Au delà des prétentions à l’émancipation, l’éducation nationale a toujours été structuellement un casernement, le relais de l’Etat, du capitalisme et du mensonge de « la-démocratie ». A présent, elle est le coeur de cible du processus néofasciste et militariste orchestré par les gouvernements et le système policier.
Les jeunes de tous âges, y compris dès la maternelle, sont de plus en plus souvent la cible de pratiques néofascistes décomplexées relayées par des flics extrême-droitisés, avec la pleine collaboration des directions d’établissements, ministres, élus locaux et autres dirigeants.
Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1986 à Paris, en pleine répression du mouvement étudiants/lycéens, Malik Oussekine, 22 ans, était matraqué à mort dans le hall d’un immeuble parisien où il s’était refugié, par deux policiers « voltigeurs » motocyclistes. Dans cette même nuit, un autre jeune de 19 ans, Abdel Benyahia a été tué par un policier non en service à Pantin.
Fournir sa photographie et ses empreintes quand on demande son passeport ou sa carte d’identité est plus lourd de conséquence que ce qu’on imagine. Ces données, qui sont enregistrées dans le fichier des « titres électroniques sécurisés » (TES) sont récupérées par la police par un contournement de la loi. La Quadrature du Net a pu obtenir des témoignages et preuves formelles de l’utilisation abusive de ce fichier pour identifier des personnes lors d’enquêtes judiciaires. Nous avons alerté la CNIL sur ce scandale qui était malheureusement prévisible, tant ce fichier TES portait, par son existence même, les risques d’un abus de surveillance par l’État.
Vue plus de 6 millions de fois sur les réseaux sociaux, la photo dévoilée par Blast de policiers encagoulés, tenant une banderole féministe à l’envers, a beaucoup fait réagir. Et ce jusqu’au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez qui, interrogé ce dimanche 30 novembre, s’est lancé dans un exercice d’équilibriste tout particulier : condamner pour mieux excuser.
Après avoir dénoncé les dérives de l’algorithme de notation utilisé par la CAF pour sélectionner les personnes à contrôler, nous abordons ici la question des contrôles CAF réalisés sur signalements policiers. Utilisée par la police comme arme de répression sociale et politique, cette pratique symbolise l’instrumentalisation par l’État des administrations sociales à des fins de contrôle.
Fouilles à nu, mains sur les parties génitales, pénétrations avec une matraque… Disclose a enquêté sur un angle mort des violences policières : les violences sexuelles commises lors de contrôles d’identité et de palpations de sécurité. Au moins 45 personnes ont été victimes de ces pratiques illégales depuis 2012. Dans la plupart des cas, la justice ne reconnaît pas le caractère sexuel de ces violences, qui visent surtout des personnes racisées.
La police tue :
Entre 1977 et 2022, 861 morts suite à l’action des forces de l’ordre, dont 27 lors d'opérations anti-terroristes, et 80 du fait d'un agent en dehors de son service
Les forces de police et de gendarmerie ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions. À ce titre, elles disposent du pouvoir de recourir à la force et d’utiliser leurs armes à feu, dans des circonstances précises. Ce pouvoir, conféré par l’État, occasionne des morts. Qui sont-ils, pourquoi et comment sont-ils tués ? Dans quelles conditions l’action des forces de l’ordre se révèle-t-elle fatale ?
Introduction à la doctrine d’emploi du maintien de l’ordre parisien
Les incessantes manœuvres et l’écrasante supériorité numérique du dispositif policier des manifestations parisiennes déroutent généralement les néophytes, mais les initiés n’en sont pas moins désemparés. Si beaucoup s’habituent à voir les keufs scinder de toute part le cortège de tête, peu se demandent comment y arrivent-ils. Ce texte entend au contraire ne pas laisser la pensée tactique entre les seules mains de la répression. Par l’analyse des stratégies successives de la Préfecture, nous souhaitons porter un regard nouveau sur le maintien de l’ordre parisien et participer au réarmement théorique du camp révolutionnaire. Disponible en pdf ici.
Un millier de néo-nazis venus de toute la France et de l'étranger ont pu parader dans les rues de la capitale.
Ce sont les images d’un régime en pleine fascisation. Des drapeaux noirs frappés de symboles néo-nazis, des fascistes défilant au pas et en rangs, des casques et des cris d’extrême droite. Le tout sous haute protection de la police, chargée de réprimer quiconque émet une critique contre l’extrême droite. C’est ce qu’il s’est passé samedi 10 mai à Paris.
Un millier de néo-nazis venus de toute la France et de l’étranger ont ainsi paradé dans les rues de la capitale. À l’avant du cortège : deux tambours des jeunesses hitlériennes ! Un clin d’œil de collectionneurs. Derrière, des croix celtiques, signe des suprémacistes blancs, et des runes issues de l’imagerie nazie. Ce cortège de nostalgiques d’Hitler et de Pétain a été autorisé, il a pu défiler avec des casques, des cagoules, des parapluies et des dizaines de fumigènes. On se souvient d’arrestations massives et de longues gardes à vue pour des gilets jaunes, des syndicalistes ou des étudiant-es arrêté-es avec bien moins que ce matériel.
La police a joué le rôle d’auxiliaire des néo-nazis : gendarmes mobiles, CRS, Compagnies d’Intervention, BRAV… l’État français avait mis les grands moyens pour protéger l’extrême droite. Même les passants, choqués par le défilé, ont été repoussés sans ménagement. Un rassemblement antifasciste avait été interdit par la préfecture et la police a chargé et molesté tout ce qui s’y apparentait. Dans les faits, il y avait l’extrême droite en uniforme, armée par l’État, qui marchait avec l’extrême droite en civil et ses drapeaux fascistes.
Alors que le collectif "Saccage 2024" avait convié la presse pour une "visite guidée" censée montrer l’impact négatif des Jeux olympiques autour du Stade de France à Saint-Denis, une quinzaine de personnes ont été verbalisées par la police. Trois militants ont même été emmenés au commissariat.
La visite commence à peine, qu’un cortège de policiers bloque déjà le chemin. Ce vendredi matin, le collectif anti-JO "Saccage 2024" avait donné rendez-vous à la presse à partir de 10h à la sortie du métro Porte de Paris à Saint-Denis, où passent de nombreux spectateurs des Jeux pour se rendre au Stade de France.
Le collectif souhaitait organiser un nouveau "toxic tour", le long du canal Saint-Denis. "C’est une visite guidée des chantiers et maintenant des sites olympiques pour montrer physiquement l’impact des JO. Tout ce qui a été déplacé et détruit en amont", résume Noah, l’un des militants. "On voulait juste faire une balade, pour montrer les lieux", ajoute-t-il.
Les images de CRS passifs et semblant protéger des néo-fascistes armés et masqués aux prises avec des manifestants ont semé le trouble : des policiers d'extrême droite seraient-ils en train de se lâcher avec la possibilité que leur camp accède au pouvoir ? Certains, dans les forces de l'ordre, dénoncent la prégnance d'idées racistes et xénophobes. Le plus souvent sous couvert d’anonymat : les lanceurs d'alerte sont ostracisés et subissent des pressions.
Le culte nazi gagne désormais la police. Cas d’école révélés par Au Poste: le chauffeur d’un ponte de la police judiciaire parisienne qui exhibe une casquette SS dans son bureau et un policier municipal arborant un tatouage «Soleil Noir». MAJ: suite à nos révélations, la justice ouvre une enquête à Orléans
Dispositifs sécuritaires et liberticides à foison, éloignement d’étudiants, de migrants et de bouquinistes, explosion des tarifs des transports en commun : on pensait (ou non) avoir tout vu, il n’en est rien. Nouvelle brillante idée sortie du chapeau de la préfecture de police de Paris : instaurer des QR codes pour… se déplacer dans la ville.
De responsabilité spéciale, la police, entièrement adonnée à ses pulsions violentes, ne veut plus entendre parler — « nous avons les armes, nous nous en servons, fin de la discussion ». Et ceci maintenant — c'est bien la nouveauté effrayante — jusqu'au sommet de la hiérarchie. Ministre compris.
On savait déjà très exactement où en est le signifiant « républicain » après un communiqué ouvertement raciste et factieux de syndicats policiers d’extrême droite, invoquant comme il se doit « l’ordre républicain » pour lancer la chasse à l’homme, plus précisément à ceux des hommes considérés comme des « nuisibles ». Tout à son habitude de confondre modération et aveuglement, le journal Le Monde avait jugé le communiqué « révélateur de l’exaspération des troupes », là où il aurait plutôt fallu y voir la fascisation caractérisée de l’appareil de force — et en concevoir un chouïa plus d’inquiétude.
La question d’un coup d’état d’extrême droite ne se pose plus donc en terme de possibilité mais de calendrier. La dissolution de la police n’est plus une idée déraisonnable mais une nécessité à court terme.
«Dans une carrière de policier vous allez commettre une illégalité, forcément. Aujourd’hui on doit traiter les policiers différemment, il doit y avoir une inégalité dans le traitement des policiers en faveur de ces policiers. Il doit y avoir une excuse de violence, je pèse mes mots. Ça doit passer par une Cour particulière, ou une commission, ou un organisme particulier.»
Ce ne sont pas les mots d’un fasciste dans les années 30, ni l’extrait d’un programme d’extrême droite radicale. Ce sont les mots de Jean-Michel Fauvergue, sur Cnews, le 22 juillet 2023.
Hier soir, Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale, relayé par le préfet de police de Paris, est monté d’un cran dans l’échelle des attaques à l’autorité judiciaire. Voulons-nous d’une justice qui agit sous l’influence de telle autorité ou tel groupe de pression ? Nous attendons du Président de la République qu’il dénonce fermement cette attaque inédite à la séparation des pouvoirs. Il en va de la sauvegarde de l’État de droit.…
Depuis la publication du rapport Empêcher l’accès à la bassine quel qu’en soit le coût humain, la plupart des réactions officielles ont consisté à tenter d’en disqualifier les conclusions en passant par des remises en cause grossières des conditions de production de ce travail.
Notamment, les nombreuses attaques infondées concernant le statut des observatoires, n’ont servi que de prétextes aux pouvoirs publics afin d’éluder la production de véritables réponses quant aux conclusions de fond établies par ce travail minutieux.