Le “débat” sur la loi Duplomb qui s’est déroulé à l’Assemblée nationale ce 11 février constitue à plus d’un titre une arnaque démocratique.
C’était à prévoir.
Si en interdisant l’utilisation de trois pesticides de la famille des néonicotinoïdes (dont l’acétamipride), la censure partielle de la loi dite Duplomb à l’été 2025 constituait bel et bien une petite victoire politique, celle-ci n’en laissait pas moins la porte ouverte à une “V2”. Texte qui, rappelons-le, promettait de “lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur” au mépris de la santé des Français et de la biodiversité.
Et ça n’a pas loupé puisque le 30 janvier, le sénateur LR a déposé une loi Duplomb II allant dans ce sens. Soit deux petites semaines avant l’organisation d’un débat à l’Assemblée nationale, ce mercredi 11 février, portant sur la pétition opposée au texte de loi contesté.
Dans une Assemblée bien vide, les mêmes arguments et mensonges autour de la loi Duplomb ont été déroulés sans véritable débat, accouchant d’une séquence aussi inutile que creuse.
Pire, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, est allée jusqu’à affirmer que la pétition contre la loi Duplomb – déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale, qui nécessite pour la signer de s’identifier via FranceConnect – serait le fait de “robots”. 2,1 millions de robots, ou un mépris cinglant, un de plus ?
La guerre en Ukraine ravive la dépendance européenne, et française, aux importations de gaz. Présentée un peu rapidement comme une solution écologique pour garantir une souveraineté en matière de production, la méthanisation reste loin de tenir ses promesses. Un développement massif sur le modèle actuel comporterait des conséquences néfastes tant pour l'agriculture que pour l'environnement.
Le paysan fut un symbole d’indépendance dans l’exercice de sa profession mais aussi un exemple de solidarité dans les moments cruciaux de la vie agricole. L’exploitant agricole a jeté ces idéaux aux orties et a donné les clés du tracteur à la FNSEA et à son monde d’exploiteurs, devenant l’exécutant des basses œuvres de l’agro-industrie. Le paysan et la société y ont beaucoup perdu.
Ce 23 janvier 2024 sur France Inter, interview d’Arnaud Rousseau, patron de la FNSEA, mais aussi directeur et administrateur de la multinationale Avril, directeur général de Biogaz du Multien (méthanisation), administrateur de Saipol (transformation de graines en huile), président du conseil d’administration de Sofiprotéol. Un agri, un vrai…