Un agenda, ça se travaille.
« Guerre des 12 jours », soulèvement du peuple iranien contre la dictature au pouvoir, menaces états-uniennes d’intervention militaire : même avant les attaques israélo-américaines du 28 février, la question iranienne occupait régulièrement l’agenda médiatique. À chaque fois, c’était l’occasion pour une poignée d’entrepreneurs de cause de battre campagne pour Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran. S’ils n’ont pas le monopole de la critique du régime iranien, absolument consensuelle dans le débat public français, ils sont hégémoniques pour traiter de l’alternative politique en Iran : l’autodétermination du peuple iranien n’est quasiment pas un sujet médiatique. C’est que les défenseurs de Reza Pahlavi ont tout des bons clients : soutiens des gouvernements états-unien et israélien, adversaires revendiqués de la gauche française, ils s’inscrivent parfaitement dans l’air du temps médiatique.
Accusée par l'éditorialiste Raphaël Enthoven d’être « passionnément antisémite », La France Insoumise avait porté plainte pour injure en avril 2024. Le 23 septembre dernier, les deux camps étaient enfin réunis à la 17e chambre du tribunal de Paris pour une confrontation judiciaire. L'occasion d'observer les coulisses d'une mécanique entre mensonges et outrances qui ne cesse de saturer les plateaux de télévisions et les colonnes de journaux. Récit d'audience, analyse et réflexions.
Entre-soi.
L’antenne de France 5 étant largement dédiée aux émissions de bavardage mondain, le recours aux professionnels de la parole est inévitable… pour ne pas dire systématique. Au-delà de ce constat, un aspect saute aux yeux : la chaîne publique s’est constituée en véritable maison d’accueil pour les chroniqueurs de Franc-Tireur.
Rarement un gouvernement et ses médias n’auront autant détruit le sens des mots. Tout est systématiquement inversé. «L’État de droit» sert à justifier des éborgnements d’adolescents, la «République» est devenue un synonyme de néofascisme et «l’arc républicain» n’est qu’une alliance entre Macron et Le Pen. Les grèves sont des «prises d’otages» et les écolos des «terroristes». Ces gens ont même répété que le 49.3, procédure anti-démocratique par définition, faisait partie du «processus démocratique», et ont interdit des manifestations au nom de la «liberté».