Le 7 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a confirmé que Marine Le Pen a détourné, de façon massive et organisée, des fonds publics européens pendant des années. La même décision la rend juridiquement capable de briguer la présidence de la République en 2027. Ce n’est pas une anomalie de la décision. C’est une propriété du système qu’elle révèle.
Il faut prendre la mesure de la phrase avant de la commenter. Une cour de justice vient d’établir, en deuxième instance, après un procès rejugé au fond, qu’une candidate à l’élection présidentielle a organisé un système de détournement de fonds publics pendant plusieurs années. Et cette même cour vient de dire que rien, dans son droit, ne l’empêche de solliciter le pouvoir exécutif suprême.
Les deux phrases sont vraies en même temps. C’est ça, le sujet.
On savait que les écoles privées avaient leurs petits privilèges, mais Mediapart vient de lever le voile sur un scandale d’une ampleur insoupçonnée : entre 2016 et 2023, 1,2 milliard d’euros de fonds publics ont discrètement filé dans les caisses des lycées privés sous contrat.Au-delà des financements légaux déjà prévus pour les établissements privés. Un véritable jackpot payé par les contribuables. Mais pendant ce temps, les établissements publics, eux, continuent de se serrer la ceinture. Et tout ça dans une opacité totale, sans contrôle, ni transparence.
Valérie Pécresse a recommandé à la région d’approuver une nouvelle subvention de près de 400 000 euros pour l’établissement épinglé en janvier par un rapport sur des dérives et tandis que la ville de Paris a suspendu tout financement.
Pas question d’arrêter de subventionner l’établissement privé, malgré la polémique. Ce mercredi 29 mai, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a invité l’institution à approuver une nouvelle subvention au lycée Stanislas, accusé de nombreuses dérives notamment homophobes, et largement financé par l’argent public.