Le ministère de la Justice exige la dépublication de notre enquête mise en ligne en 2021 sur la complicité de la France dans des crimes commis par la dictature égyptienne. La chambre de l’instruction doit se prononcer le 8 juillet sur une éventuelle réouverture de l’enquête judiciaire qui avait reconnu l’intérêt public de nos révélations et mis hors de cause la journaliste Ariane Lavrilleux, à nouveau menacée par l’État.
Alors que l’information est considérée comme le “4e pouvoir” de nos démocraties, les médias et les journalistes inspirent de moins en moins confiance en France. Comment assurer que nos médias sont de bonne qualité ? La réponse se cache derrière deux notions clefs : leur gouvernance, et leur modèle économique.
Dans un café du quartier des ministères, Patrick Cohen (France Inter), Thomas Legrand (Libération), Luc Broussy et Pierre Jouvet, responsables socialistes, font de la stratégie électorale autour d’un expresso, se lâchent sur Rachida Dati et évoquent un soutien à Raphaël Glucksmann pour 2027. La vidéo, publiée par le magazine d’extrême droite identitaire L’Incorrect, n’est pas spectaculaire en soi, mais elle est révélatrice d’une hypocrisie journalistique à la française. Elle met au jour ce que beaucoup savent déjà : les journalistes politiques français ne sont pas des arbitres neutres, ils sont des acteurs du champ politique, proches des élites, qui subissent des biais politiques, sociaux et raciaux tout en prétendant porter une « objectivité » journalistique.
Le procès du financement libyen de Nicolas Sarkozy vient de s’achever au tribunal judiciaire de Paris par les plaidoiries de ses avocats. Ces trois mois d’audience ont peu mobilisé les rédactions, en service minimum. Pas une surprise tellement ils sont nombreux, ces « grands noms » de la presse, à avoir délibérément franchi la ligne jaune au secours de l’ex-président de la République. Avec les pièces du dossier, Blast revient sur ces manipulations destinées, sous couvert de journalisme, à peser sur le cours de la justice. Une tâche sur la réputation de ces journaux et ces rédactions, une honte pour la profession tout entière.
A Gaza, le 2 novembre dernier, les caméras de plusieurs agences de presse, dont l’AFP, sont la cible de plusieurs explosions. Coup de chance, la caméra de l'AFP n’est pas endommagée, et elle enregistre tout.
Le Monde, en collaboration avec Forbidden Stories et plusieurs médias étrangers, a analysé en détail les images enregistrées par les deux agences de presse et des images satellites de Gaza. Ces preuves, croisées à l’analyse de plusieurs experts en armement et en analyses sonores, révèlent que ces explosions sont le résultat de tirs d’obus, vraisemblablement réalisés par des chars de l’armée israélienne.
La conférence de presse d’Emmanuel Macron, mardi 16 janvier 2024, a fait l’objet de nombreuses remarques, à la fois sur la forme – deux heures et quart face à son auditoire – mais aussi le fond. Au-delà des axes politiques et des choix ministériels défendus, l’historien des médias Alexis Lévrier (CRIMEL-Université de Reims/GRIPIC-Sorbonne Université) qui a notamment publié l’ouvrage « Jupiter et Mercure. Le pouvoir présidentiel face à la presse » (2021) revient sur ce que ce moment dit du rapport très ambivalent que le chef de l’état entretient avec les médias, et ce que cela révèle aussi de la Ve République.