à travers les États-Unis. Il s’agit du plus grand mouvement étudiant depuis les manifestations contre la guerre qui ont balayé les universités américaines dans les années 1960.
Au fur et à mesure que les campements se construisaient dans tout le pays, les étudiants ont appelé pacifiquement à ce que leurs universités se désengagent de l’oppression d’Israël sur les Palestiniens. En réponse, de nombreuses administrations universitaires appellent la police sur les campus pour réprimer violemment les étudiants.
Depuis plus de six mois, des dizaines de milliers de Juifs et d’innombrables autres personnes conscientes se battent pour mettre fin au génocide qu’Israël commet contre les Palestiniens de Gaza. Nous continuons à exiger que l’administration Biden mette fin à son soutien à l’armée israélienne.