À Reims et partout en France, la police est devenue religion d’État, critiquer la répression est le nouveau blasphème.
En France, la police tire à balle réelle lors de contrôles routiers, mutile avec des armes de guerre, envoie des grenades sur des écologistes en hurlant «Je compte plus les mecs qu’on a éborgné», multiplie les actes racistes. Tout cela est filmé, documenté, prouvé. Et dans l’écrasante majorité des cas, ces violences ne sont même pas poursuivies. Les rares fois où elles le sont, la justice ne les condamne pas, ou très légèrement. À l’inverse, si vous avez le tort de dénoncer la police, l’État mettra tous les moyens pour vous retrouver et vous réprimer.
Cher Dominique de Villepin,
Quelle semaine !
Mardi 5 mai, on apprenait que vous aviez, la veille, « donné » au Quai d’Orsay deux statuettes de Napoléon d’une valeur totale estimée à 125 000 euros, soit tout de même l’équivalent d’un peu plus de sept années de SMIC, ce qui aurait été très généreux de votre part si elles ne vous avaient pas été offertes, il y a près de 25 ans et alors que vous étiez ministre des Affaires étrangères, par Blaise Compaoré, commanditaire de l’assassinat de Thomas Sankara et dictateur du Burkina de 1987 à 2014, et Gian Angelo Perrucci, homme d’affaires italien lié aux milieux pétroliers en Afrique, des cadeaux qui sentaient bon donc. L’affaire avait été révélée quelques jours plus tôt par l’émission de France 2 « Complément d’enquête », dans un numéro traitant de certains aspects mal connus de votre parcours et de vos activités, au cours de laquelle vous aviez expliqué ne pas savoir que les bustes de l’empereur venaient de ces deux sémillants personnages, affirmant que ces œuvres d’art vous avaient à l’époque été offertes pour votre anniversaire par le dénommé Robert Bourgi, étrange monde que celui dans lequel on reçoit des présents d’une telle valeur sans savoir qui les a achetés.
Au début du XXe siècle, la citée phocéenne se vantait d’être la représentante de la France coloniale. Les traces de cet héritage y sont aussi nombreuses que méconnues. Polémiques et prises de conscience animent aujourd’hui les débats autour de cette mémoire.
Qu’attendre d’un rapport sur l’audiovisuel public rédigé par un député d’extrême droite ? Pas grand-chose, assurément. A fortiori lorsque l’on a suivi les auditions et les débats de la commission d’enquête parlementaire dont ce document est issu, qui ont ressemblé à un long et laborieux procès, avec le député ciottiste Charles Alloncle dans le rôle du petit procureur maccarthyste. Ce dernier, soutenu dans son entreprise par les médias de la galaxie Bolloré, a finalement rédigé un rapport qui, s’il n’appelle pas ouvertement à la privatisation/liquidation de France Télévisions et Radio France, formule une liste de préconisations qui donnent une idée assez précise de l’idée que l’extrême droite se fait des médias, de la démocratie et de la liberté d’informer. Une vision face à laquelle il ne suffit pas d’opposer une défense de l’audiovisuel public tel qu’il est, mais bien celle d’un projet ambitieux : pour un véritable service public de l’information et de la culture, émancipé du pouvoir politique, protégé des puissances économiques et pleinement acteur de l’exercice du débat démocratique.
LinkED - Cartographie interactive de l'extrême droite française
Explorez les liens et relations entre personnalités, organisations, médias et groupuscules de l'extrême droite en France.
Est-il possible d’avoir une vision complète de toutes les entités à l’œuvre pour faire entrer le Rassemblement national à l’Élysée ? Peut-on, avec un seul outil, comprendre ce qu’est cette galaxie, qu’il s’agisse de politiques, de militants, de groupuscules violents, d’entreprises, d’influenceurs, etc. ? Nous avons tenté de répondre à cette problématique.
Un matin, vous voulez payer avec votre carte bancaire. Elle est refusée. Vous essayez l'autre. Refusée aussi. Personne ne vous a prévenu, personne ne vous a jugé, personne ne vous a condamné. C’est le gel des avoirs : un outil présenté comme une arme contre le terrorisme, que l'État français retourne aujourd’hui contre des militants propalestiniens et des membres de la communauté musulmane.
Dans cet entretien entre Rima Hassan et Seumboy, la députée européenne se livre sur l'instrumentalisation juridique et médiatique de son activisme pro-palestinien. Des polémiques sur ses tweets aux réalités de ses interrogatoires, elle dénonce une répression politique qui menace la liberté d’expression et interroge la complicité des institutions européennes.
Des élèves dans la peau de gendarmes réprimant une manifestation, d'autres qui jouent les surveillants de prison... Les « classes défense » se multiplient, sur fond de tensions géopolitiques, mais alarment parents, syndicalistes et chercheurs.
Bientôt un bac, mention patriote ? Le 25 mars dernier, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, annonce, au Forum de Paris pour la défense et la stratégie, que la participation aux classes « défense et sécurité globale » serait « mentionnée sur le diplôme du baccalauréat » et « valorisée sur Parcoursup ». Ces classes, adressées aux collégiens et lycéens dans le cadre de leur scolarité, dureront trois ans, contre un seul jusqu’à présent, et seront rebaptisées, au lycée, « classes de défense et de cohésion nationale ». Objectif : sensibiliser aux enjeux de défense dans un contexte international de montée des tensions et de menace de conflits. Mais, alors que ces classes sont en train de se généraliser, la manière dont certaines se déroulent laisse perplexe.
Disons-le un peu distinctement : ici, on ne pleure pas le limogeage d’Olivier Nora, ex-patron de Grasset, par Vincent Bolloré. On ne considère pas que les auteurs et autres éditeurs qui ont collectivement dénoncé ce congédiement sont de courageux héros du combat contre l’extrême droite. On tient même, tout au contraire, que dans cette bataille — car c’en est une —, tous font, à des degrés divers, partie du problème, et non de sa solution : voici pourquoi.
Chaque année, les néonazis du Comité du 9 mai défilent à Paris. Chaque année, la préfecture de police produit un dossier trop creux pour convaincre le juge des référés d’interdire la parade. Dans sa grande bonté, Au Poste a décidé d’effectuer son travail, et de documenter ce que le tribunal administratif de Paris n’a ni su ni pu juger avec la rigueur que la situation commande.
Le 8 avril 2026, la commission des affaires européennes de l’Assemblée nationale a voté une proposition de résolution relative à « la reconnaissance et à la commémoration du génocide des Roms ». Ce texte dissimule une argumentation troublante qui dénie le caractère génocidaire des persécutions subies par les « Nomades » sur le territoire français pendant la Seconde Guerre mondiale.
Est-ce que vous saviez qu’en France, il existe des services secrets privés ? On les connaît sous le nom de "boîtes d'intelligence économique". Derrière cette appellation un peu froide, se cachent des hommes et des femmes capables d'influer sur la vie politique et économique, en France, comme à l'étranger.
Parmi elles, vous avez peut-être entendu parler de l'ADIT, le mastodonte européen du secteur. Ou d'Avisa Partners, qui a défrayé la chronique en 2022, quand Mediapart et Fakir ont révélé ses pratiques de désinformation massive : faux profils, manipulation de pages Wikipedia, articles commandités contre des personnalités politiques.
Mais il en est une qui, elle, a su rester dans l'ombre. Surtout depuis l'élection d'Emmanuel Macron.
Son nom : Axis.
Vous n'en avez probablement jamais entendu parler. Et c'est normal. Cette société a tout fait pour rester invisible. Nous avons contacté de nombreuses personnes qui nous ont parlé d'Axis, mais toutes ont exigé l'anonymat. Par crainte professionnelle, bien sûr. Mais aussi à cause d'une réputation qui circule dans le milieu : celle d'une boîte à l’influence atteignant les plus hautes sphères de l’État.
Tentative de coup d'État, guerre de l'information, écoutes sauvages, filatures... Bienvenue dans le monde peu reluisant de l'État profond.