Quotidien Shaarli
March 10, 2026
Il y a 81 ans, les États-Unis bombardent Tokyo au Japon : plus de 100 000 morts.
Depuis des temps immémoriaux, un ciel noir en plein jour est un signe de fin du monde. À Téhéran, le soleil ne s’est pas levé le 9 mars. C’est la manifestation concrète de la guerre.
Une pluie noire, une suie crasseuse tombe désormais sur cette immense ville de 15 millions d’habitants. Les avions de l’empire ont bombardé les raffineries et les dépôts pétroliers du pays, pour mettre à genoux l’économie iranienne, mais aussi pour intoxiquer son peuple. De gigantesques colonnes de fumée provoquées par des brasiers d’hydrocarbures quasiment impossibles à éteindre ont duré pendant des heures.
Aux États-Unis, l’escalade militaire qui a démarré le 28 février en Iran ne peut être comprise uniquement à partir de logiques militaires ou diplomatiques. Elle s’inscrit également dans un champ symbolique et religieux dense, où traditions théologiques et narrations identitaires et imaginaires eschatologiques divers contribuent à légitimer, à contester ou à réinterpréter la violence des armes.