Qu’attendre d’un rapport sur l’audiovisuel public rédigé par un député d’extrême droite ? Pas grand-chose, assurément. A fortiori lorsque l’on a suivi les auditions et les débats de la commission d’enquête parlementaire dont ce document est issu, qui ont ressemblé à un long et laborieux procès, avec le député ciottiste Charles Alloncle dans le rôle du petit procureur maccarthyste. Ce dernier, soutenu dans son entreprise par les médias de la galaxie Bolloré, a finalement rédigé un rapport qui, s’il n’appelle pas ouvertement à la privatisation/liquidation de France Télévisions et Radio France, formule une liste de préconisations qui donnent une idée assez précise de l’idée que l’extrême droite se fait des médias, de la démocratie et de la liberté d’informer. Une vision face à laquelle il ne suffit pas d’opposer une défense de l’audiovisuel public tel qu’il est, mais bien celle d’un projet ambitieux : pour un véritable service public de l’information et de la culture, émancipé du pouvoir politique, protégé des puissances économiques et pleinement acteur de l’exercice du débat démocratique.
Disons-le un peu distinctement : ici, on ne pleure pas le limogeage d’Olivier Nora, ex-patron de Grasset, par Vincent Bolloré. On ne considère pas que les auteurs et autres éditeurs qui ont collectivement dénoncé ce congédiement sont de courageux héros du combat contre l’extrême droite. On tient même, tout au contraire, que dans cette bataille — car c’en est une —, tous font, à des degrés divers, partie du problème, et non de sa solution : voici pourquoi.
Depuis sa captation par le groupe Bolloré, la vieille et prestigieuse maison d’édition Fayard a adopté la ligne et les méthodes de son nouveau propriétaire. L’arrivée controversée de l’éditrice d’Eric Zemmour, Lise Boëll, à sa tête, son management contesté, ses positions réactionnaires et les manœuvres d’influence en coulisses ont profondément bouleversé les équipes en place. Dernier choc en date, le recrutement d’un assistant éditorial condamné pour pédocriminalité. Plongée dans les méandres d’une reprise en main autoritaire et violente où luttes de pouvoir internes, les rumeurs plus ou moins fondées et le mercantilisme ambiant finissent de transformer une vieille institution littéraire en un projet idéologique de droite extrême. Enquête, témoignages et révélations.
Gabriel Attal sourit. Un grand sourire, aux dents très blanches, un peu forcé sur les bords. Il se tient droit dans son costume bien propret. Sous le plafond de verre et les frises gravées de la salle des Tirages du prestigieux hôtel d'Evreux, place Vendôme à Paris, l'ancien premier ministre et président du groupe parlementaire Renaissance pose fièrement pour la photo, près des drapeaux français et européens. À ses côtés : Yannick Bolloré, son père, Vincent Bolloré, et le patron de Canal+ Gérald-Brice Viret, à qui Attal vient de remettre l'Ordre national du Mérite. Et celui qui prend la photo, puis qui la poste sur son compte Instagram, c'est Jean-Marc Morandini, le présentateur de CNews.
Un catho-réac à l’origine de la droitisation de plusieurs médias comme CNews, un magnat du pétrole anti-LGBT+ ou un libertarien qui déteste les impôts… Ces trois milliardaires possèdent nos artistes, concerts ou festivals préférés.
« On sait très bien que la plupart des hommes d’affaires présents sur cette carto sont de droite, voire d’extrême droite », glisse Matthieu Barreira. Le chercheur est à l’origine d’une cartographie des plus grands opérateurs privés dans le secteur de la musique en France, captés par dix grandes fortunes. Réalisée à l’initiative du Syndicat des musiques actuelles (SMA), elle est publiée en exclusivité par StreetPress ce 19 mai. L’occasion de se pencher sur trois d’entre eux, engagés à la droite de la droite : le Français Vincent Bolloré et les Américains Philip Anschutz et John C. Malone.
Nous avons déjà rendu compte de l’appel lancé en juillet dernier par de nombreux groupes politiques et syndicats visant à « désarmer l’empire Bolloré ».. Présentée comme aussi tentaculaire que l’empire bolloré lui-même, cette campagne s’annonce pluri-disciplinaire. Outre le boycott des libraires, de nombreuses actions à venir et même d’un carnaval sauvage, c’est aussi un travail d’enquête qui a débuté. Nous publions ici les premiers résultats de ces travaux en cours. Surprise, il n’est pas question de M. Bolloré en personne mais de l’un de ses richissimes amis milliardaire : Pierre-Edouard Stérin. Petite présentation du personnage, de ses visées politiques et de ses actions militantes.
Si l'on peut se réjouir provisoirement que le Rassemblement National n'ait finalement pas réussi à l'emporter lors de ces élections, celui-ci compte bien poursuivre sa conquête des territoires et des imaginaires. Nous devons, sans attendre de prochaines échéances électorales, unir nos forces contre les vecteurs de fascisation de la société.
Nous appelons en ce sens à mener partout bataille contre Bolloré : parce que c'est un acteur du ravage écologique, de l'exploitation néo-coloniale mais aussi parce qu'il est devenu en quelques années un levier majeur de la conquête du pouvoir par l’extrême droite.
Plus de 100 organisations lance une campagne d'action contre le groupe Bolloré
Bolloré et les médias d'extrême droite polluent nos écrans, nos pensées et nous impose une vision stéréotypée de la société.
Ces médias alimentent le ravage écologique.
Ces médias exploitent et divisent le peuple.
Ces médias accélèrent la conquête du pouvoir par l'extrême droite.
Pour nos esprits, notre unique planète, nos cultures et notre vie privée, bloque Bolloré et les médias d'extrême droite sur Internet.
Et car nous formons un collectif, accompagne tes proches dans l'installation.
Comment CNews, "Le Figaro" ou le "JDD" reprennent les éléments de langage du camp Sarkozy.
Dans l'affaire des financements libyens de sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy est soupçonné de corruption, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs. Son procès s'est ouvert le 6 janvier - tout comme la valse des médias qui reprennent à leur compte les arguments de la défense de l'ancien président.
Pour comprendre la montée de l'extrême droite, il faut s'intéresser à la place donnée à cette idéologie dans l'espace public.
Vincent Bolloré et son empire médiatique ont porté la montée de l’idéologie d’extrême droite dans l’espace public, explique l’historien des médias Alexis Lévrier dans un entretien pour The Conversation.
Vincent Bolloré a réussi à obtenir gratuitement la fréquence de Direct 8 (en 2002), puis il a racheté Virgin 17, qui devient Direct Star. Ce qui est assez incroyable, c’est le fait d’avoir pu les revendre ensuite à Canal+ en 2012, en faisant une plus-value spectaculaire, qui constitue l’une des plus grosses opérations de spéculation de l’histoire des médias sur un actif appartenant à l’État (465 millions d’euros). Les ferments de son empire ont donc été construits à partir d’une fréquence qui lui a été attribuée gratuitement par la puissance publique. Car c’est en partie cet argent (et surtout les actions négociées au moment de ce rachat) qui lui ont ensuite permis d’acquérir Canal+ en 2015-2016 : après être entré discrètement au capital de Vivendi, il a peu à peu grignoté l’ensemble du groupe...
Ilan Pappé est un historien israélien de gauche, né le 7 novembre 1954 à Haïfa. Il mène depuis des années un travail visant à contrer le discours révisionniste des suprémacistes israéliens.
En 1948, plus de 700.000 palestiniens sont contraints de quitter leurs villages, leurs maisons, leurs terres. L’armée israélienne commet des meurtres, des viols, détruit des villages entiers. C’est l’acte fondateur de cet État colonial et une catastrophe absolue pour les palestiniens, qu’ils nomment la «Nakba», la catastrophe.