Face à ce qui nous arrive depuis une décennie sur la planète entière, et qui pourrait connaître, dans le canton français, un moment de bascule avec les élections présidentielles, nous en sommes encore à la difficulté de le nommer. Chaque fois qu’on prononce le mot « fascisme », nous avons droit, de la part de ceux qui s’y connaissent, à des leçons d’Histoire basées sur leur propre kit théorique. C’est ainsi que les camarades de Temps Critiques nous expliquent que « les continuités sont interrompues » avec le fascisme d’appellation contrôlée, né de la Grande guerre, et que l’antifascisme d’aujourd’hui ne serait qu’une « bataille d’imageries » débouchant, en France, à des affrontements « entre bande-rackets ». Nous butons là sur une difficulté familière à quiconque souhaite une rupture collective de l’humanité avec la société capitaliste industrielle, l’usure de mots épuisés par les trahisons, les défaites et les défigurations politiciennes.
Dans notre édition de la semaine dernière, nous publiions une longue analyse de Sylvain George qui revenait sur la requalification par la justice des faits imputés au policier responsable de la mort du jeune Nahel Merzouk (Voir : Nahel Merzouk, acte II : La « deuxième mort » ou la souveraineté judiciaire). Comme souvent, l’article a aussi été publié sur le réseau social Facebook où il a été vu (ce qui est différent de lu) plus de 240 000 fois au moment où nous écrivons ces lignes. Ce “post” a suscité plus de 1400 commentaires : insultes, menaces, appels au meurtre, joie (mauvaise) devant la mort d’un enfant. Beaucoup d’entre eux étaient adressés à l’auteur personnellement, mais l’essentiel de ce qu’il faut bien nommer des messages de haine, visaient un adolescent de dix-sept ans, mort depuis un an, ainsi que sa mère (pour les curieux, c’est ici). Si nous savons ce que les commentaires sur les réseaux sociaux font chroniquement à l’intelligence humaine, Sylvain George tente ici de comprendre ce que cette vague particulière dit de notre époque.
Encore une déclaration stupéfiante dans les médias ce lundi 23 février, sur fond de fascisation accélérée.
François Hollande, ancien président socialiste, est invité sur la chaîne RTL. Voici ce qu’il déclare à propos de la manifestation néo-nazie organisée à Lyon il y a deux jours : « En démocratie, il est normal qu’il y ait la liberté de manifester ».
En tant qu’observatoire de l’extrême droite, il nous revenait de fournir une analyse sur les effets du meurtre de Quentin Deranque, battu à mort par des militants antifascistes. L’idée est ici d’interroger les assises de l’extrême droite lyonnaise comme élément de contexte de cette violence en tout point détestable ; mais aussi d’observer ce que cette séquence a produit en termes de légitimation toujours plus rapide des idées d’extrême droite et désormais des groupuscules d’ultra droite afférents.
Gaza avait parachevé la ruine morale et éthique des élites politiques et médiatiques françaises. L'affaire Quentin finalise leur mue fasciste.
De l’autre côté de l’Atlantique, la haine viscérale de toute idée de gauche, fut-elle modérée, s’est matérialisée dans le traitement gouvernemental et journalistique des meurtres de Renee Good et d’Alex Pretti, deux manifestants qui protestaient contre les méthodes de la police de l’immigration américaine. À peine criblés de balles par des agents de l’autorité publique, l’appareil étatique et les médias les qualifiaient de « terroristes » concluant ainsi une campagne incessante visant à diaboliser la gauche radicale et les antifas, bête noire de la renaissance fasciste à laquelle on assiste en Occident.
En France, la France Insoumise, mouvement politique de rupture se disant de gauche radicale, est de toutes parts confrontée depuis plus de deux ans aux tirs de barrages mensongers visant à repeindre en antisémitisme son soutien à la cause palestinienne et sa dénonciation du génocide commis par l’état d’Israël. Quelques jours après avoir été requalifiée, sans le moindre motif ni la plus petite évolution programmatique, en extrême-gauche, la mort de Quentin D. après une confrontation entre milices d’extrême-droite et militants antifas, arrive à point pour redynamiser une diabolisation en perte de vitesse et même contre-productive.
L’édification d’un nouveau mur de mensonges a démarré avant même la déclaration de décès du jeune homme, alors plongé en coma artificiel dans un hôpital lyonnais, dépeint instantanément comme le gendre idéal, dans l’indifférence et le mépris des faits et surtout du contexte lyonnais, faisant fi de la méconnaissance qu’on en avait et laissant libre cours à l’empressement de pointer du doigt les coupables idéals. La curée a dès lors pu commencer.
«On peut être deux, trois filles à tracter là où vous voulez les choper, un peu pour faire l’appât» : Némésis organise des guet-apens.
Depuis la mort de Quentin Deranque, les militantes de Némésis n’ont pas arrêté d’aller de plateaux en plateaux pour répandre des mensonges éhontés, et imposer un récit victimaire : leur ami «pacifiste» serait tombé dans un guet-apens tendu par les antifas. C’est littéralement l’inverse qui s’est produit. Le journal l’Humanité fait voler un peu plus en éclat le narratif de l’extrême droite.
Le journaliste Thomas Lemahieu révèle aujourd’hui que les militantes de Némésis et leurs soi-disant service d’ordre organisent des actions de tractage ou de collage d’autocollants comme appât, afin de tendre des embuscades aux antifascistes. Ces éléments confirment ce que nous disons depuis le début et corroborent les nombreux témoignages que nous avons pu recueillir : le 12 février les camarades néonazis de Némésis n’étaient pas là pour «protéger» les militantes identitaires mais pour cogner sur des militants de gauche par surprise.
Parce que les liens entre police et extrême-droite sont structurels et personnels : histoire d'une impunité organisée.
Depuis la mort du nazillon Quentin Deranque, dont il a été démontré que la mort a été causée par le guet-apens tendu par son groupe de néo-nazis armés qui a blessé des antifascistes, aucun des nervis d’extrême-droite n’a été interpellé. Depuis nous avons également rappelé sur notre média de nombreuses histoires récentes révélant de manière flagrante comment l’extrême-droite agresse et tue en toute impunité depuis des années.
La question que l’on doit se poser, c’est quelles sont les raisons de cette impunité ? Pourquoi, à Lyon, on recense 102 agressions fascistes depuis 2010, dont 70% sont restées impunies ? Comment, à Nantes et dans de nombreuses villes, nous constatons la multiplications d’attaques d’extrême droite, parfois sous les yeux de la police, sans réaction ?
Au-delà de la justification (bien réelle) de l’adhésion du corps policier aux idées d’extrême-droite, il y a une raison très simple : il existe des liens directs entre les groupes d’extrême-droite et les services de police.
Donc ils ont eu une éducation. Ils sont allés aux écoles — enfin à Sciences-Po, ou en école de journalisme. Donc on leur a enseigné. Donc, ils ont appris. Ils ont appris l'Histoire. L'ont régurgitée — dans des copies, puis dans des articles, dans des discussions mondaines. Ils ont vu des documentaires — sur Arte. Des films. Sur la montée. Sur ce qui s'est passé, les processus à l'œuvre, les accélérations. À quoi les processus ont conduit. Ils ont été invités — et ont invité — à « méditer ». Comment tout ça avait bien pu se passer. Au milieu de quelle inconscience, de quelle passivité, de quelles faillites, politiques, intellectuelles, morales. Après quoi, ils ont solennellement juré que « plus jamais ». Donc ils savent. Normalement.
Le rapport annuel 2025 publié par l’institut V-Dem révèle que, pour la première fois depuis plus de deux décennies, il y a plus de régimes autocratiques que de démocraties dans le monde. Parmi les quatre principaux facteurs en cause, le directeur de l’institut identifie la montée du nationalisme et de l’extrême droite dans le monde entier mais surtout en Europe et aux États-Unis. Il explique « On retrouve des discours autoritaires ou hostiles au pluralisme. De mon point de vue, on peut même aller jusqu’à comparer ces discours d’aujourd’hui avec ceux des années 1930. C’est très préoccupant. »
Blast documente depuis sa création la percée de ces discours, la montée en puissance des mouvances d’extrêmes droite partout à travers le monde, qui à certains endroits gouvernent, et à d’autres exercent une influence non négligeable sur les gouvernements sans être officiellement au pouvoir. Dans tous les cas, ces mouvements, ces partis mettent en danger les droits humains et la démocratie. Le philosophe Michaël Foessel parle de “fascisation du monde qui affaiblit l’Etat de droit et renforce un pouvoir oligarchique qui pèse de tout son poids sur les gouvernements”.
Mais si cette documentation et ces recherches peuvent donner l’impression que tout ceci est une fatalité, rien n’est moins sûr. À mesure que les extrêmes droites progressent, les mouvements de résistance se multiplient et se consolident eux aussi. Manifestations, actions de désobéissance, contre pouvoir institutionnels ou auto-organisation… Partout dans le monde, des mouvements variés s’opposent activement à la montée des extrêmes droites, avec beaucoup de créativité et de courage.
L'Amérique et la France sont les deux républiques emblématiques du monde occidental. Face au fascisme qui dévore la première, la seconde est-elle mieux armée? Rien n'est moins sûr.
Les meurtres d'Alex Pretti et Nicole Good ont en quelque sorte officialisé l'avènement du fascisme aux États-Unis car leurs victimes sont indémonisables. JD Vance avait tenté de faire fonds sur le fait que Nicole Good, blanche et mère de famille, était cependant lesbienne et indiquait ses pronoms sur les réseaux sociaux, symptômes d'un "lavage de cerveau"; comme pour lever toute équivoque, ICE a tué Alex Pretti, un infirmier, gendre idéal, alors qu'il volait au secours d'une femme. De ces meurtres sans aucune zone d'ombre émerge la figure des hommes aux pleins pouvoirs, jouissant selon les mots de JD Vance d'une "immunité absolue" au seul titre de leur loyauté envers le Maître.
Vue plus de 6 millions de fois sur les réseaux sociaux, la photo dévoilée par Blast de policiers encagoulés, tenant une banderole féministe à l’envers, a beaucoup fait réagir. Et ce jusqu’au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez qui, interrogé ce dimanche 30 novembre, s’est lancé dans un exercice d’équilibriste tout particulier : condamner pour mieux excuser.
NEW YORK — Leaders of Young Republican groups throughout the country worried what would happen if their Telegram chat ever got leaked, but they kept typing anyway.
They referred to Black people as monkeys and “the watermelon people” and mused about putting their political opponents in gas chambers. They talked about raping their enemies and driving them to suicide and lauded Republicans who they believed support slavery.
De nouvelles applications dédiées aux activités des agents de l'ICE ont été supprimées de l'Apple Store. Dans un cas, l'entreprise a justifié sa décision par ses règles de protection des minorités contre les discours de haine – assimilant de fait les fonctionnaires concernés à une minorité.
Le fascisme ne se lève pas comme la tempête en une nuit. Il est d’abord rampant, dissimulé, ordinaire. Il progresse par les voix de la haine, avivée par les difficultés économiques. Il s’empare des cœurs avant de pervertir les esprits puis de prendre le pouvoir.
--- Robert Badinter
On savait du Président Trump qu'il dirigeait une révolution réactionnaire, maintenant on sait que cette révolution est ultraréactionnaire. Il en a parlé à l'ONU, hier 23 septembre, sans ambages, exactement comme dans ses meetings, comme s'il s'adressait aux Etats-uniens.