Quand la police fonce sur des lycéen-nes en voiture ou en blesse d’autres avec des armes mutilantes, les flics peuvent compter sur le soutien du Ministère de l’intérieur, de l’IGPN et des syndicats policiers. Ils peuvent aussi compter sur le SAV des radios et télévisons du service public. On se penche là-dessus avec un des outils préférés des journalistes : le fact-checking.
Une célèbre affiche de mai 68 proclamait « la police vous parle tous les soirs à 20h ». En 2026, l’ORTF n’existe plus et le monopole de l’audiovisuel public sur l’information accessible a volé en éclat. Mais on pourrait actualiser cette affiche pour évoquer le traitement médiatique du mouvement lycéen.
La télévision et la radio publiques, ainsi que leurs sites web apparentés, montrent des poubelles qui brûlent sans expliquer pourquoi, invitent des lycéen-nes ou des témoins de moralité présenté-es comme neutres alors qu’iels sont apparenté-es à la droite ou à l’extrême droite, interviewent les lycéen-nes indépendant-es ou de gauche de manière agressive. Leurs journalistes se donnent aussi beaucoup de mal pour minimiser ou justifier les violences policières. Et si on fact-checkait le journalisme du service public ?
Maintenant, au moins, on sait. Après la censure de Adèle Haenel sur France 5, on sait d'abord ce qui est dicible à la télévision française, en septembre 2026, près de trois ans après le 7 octobre 2023, et les représailles israéliennes qui ont suivi (73 000 morts au minimum à Gaza). Ce qui est dicible, ou aurait dû l'être, c'est la version initiale du texte de Adèle Haenel, qui figurait sur le prompteur de l'émission "La grande librairie" et, à en croire "Blast", a été lu deux fois par la comédienne lors des répétitions sur le plateau.
Des scientifiques inaudibles, des alertes méprisées… Les vagues de chaleur ont entraîné un réel backlash écologique dans nombre de médias mainstream. Et si nous étions déjà entrés dans le film dystopique Don’t Look Up ? Certaines séquences médiatiques donnent en tout cas cette amère impression.
Il s'appelle Hamza, il a 14 ans, et il asperge des passants avec un pistolet à eau au canal Saint-Martin. Il s'appelait Nahel, il avait 17 ans, et il a été abattu à bout portant par un policier lors d'un contrôle routier à Nanterre.
En apparence, ces deux affaires n'ont rien en commun. L 'une relève de la bêtise adolescente et de l'incivilité estivale ; l'autre est une tragédie nationale et un drame absolu. Pourtant, un fil invisible relie ces deux histoires. Ce fil a un nom en sociologie : l'adultification. C'est le processus par lequel notre société, ses médias et ses institutions refusent obstinément le statut d'enfant aux jeunes Arabes et Noirs. Et c'est précisément là que tout commence : on commence par nier l'innocence d'un gamin de 14 ans sur les plateaux télé, et l'on finit par justifier la balle tirée dans le thorax d'un adolescent de 17 ans.
Le Monde diplomatique sur https://mamot.fr/@mdiplo
Les archives, quel fléau…
Dans Le Point le 25 juin 2026, M. Bernard-Henri Lévy s’est alarmé de « la grande alliance entre Poutine et l’islam radical ».
Du Figaro magazine au Nouvel Observateur en passant par Bernard-Henri Lévy, les médias français ont célébré les moudjahidines afghans quand ces derniers combattaient l'Union soviétique.
Alors que l’information est considérée comme le “4e pouvoir” de nos démocraties, les médias et les journalistes inspirent de moins en moins confiance en France. Comment assurer que nos médias sont de bonne qualité ? La réponse se cache derrière deux notions clefs : leur gouvernance, et leur modèle économique.
Qu’attendre d’un rapport sur l’audiovisuel public rédigé par un député d’extrême droite ? Pas grand-chose, assurément. A fortiori lorsque l’on a suivi les auditions et les débats de la commission d’enquête parlementaire dont ce document est issu, qui ont ressemblé à un long et laborieux procès, avec le député ciottiste Charles Alloncle dans le rôle du petit procureur maccarthyste. Ce dernier, soutenu dans son entreprise par les médias de la galaxie Bolloré, a finalement rédigé un rapport qui, s’il n’appelle pas ouvertement à la privatisation/liquidation de France Télévisions et Radio France, formule une liste de préconisations qui donnent une idée assez précise de l’idée que l’extrême droite se fait des médias, de la démocratie et de la liberté d’informer. Une vision face à laquelle il ne suffit pas d’opposer une défense de l’audiovisuel public tel qu’il est, mais bien celle d’un projet ambitieux : pour un véritable service public de l’information et de la culture, émancipé du pouvoir politique, protégé des puissances économiques et pleinement acteur de l’exercice du débat démocratique.
Jeudi 2 avril 2026, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé des fausses informations à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. Ce naufrage médiatique illustre à merveille la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût la police.
Excuses forcées pour une ironie sur Éric Ciotti, indulgence pour des fake news visant LFI, recrutement de chroniqueurs issus de CNews : Franceinfo TV prend un virage éditorial droitier qui inquiète en interne. Journalistes et syndicats dénoncent une complaisance avec la droite et l’extrême droite, une course à l’audience et une imitation des médias privés. Ces pratiques mettent à mal les devoirs de neutralité, de professionnalisme et de rigueur propres au service public. Enquête et témoignages.
Faut-il refuser toute tribune à l’extrême droite dans les médias et dans les coalitions pour endiguer sa montée ? En Belgique, médias et politiques ont établi un tel cordon sanitaire, qui a porté ses fruits, explique le chercheur Benjamin Biard.
Portrait du journaliste le plus célèbre de Libération : Jean Quatremer, macroniste hardcore tombé dans le trumpisme.
«L’Espagne, dévorée par un antisémitisme d’État, officiellement représentante des intérêts de la mollahrchie et du Hamas». C’est le message délirant posté par Jean Quatremer sur le réseau Twitter le 3 mars, à propos du gouvernement socialiste espagnol, parce qu’il refuse d’aller bombarder l’Iran.
Puisque la destruction du sens des mots, de l’histoire et de toutes les boussoles politiques est achevée, alors tout est possible. Comme comparer «l’antisémitisme d’État» – qui renvoie à Pétain, à Hitler et à la Shoah – à l’action d’un gouvernement de centre-gauche qui s’oppose à une guerre et réclame l’application du droit international.
En tant qu’observatoire de l’extrême droite, il nous revenait de fournir une analyse sur les effets du meurtre de Quentin Deranque, battu à mort par des militants antifascistes. L’idée est ici d’interroger les assises de l’extrême droite lyonnaise comme élément de contexte de cette violence en tout point détestable ; mais aussi d’observer ce que cette séquence a produit en termes de légitimation toujours plus rapide des idées d’extrême droite et désormais des groupuscules d’ultra droite afférents.