La République comme outil de domination illimitée de la bourgeoisie n’a pas connu de plus grand ennemi en France que la Commune. Et ils le savent. Ils le savent très bien. Lors des cent-cinquante ans de la Commune, en 2021, c’est l’historien et éditeur récemment décédé Pierre Nora, de l’Académie française, qui se faisait le relais du roman national le plus crasse en disant sur France Inter : « Commémorer Napoléon, oui, la Commune, non ». La Commune, dit-il, je cite, je cite toujours : « n’a pas apporté grand-chose ». Pas apporté grand-chose ? Très bien. C’est ce qu’on va voir. Encore une fois. Pour la dernière fois.
La Commune n’a duré que soixante-douze jours. « Pas grand-chose » donc, comme dit l’historien à la dimension tellement, tellement, tellement quelque chose. Mais ces soixante-douze jours ont répondu à soixante-dix ans d’oppression politique : du début du premier empire à la fin du second, en passant par la restauration, la monarchie de Juillet et la deuxième république. Et peut-être à soixante-dix fois soixante-dix ans.
Les fiches "Nos droits" face à la police sont disponibles gratuitement, n'hésitez pas à les consulter et diffuser, pour savoir quoi faire face aux violences policières, en manifestation, en garde à vue et en cas de contrôles.
En d’autres temps, on aurait parlé de rafles policières massives sur des mineurs. En d’autres lieux, par exemple si cela se passait en Iran ou en Russie, nous parlerions d’un régime tyrannique qui martyrise une jeunesse héroïque. En seulement trois jours, l’État français a arrêté 635 lycéens et lycéennes.
"Ce que nous aurons vécu ressemble à un conte.
Ce n’est pas un conte.
C’est un remake.
Ce que nous avons vécu est le remake d’un épisode de l’Histoire de la Chine.
Face à la révolte des Turbans jaunes, l’empereur Han Lingdi, pris de panique, se voit incapable de répondre seul. Il lance un appel à l’aide, auquel répondent des généraux et des chefs régionaux qui répriment l’insurrection dans la violence et le sang. Oui, oui, encore oui.
Zhang Jiao meurt. L’Insurrection des Turbans jaunes échoue. Mais le pouvoir dynastique, ébranlé, ne pourra jamais retrouver son équilibre. Il prendra officiellement fin quarante-cinq ans plus tard, en l’an 220.
En l’an 220, en Chine, l’Empire a pris fin.
Les Turbans jaunes vont réapparaître en France durant le règne d’un certain Emmanuel Macron. César de Wish. Le petit robot. L’Homoncule de l’entonnoir."
Ainsi commence le dernier épisode de L’Empire n’a jamais pris fin.
Et si l’affaire Thélyson Orélien disait tout autre chose que ce qu’on lui fait dire ? Derrière le procès en écriture artificielle se rejoue une très vieille question littéraire : qui est vraiment l’auteur d’un texte ? De Roland Barthes à l’intelligence artificielle, jusqu’au bûcher contemporain de l’économie de l’attention, petite histoire de trois morts de l’auteur.
Quelques mots à propos de la polémique qui enfle et enfle encore au sujet du roman « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien. « Il paraît » qu’il aurait été en grande partie écrit par une IA. « On dit que » des détecteurs d’IA identifient des passages entiers comme « utilisant l’IA« . Les mêmes détecteurs qui sur à peu près n’importe quel texte classique du 18ème, 19ème siècle ou d’avant (donc de l’époque où les IA n’existaient pas) affirment avec autant d’assurance qu’ils ont aussi été écrits avec l’aide de l’IA.
"Complément d’enquête" révèle que le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, aurait participé à la circulation de l’intox visant Rima Hassan et la soi-disant drogue retrouvée dans son sac, le 2 avril dernier, lors d'un placement à garde à vue. Les révélations sur le rôle du ministre, elles, n’ont pas connu le même retentissement sur les chaînes qui avaient attisé l’incendie médiatique. Un mensonge au sommet de l'État, est-il moins important qu’un prétendu sachet de poudre ?
La proposition de loi introduisant une présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre doit arriver bientôt au Sénat. Un arsenal inédit en Europe, d'après des spécialistes.
Adoptée en juillet par les députés, la proposition de loi dite « permis de tuer » par ses opposants introduit une présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre. Elle doit arriver au Sénat.
« Il n’existe pas d’exonération de responsabilité pour les forces de l’ordre dans les pays de l’Union européenne, ni au Royaume-Uni ou en Suisse », indique Sebastian Roché, politologue, spécialiste des questions de police et de sécurité.
Si elle est adoptée, cette proposition de loi inverserait aussi la charge de la preuve, qui reviendrait au ministère public ou aux victimes, un renversement inédit en Europe également.
Comment expliquer la montée de l'extrême droite et les références au nazisme dans de nombreux partis de la droite radicale? Peut-être en revenant aux sources. C'est ce que fait notre invité, l'historien Johann Chapoutot dans son dernier livre "La Bascule : Allemagne 1933".
À travers l'étude minutieuse des premiers mois du régime hitlérien, Johann Chapoutot montre que l'effondrement d'une démocratie ne résulte pas seulement de l'action de ses ennemis déclarés. Il repose aussi sur les calculs, les renoncements et les accommodements de ceux qui pensent pouvoir tirer profit de la situation. "Le pire n'est jamais sûr." Une conclusion qui donne à cette enquête historique une résonance particulièrement contemporaine.
Des ministres qui rejoignent des multinationales, des députés qui deviennent lobbyistes ou inversement, des hauts fonctionnaires qui se mettent au service d’intérêts économiques qu’ils étaient chargés de réguler...
Enquête sur le grand brouillage des frontières entre public et privé.
Maintenant, au moins, on sait. Après la censure de Adèle Haenel sur France 5, on sait d'abord ce qui est dicible à la télévision française, en septembre 2026, près de trois ans après le 7 octobre 2023, et les représailles israéliennes qui ont suivi (73 000 morts au minimum à Gaza). Ce qui est dicible, ou aurait dû l'être, c'est la version initiale du texte de Adèle Haenel, qui figurait sur le prompteur de l'émission "La grande librairie" et, à en croire "Blast", a été lu deux fois par la comédienne lors des répétitions sur le plateau.
Casseurs cagoulés ? Militants ultra violents ? Nouveau terrorisme d’ultra gauche ? Mais au fond, qui sont vraiment les antifas ? Blast vous propose de revenir aux sources du mouvement antifasciste, pour mieux comprendre son histoire et ses héritiers. Des résistants contre le nazisme, aux militants des luttes de libération nationales, en passant par les insurgés de 68 et les chasseurs de skin des années 80, cette histoire de l’antifascisme retrace ce fil rouge qui a accompagné un siècle de luttes et de révoltes jusqu’à aujourd’hui.
Casseurs cagoulés ? Militants ultra violents ? Nouveau terrorisme d’ultra gauche ? Mais au fond, qui sont vraiment les antifas ? Blast vous propose de revenir aux sources du mouvement antifasciste, pour mieux comprendre son histoire et ses héritiers. Des résistants contre le nazisme, aux militants des luttes de libération nationales, en passant par les insurgés de 68 et les chasseurs de skin des années 80, cette histoire de l’antifascisme retrace ce fil rouge qui a accompagné un siècle de luttes et de révoltes jusqu’à aujourd’hui.
Au fil des années, la plateforme de prise de rendez-vous médicaux Doctolib s’est imposée comme un outil incontournable pour une grande partie de la population. Au point de devenir un véritable intermédiaire entre les patient·es et le système de soins. Derrière ce service largement utilisé se trouve pourtant une entreprise privée, qui occupe désormais une place centrale dans un domaine aussi essentiel que la santé.
L’accès aux soins constitue un droit fondamental et relève de l’intérêt général. Qu’une infrastructure devenue aussi importante appartienne à une société à but lucratif revient à privatiser une fonction qui devrait relever de la puissance publique. Dans ce contexte, la nationalisation de Doctolib mérite au moins d’être envisagée comme une piste de réflexion.