Quotidien Shaarli
October 11, 2026
Quand la police fonce sur des lycéen-nes en voiture ou en blesse d’autres avec des armes mutilantes, les flics peuvent compter sur le soutien du Ministère de l’intérieur, de l’IGPN et des syndicats policiers. Ils peuvent aussi compter sur le SAV des radios et télévisons du service public. On se penche là-dessus avec un des outils préférés des journalistes : le fact-checking.
Une célèbre affiche de mai 68 proclamait « la police vous parle tous les soirs à 20h ». En 2026, l’ORTF n’existe plus et le monopole de l’audiovisuel public sur l’information accessible a volé en éclat. Mais on pourrait actualiser cette affiche pour évoquer le traitement médiatique du mouvement lycéen.
La télévision et la radio publiques, ainsi que leurs sites web apparentés, montrent des poubelles qui brûlent sans expliquer pourquoi, invitent des lycéen-nes ou des témoins de moralité présenté-es comme neutres alors qu’iels sont apparenté-es à la droite ou à l’extrême droite, interviewent les lycéen-nes indépendant-es ou de gauche de manière agressive. Leurs journalistes se donnent aussi beaucoup de mal pour minimiser ou justifier les violences policières. Et si on fact-checkait le journalisme du service public ?
Un soulèvement créatif ne peut être vaincu. Ce qui marque dans les manifestations de ces derniers jours, c’est le nombre impressionnant de pancartes au sein des cortèges, et leur extraordinaire inventivité : punchlines rageuses, dessins mordants ou terribles de vérité, caricatures, humour, détournements ou références littéraires… Un art de rue fait main et engagé, à rebours du tout numérique et de la pensée unique.
Voici 20 pancartes aperçues dans la rue ou trouvées sur les réseaux sociaux, qui montrent la puissance du mouvement en cours.
Bravo aux artistes de la révolte !