La République comme outil de domination illimitée de la bourgeoisie n’a pas connu de plus grand ennemi en France que la Commune. Et ils le savent. Ils le savent très bien. Lors des cent-cinquante ans de la Commune, en 2021, c’est l’historien et éditeur récemment décédé Pierre Nora, de l’Académie française, qui se faisait le relais du roman national le plus crasse en disant sur France Inter : « Commémorer Napoléon, oui, la Commune, non ». La Commune, dit-il, je cite, je cite toujours : « n’a pas apporté grand-chose ». Pas apporté grand-chose ? Très bien. C’est ce qu’on va voir. Encore une fois. Pour la dernière fois.
La Commune n’a duré que soixante-douze jours. « Pas grand-chose » donc, comme dit l’historien à la dimension tellement, tellement, tellement quelque chose. Mais ces soixante-douze jours ont répondu à soixante-dix ans d’oppression politique : du début du premier empire à la fin du second, en passant par la restauration, la monarchie de Juillet et la deuxième république. Et peut-être à soixante-dix fois soixante-dix ans.
« Faire patienter, c’est dominer »
Pour comprendre la nature de “Parcoursup”, il faut partir de l’expérience directe, sans tenter d’y plaquer des interprétations hâtives ou idéologiques. Pour la plupart des lycéens — ceux que les communicants qui encombrent désormais l’appareil d’État appellent “nos jeunes” — le processus d’affectation dans l’enseignement supérieur se présente comme une boîte noire nimbée de brouillard, comme une obscure Machine.
Son opacité ne tient pas tant à l’interface numérique par laquelle se font les connexions que dans l’impression diffuse de ne pas connaître les règles d’un “jeu” qui s’apprête à déterminer la place sociale qui sera assignée à chaque “candidat” pour le reste de son existence.
Les violences policières sont habituellement perçues de deux manières a priori opposée. Certains y voient des « bavures » exceptionnelles qu’il s’agirait de résorber par davantage de contrôle et de déontologie pendant que d’autres dénoncent un usage systémique de la violence et la fonction politique des forces de l’ordre dans le maintien d’un ordre du monde historiquement situé. C’est une autre approche que propose Sylvain George, en l’occurence déceler les mécanismes de pouvoir à l’oeuvre dans les « scènes » de brutalisation policière. Après Nahel Merzouk, Aly et Alexandre George, le réalisateur se penche sur le cas de Bilal, 15 ans, tabassé et humilié dans un local poubelle par un équipage de la Compagnie de Sécurisation et d’Intervention. Il s’agit d’arracher l’évènement au statut délétère du fait divers pour en restituer toute la portée rituelle, symbolique et donc politique.
Comment les riches ont-ils réussi à faire sécession du reste de la société ? Comment s’organisent-ils pour perpétuer la domination de leur classe sociale ? À quoi ressemble leur vie sociale au quotidien ? Réponses avec Monique Pinçon-Charlot, parce que pour lutter efficacement pour la souveraineté populaire et la justice sociale, il faut connaître l’ennemi !