Débats empêchés, échoppes attaquées, libraires intimidés, et, désormais, procédures judiciaires : ces derniers mois, les librairies indépendantes ont été la cible de menaces et d’intimidations de plus en plus nombreuses en raison des ouvrages qu’elles valorisent ou de leurs positionnements politiques. Une tendance inquiétante dénoncée par les professionnels du secteur.
Un fonds de pension danois a décidé mardi de vendre ses bons du Trésor américain. Un moyen de rappeler que l’Europe dispose d’une arme financière dans son bras de fer avec le président américain Donald Trump : la dette américaine. La vendre équivaudrait, pour certains experts, à déclencher une “arme nucléaire financière”.
Ce mardi 20 janvier, le Premier Ministre illégitime Lecornu vient de dégainer le 49.3 pour imposer sans le vote des députés son budget d’austérité. C’est la 29ème fois que cette procédure autoritaire unique en Europe est utilisée depuis la réélection de Macron en 2022. En réalité, le Parlement n’a plus aucun pouvoir en France : tout est directement décidé par un Président qui n’a ni mandat, ni majorité, ni légitimité. La France est déjà factuellement un régime despotique. Macron a été battu trois fois dans les urnes et a déjà usé 5 Premiers Ministres en trois ans.
Israël a transformé ses prisons en un réseau de camps de torture pour les Palestiniens. Les prisonniers y subissent de graves violences, des humiliations délibérées, la famine, la privation de sommeil, le déni de soins médicaux et des mauvais traitements dans tous les établissements où ils sont détenus. Certains ont également été victimes d’agressions sexuelles graves. Depuis octobre 2023, au moins 84 Palestiniens sont morts dans ces camps de torture.
Alors que les smartphones sont devenus de véritables mouchards permettant de surveiller les populations, ils constituent également un outil puissant de contrôle citoyen de la police. Infographies recensant des centaines de blessé·es graves, cartographies signalant des milliers de violences et rapports spécialisés qui se multiplient… Reflets revient sur dix ans d’utilisation du terme « violences policières », dont l’aspect « systémique » est constamment réfuté.
Les 120 ans de la loi de 1905 sur la laïcité ont donné lieu, dans les grands médias, à une série de productions en tout genre. « Émissions spéciales », « débats », éditoriaux, etc. ont entretenu les biais traditionnels qui contribuent, depuis plus de vingt ans, à brouiller – si ce n’est à totalement falsifier – le débat public sur cette question. Nous en avons discuté avec Nicolas Cadène et Hicham Benaissa. Nicolas Cadène est ancien rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité auprès du Premier ministre (2013-2021) et le cofondateur de la Vigie de la laïcité. Il a récemment quitté la haute fonction publique pour se consacrer, en tant que consultant-formateur, à la laïcité et à la gestion des faits religieux, notamment. Hicham Benaissa est sociologue rattaché au GSRL (EPHE-CNRS). Il travaille sur les effets sociaux et politiques de la présence musulmane durable en France, en particulier à partir des trajectoires issues de l’immigration maghrébine. Parallèlement à son travail de recherche, il intervient depuis plus de dix ans sur la gestion du « fait religieux ». Il a conçu et animé plusieurs centaines de formations, réalisé de nombreux diagnostics, et accompagné deux grands groupes ainsi qu’une commune dans la définition de leur politique « laïcité ».
Après l’opération militaire américaine au Venezuela, la position diplomatique des macronistes a été remise au centre de la scène politique. Dans cet épisode spécial de Dissolution, on va décrypter ce dont il s’agit, qui a dit quoi, et pourquoi les macronistes ne comprennent pas grand-chose aux relations internationales. La position française a une certaine importance auprès des autres États : par ses choix, Macron abîme la France et notre crédibilité, une fois de plus !
Interdiction de : l'abaya/robes longues, du calot, du voile, contrôle des bouteilles en plastique dans les toilettes de la RATP. Harcèlement, discriminations, calomnies, essentialisation, licenciements abusifs, contrôles au faciès, lois d'exception contraires à un État de droit, menace de mort d'un nouveau-né. Tel est le quotidien des musulmans,ou personnes assimilées comme tel, en France.
Le 7 janvier à Minneapolis, Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans, a été tuée par un agent de la police de l’immigration (ICE). Les autorités fédérales, le président Trump en tête, ont aussitôt parlé de légitime défense, selon un scénario désormais bien rodé où la qualification des faits précède leur examen. Le maire et le gouverneur de la ville, ancien candidat démocrate à la vice-présidence des États-Unis, M. Tim Walz, ont contesté la version de la Maison Blanche, « une machine à propagande », et de la police de l’immigration. Six ans après la mort de George Floyd, les homicides commis par la police américaine se poursuivent. Ils s’inscrivent dans une architecture du maintien de l’ordre restée intacte. L’usage létal de la force continue, désormais ouvertement encouragée, ou excusée d’avance, par les plus hautes autorités de l’État. L’article de Richard Keiser analyse cette continuité. Il montre comment la police est devenue l’outil par défaut d’un système politique qui n’hésite pas à défendre l’ordre social en recourant à la violence policière.
Aux États-Unis, le maintien de l'ordre relève des autorités locales. Comment dès lors expliquer qu'une ville réputée progressiste comme Minneapolis soit le théâtre d'exactions policières racistes à répétition ? Dotés d'un lourd passif en matière de violences contre les habitants noirs, ses services de police y jouissent d'une impunité presque totale. Du moins jusqu'à la mort de George Floyd.
Il y a 30 ans, en novembre 1995, une mobilisation massive éclatait contre le plan Juppé. Ce fut une victoire partielle. Le gouvernement est passé en force pour imposer une nouvelle casse de la Sécurité sociale. Mais la pression des grèves a été telle que les mesures qui ciblaient les retraites ont été abandonnées. C'est ce mouvement social qui a signé l'acte de naissance d'Acrimed, créé en réaction au traitement médiatique des grèves. Depuis lors, l'association n'a jamais cessé de scruter la façon dont les médias dominants couvrent les conflits sociaux, jusqu'à aujourd'hui. Pas plus tard qu'en septembre 2025, face au mouvement Bloquons tout, les médias étaient sur le pied de guerre. Depuis 1995, le pôle réactionnaire et les chaines en continu ont considérablement augmenté le niveau sonore. Mais les chiens de garde de 2025 n'ont rien à envier à leurs prédécesseurs. Alarmistes avant les mobilisations, hargneux pendant, ils ne font valoir qu'un seul et même slogan : les médias contre la rue.
Les violences policières sont habituellement perçues de deux manières a priori opposée. Certains y voient des « bavures » exceptionnelles qu’il s’agirait de résorber par davantage de contrôle et de déontologie pendant que d’autres dénoncent un usage systémique de la violence et la fonction politique des forces de l’ordre dans le maintien d’un ordre du monde historiquement situé. C’est une autre approche que propose Sylvain George, en l’occurence déceler les mécanismes de pouvoir à l’oeuvre dans les « scènes » de brutalisation policière. Après Nahel Merzouk, Aly et Alexandre George, le réalisateur se penche sur le cas de Bilal, 15 ans, tabassé et humilié dans un local poubelle par un équipage de la Compagnie de Sécurisation et d’Intervention. Il s’agit d’arracher l’évènement au statut délétère du fait divers pour en restituer toute la portée rituelle, symbolique et donc politique.
L’enlèvement de Maduro par Trump révèle la timidité européenne : une faillite morale qui désarme le continent face à un monde de force brute. C’est une erreur historique. En refusant de condamner la méthode, les Européens normalisent un monde où la puissance remplace le droit, et où leur propre sécurité dépendra non plus d’institutions, mais de l’humeur des puissants.
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La tragédie européenne tient à cette dichotomie : un discours moral magnifique, mais une conduite d’allié apeuré. À force de confondre loyauté et soumission, prudence et renoncement, l’Union risque de découvrir que la “timidité n’achète pas la sécurité”, mais seulement le mépris — celui des alliés puissants et celui des adversaires patients.