Quotidien Shaarli
October 19, 2026
Nous expliquions dès 2017 en quoi Macron, avec ses clins d’œil à l’extrême droite, son militarisme et sa conception verticale du pouvoir, marchait dans les pas du pétainisme. 10 ans plus tard, qui peut encore le nier ?
« Perdre le contrôle, c’est si vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes, qui pillaient les magasins et qui commettaient des exactions ». Voici ce qu’a déclaré le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez le 6 octobre dernier.
Le 17 octobre et, d’après les estimations, quelques centaines de millions de détériorations plus tard, Laurent Nuñez l’assure : « Le dispositif n’était pas sous-dimensionné ». Il n’y a pas eu de chaos dans des dizaines de villes en France, selon le gouvernement, tout va bien, circulez, il n’y a rien à voir. Un niveau de post vérité qui ferait sourire Donald Trump mais qui ne semble pas faire plus réagir que cela les journalistes de plateaux réagissant à l’annonce du ministre de l’intérieur.
Exemple de plus de journalisme de préfecture si bien décrit par la journaliste Emma Vinzent sur Bon Pote. On relaye la communication officielle du gouvernement, on ne la questionne pas. On parle de violence, de casseurs, de pilleurs, d’immigration (sic), on accuse l’ultra-gauche très vite (sans preuve, sans source, sans définir), LFI, et les black blocs (toujours sans définition).
Alors que les médias mainstream sont en boucle depuis 24H sur “la violence inacceptable en République”, rappelons que la stratégie du pourrissement du premier casseur de France est bel et bien majoritairement responsable.
Dans une allocution retransmise en direct, ce lundi midi, le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de mettre en place des « couvre-feux partiels et localisés dès ce soir ». Un nouveau durcissement autoritaire pour étouffer les mobilisations.
«Colère et honte», a martelé Macron dimanche soir pour évoquer la journée du 17 octobre. Il ne parle pas des violences de sa police, mais des dégradations matérielles, pourtant provoquées par sa politique et son mépris. Dans tous les médias, les éditorialistes considèrent même que le maintien de l’ordre a été trop doux. Le bilan provisoire que nous avons établi ressemble pourtant à celui d’une dictature.
Comment et avec qui les intervieweurs de « La grande matinale » de France Inter ont-ils choisi de parler des mobilisations lycéennes ? Nous avons écouté (et minuté) l’intégralité des entretiens de l’émission entre le lundi 28 septembre et le mardi 13 octobre. Le constat est accablant, entre désintérêt pour le sujet, priorité à la parole gouvernementale et occultation des violences policières.