Le temps du récit.: le 27 juin 2023, à 8h16, Nahel Merzouk, âgé de 17 ans, était tué d’une balle dans la poitrine par un tir à bout portant d’un policier motocycliste à Nanterre. Les images, immédiatement diffusées, montraient un adolescent tentant de redémarrer sa voiture, et non une menace justifiant un recours à la mort. Le premier temps de cette affaire fut celui de la rue, des émeutes, des marches blanches, des cris d’une mère, Mounia, répétant dans les cortèges : « Il était mon souffle, ma vie. »
Le deuxième temps fut celui de l’administration : en mars 2025, Florian Menesplier, pourtant mis en examen pour homicide volontaire, était réintégré dans la police et muté au Pays basque par une procédure dérogatoire « dans l’intérêt du service. »
Ce geste administratif, analysé dans un précédent texte comme le symptôme d’un régime d’impunité structurée, montrait déjà comment l’appareil d’État pouvait, par la voie discrète de la bureaucratie, effacer un crime.
Salaire maintenu, cagnotte à 1,6 million d’euros, soutien total de l’institution policière, interventions personnelles de Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, réintégration malgré un rapport négatif de l’IGPN et mutation au soleil du Pays basque : le meurtrier de Nahel bénéficie de toutes les faveurs, mais se présente en victime.